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Accueil du site > Livres > Tom Crean, Willy de Roos

Rubrique : Livres

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Tom Crean, Willy de RoosVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Février 2012, (màj Février 2012) par : Carthage   

Copyright : Les articles sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent pas être reproduits en partie ou totalité sans leur accord
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Prologue :

Le hasard a mis sur ma route successivement la biographie d’un des héros de l’épopée antarctique, Tom Crean, et « le passage du Nord-Ouest », un récit autobiographique de Willy de Roos ; deux livres extraordinaires, que j’ai souhaité vous présenter car, comme le dit Willy de Roos au sujet d’autres récits :

« j’ai été passionné[e] par ces aventures menées avec une détermination et une générosité dans l’effort répété jour après jour jusqu’à la réussite ou le naufrage … »

Commençons par l’aventure la plus ancienne...

« Tom Crean », par Michel Smith

(éditions The Collins Press, 2000, en anglais)
http://www.collinspress.ie/an-unsun...
(ISBN 10 : 0747253595 / ISBN 13 : 9780747253594 )
US Edition :Tom Crean – Unsung Hero of the Scott and Shackleton Antarctic Expeditions
Published by The Mountaineers Books, Seattle, USA
http://www.mountaineersbooks.org

Il existe, sur la terre Victoria, une montagne appelée « Mount Crean »  ; et un glacier de Géorgie du sud porte aussi ce nom, en l’honneur de Tom Crean, fils d’un modeste agriculteur du comté de Kerry, né en 1877. Après quelques années d’école, il s’engage dans la Royal Navy à un peu moins de 16 ans... En 1901, âgé de 24 ans, il est sur le Ringarooma, un torpilleur de l’escadre d’Australie. Robert Falcon Scott et l’Expédition Antarctique qu’il commande arrivent en Nouvelle Zélande en novembre 1901. Il manque un homme à bord ; Tom Crean se porte volontaire, et rejoint ce jeune équipage (moyenne d’âge : 27 ans) « pour un voyage vers l’inconnu, pour une durée inconnue » ; ce jeune équipage qui « en tant que groupe, était uni par l’absence commune d’expérience polaire »  ; et non seulement par le manque d’expérience, mais par le manque de connaissances théoriques, et par le manque de désir d’en acquérir, auprès de Nansen, par exemple, ou en lisant les livres de Robert Peary.

Départ le 24 décembre 1901. Retour en Angleterre en septembre 1904. Crean s’était beaucoup fait apprécier ; aussi, Scott écrit-il personnellement à Crean en mars 1910 pour lui demander de le rejoindre lorsqu’il monte une deuxième expédition, destinée à planter le drapeau anglais au pôle sud, et à accroître les connaissances sur l’Antarctique.
On connaît la suite : Amundsen réussit là où Scott échoue et meurt. Le Terra Nova et les survivants retournent en Angleterre, qu’ils atteignent en juin 1913.

Mais Tom Crean ne devait pas y rester longtemps. Une troisième expédition se monte, celle de l’Endurance, conduite par Ernest Shackleton (qui avait connu Crean sur le Discovery, 1ère expédition Scott). Il rembarque, cette fois-ci comme officier second, de mai 1914 à 1916.

Nouveau retour en Angleterre, et Tom Crean espère bien repartir une quatrième fois ; il l’écrit à un vieil ami, dans ce qui est l’une de ses rares lettres. Mais auparavant il se marie : bref épisode à terre, car la guerre n’est pas finie, il rembarque. L’Antactique, ce sera plus tard ? Eh bien non. En 1919, Crean fait une chute qui lui occasionne de multiples blessures, dont une, sérieuse, à la tête. Sa vue est atteinte. En mars 1920, il prend sa retraite, après 27 ans de service dans la marine. Il n’a pas encore 43 ans. Et bien que rétabli de toutes ses blessures, c’est un « non » qu’il oppose à la demande de Shackleton de le rejoindre sur le Quest pour une nouvelle expédition. Sa priorité, lui dit-il, était désormais sa femme et sa famille.

Ils eurent un pub (« the South Pole Inn » à Anascaul, qui existe toujours), et trois filles. Ils furent surnommés « Tom the Pole » et « Nell the Pole ». Nell gérait avec détermination la famille et le pub. Tom, aimable et souriant, ne parlait jamais du Pôle... Il pêchait un peu, jardinait un peu, bricolait un peu, se baladait... mais « lorsque des gens, des étrangers en particulier, évoquaient ses explorations polaires - ce qui était fréquent au pub - il changeait de sujet poliment ». Sa modestie était totale. Il est juste de dire aussi que la division de l’Irlande avait amené en 1922 à une guerre civile, et que le moment était très inapproprié pour vanter les exploits de la marine anglaise.

Il mourut d’une péritonite le 27 juillet 1938, à 61 ans, et fut enterré dans le caveau qu’il avait construit de ses mains.

Qui est Tom Crean ? Voilà le schéma. C’est sec. Mais il est impossible de lâcher le livre lorsqu’on l’a commencé. D’abord, à travers Tom Crean, c’est l’histoire de l’exploration de l’Antactique qu’on découvre, et il a côtoyé la plupart de ses héros. La description des conditions de travail et de vie, dans cette Royal Navy si attachée, alors, à des traditions désuètes, si mal armée pour la survie dans ces régions, est littéralement fascinante : la séparation totale équipage/officiers, le portage assuré par les hommes attelés aux traîneaux, l’inadéquation totale du matériel et de l’information... tout ce qui a contribué à l’échec de Scott, et amené la plupart des membres de l’expédition à des exploits surhumains...

Et puis, c’est la personnalité de Tom Crean,. Le fait que son biographe a dû chercher ses renseignements ailleurs, dans les écrits et les souvenirs de ses collègues et amis, dans les rapports officiels, dans les souvenirs de ses enfants, contribue certainement à l’aspect énigmatique du personnage.

Tom Crean n’avait pas la plume facile : ses lettres sont peu nombreuses, et en-dehors de ses lettres il n’a rien écrit. Il n’a même pas donné d’interview. On connaît ses actes, on ne sait pratiquement rien de ses pensées ou de ses sentiments. C’est peut-être à cause de cette absence d’informations directes que, lorsqu’on arrive à la fin du livre, lorsqu’on a suivi ses extraordinaires exploits, et qu’on lit ce dernier chapitre qui suffit à décrire les 18 dernières années de sa vie, on a presque l’impression qu’en dehors de l’action, cet homme n’existait pas - ou qu’il n’avait pas d’individualité propre. Il a certes pris quelques décisions importantes : quitter la maison paternelle, s’engager dans la marine (pourquoi ?), se porter volontaire pour l’expédition Scott (pourquoi ?), repartir avec Scott (mais pourquoi donc ?), puis avec Shackleton (! !!), se marier, acheter un pub... Mais on ne sait rien de ses motivations. Tous ceux qui l’ont connu au cours des expéditions parlent de sa puissance de travail, de son aspect physique, de son accent irlandais, de sa bonne humeur, de son courage ; mais de détails personnels, pas l’ombre !

Comme si, satisfait des quelques décisions qu’il avait prises, il se contentait de réagir aux évènements avec pour seul but la survie du groupe. Comme s’il n’existait qu’en groupe. Et pourtant... c’est bien l’individu qu’il était qui a fait preuve d’une endurance et d’une force littéralement incroyables, et qui a eu, en diverses occasions, des comportements d’un héroïsme surhumain, et probablement inégalé dans cette histoire de l’Antarctique.
Et c’est cet homme-là qui, à 43 ans, s’installe dans une vie paisible, sous la férule de sa femme, et laisse couler le temps. « Le groupe » ayant changé, l’homme était différent, peut-être ?

Pour ceux que le sujet intéresserait, Wikipedia peut être consulté. L’article consacré à Crean est bien fait et complet, il montre le héros qu’il était... mais pourquoi ce paysan irlandais s’est obstiné à retourner encore et encore dans l’Antarctique, et comment, après cela, il a pu vivre dix-huit ans à flâner dans un village, Wikipedia ne semble pas en avoir plus d’idée que moi-même.

« Le passage du Nord-Ouest du Groenland au détroit de Béring », par Willy de Roos

(éditions Arthaud, 1979, en français, ISBN 2-7003-0257-5).

Je ne sais rien des premières années de Willy de Roos. Il est né en 1923, a vécu une période agitée pendant la guerre, « tout à tour prisonnier politique, évadé, maquisard, et finalement, membre de l’Armée de libération »  ; on note tout de même qu’en 1939 il avait environ 16 ans, et 22 à la fin de la guerre ! C’est alors qu’il se marie, et qu’il devient chef d’entreprise. De quoi ? Après quelle formation ? Il mentionne au détour d’une phrase une formation d’électromécanicien...

Enfin, il se range, quoi. Bon bourgeois, avec sa femme Bertha et ses quatre filles ? Voire. Vous n’imaginez tout de même pas que si peu de chose (l’entreprise, l’épouse, la famille) suffisait à occuper un homme pareil ? Il fait de la moto, en compétition. Au bout d’une douzaine d’années et de quelques chutes, il cède tout de même à sa femme : fini, la moto ! Mais... quoi, alors ? Eh bien, un sport tranquille : le billard.

Oui mais... voir disparaître tous les soirs son époux au café ne convenait guère plus à Mme de Roos. Il lui fallait un sport qu’on exerce à la maison ! Qu’à cela ne tienne : les trains électriques, c’est génial ! C’est là que Bertha s’est mordu les doigts... Ce n’était pas seulement son mari, qui passait au grenier tout son temps libre : les quatre filles avaient pris le virus !
Je vous passe (avec regret) la suite, la musique, la peinture, l’éducation des enfants... le tout mené avec une conviction et une originalité complètes.

Enfin, un jour, Willy de Roos rencontre une vieille, vieille, baleinière pontée. Que voilà un beau projet de vacances familiales ! Bien sûr, il n’avait jamais mis les pieds sur l’eau, mais qu’importe ? La navigation, lui dit un ami, c’est très simple ! « Tu verras deux sortes de bouées : des rouges et des noires. Eh bien, tu n’as qu’à naviguer entre les deux ! ». Mais comment donc ! Evidemment, confronté à une bouée verte, il est un peu perdu, constate avec horreur, et de très (trop) près, qu’elle marque une épave... et se dirige vers l’Ecole Navale d’Ostende.

Le temps passe, la cinquantaine approche. Deux bateaux plus tard, il veut partir un peu. Louis van de Wiele lui dessine un ketch d’acier de 13 mètres, il ferme boutique, assure l’avenir de sa femme et des enfants, et part en 1972 sur Williwaw pour un petit tour... du monde via le Cap Horn et Bonne Espérance, en solitaire pour une bonne partie. Revenu en 1975, il décide très vite de repartir. Pour le passage du Nord-Ouest, cette fois. Départ, après de multiples adaptations du bateau, en mars 1977.

Jusqu’au Groenland, il est seul... non, pas tout à fait. Un pigeon s’installe sur Williwaw et donne un travail fou, car il souffre de troubles intestinaux, qui se manifestent partout à bord. Enfin, à force de désinfectants et de consultations médicales par radio, le pigeon (Mathurin) guérit, vide la réserve de noix du bord... et s’envole, à 60 milles du Groenland. Mathurin est remplacé (! !!) peu après par Jean-Louis de Gerlachei [1], qui rejoint Williwaw à Egedesminde (8 juillet) ; il « n’a jamais navigué sur un yacht », mais qu’importe ; ils rencontrent le Bernier [2] en route pour Barrow lui aussi, et ils partent ensemble. Kraulshaven... Baie de Melville (24 juillet)... Le 29 juillet, Williwaw double le Cap York, c’est l’adieu à l’Europe. En baie de Baffin, les voilà en eau libre, à 4 milles au nord du pack, à -3°C, petit 5 Beaufort... Dans le détroit de Lancaster, au mouillage près des îles Wollaston, surprise : Jean-Louis annonce son intention de débarquer. Le lendemain, il n’en parle plus, mais tous deux savent qu’il n’a pas l’intention de poursuivre. Détroit de Lancaster... Détroit de Barrow... enfin Resolute Bay, la croisée des chemins.

Jusqu’ici l’itinéraire était simple ; là, deux routes sont possibles : celle du Saint-Roch [3], au Nord ; et celle d’Amundsen, au Sud. Celle-ci est plus longue et doit contourner de multiples obstacles, mais elle s’impose, car les glaces obstruent la sortie ouest du détroit de Barrow et la totalité du passage de Melville. Jean-Louis propose de rester à bord jusqu’à Cambridge Bay. Départ le 13 août, en lacets, au milieu des floes [4], par des fonds très irréguliers (et aucune sonde, bien sûr), dans la crainte de la fermeture du pack... Enfin, à 22 h 30, le 15 août (220 milles depuis Resolute et près de 60 heures sans sommeil), ils mouillent à l’entrée du Shortland Channel, épuisés par la tension de cette navigation.

Arrivés à Pasley Bay le 17 août, ils y sont retenus jusqu’au 22 par les conditions climatiques. Le Bernier a fini de réparer et se trouve à Resolute Bay. Ils repartent, malgré l’avis de la Garde côtière :
 « Vous ne passerez jamais ».
Baste, ce n’est pas la première fois. Et l’évolution probable ?
« Ce sera pire ! ».
« Bon, on y va... Ne perdons pas de temps... La journée sera longue ! »
Gjoa Haven, 23 août 1977, 21 h 05. Sommeil, rencontres, avitaillement... et au petit matin du 25 août, Jean-Louis quitte définitivement le bateau.

La fin du passage se fera donc en solitaire. Ce sera plus difficile mais... « se retrouver seul n’a pas que des inconvénients ». Cela offre aussi quelques surprises : ayant généreusement laissé à Jean-Louis la cabine avant, plus spacieuse et donc (pensait-il) plus confortable, Willy la récupère avec bonheur... et s’aperçoit avec horreur qu’une essoreuse de machine à laver, seule, pourrait lui être comparée pour le bruit et l’inconfort ! Il est regrettable aussi que le pilote automatique refuse tout service : le compas est devenu fou, le bateau tourne dans tous les sens. Quelques jours après, tout rentre peu à peu et à peu près dans l’ordre, et c’est sous pilote qu’il entre dans le golfe du Couronnement le 29 août. Il est à environ 1000 milles de Barrow... mais l’hiver approche. « A partir de maintenant, il me faudra examiner chaque ancrage avec l’oeil de celui qui cherche un abri pour l’hiver ». Le Bernier est encore dans le détroit de Simpson, à cinq journées en arrière ; oui, mais... « le Bernier, avec ses cinq membres d’équipage, peut facilement naviguer jour et nuit ». En plus, voilà qu’une tempête, au-delà de Clifton Point, l’oblige à mettre à la cape. En une journée, il perd 30 milles, et 24 heures utiles ! Sommeil ? Qui parle de sommeil ? Depuis bien longtemps c’est comme on peut, quand c’est possible, et les journées ont 24, 36, 48, 60 heures de long... Enfin, le 5 septembre, cap Bathurst doublé, il entre en mer de Beaufort.

Et « vers 15h15, le 18 septembre 1977, Williwaw double Fairway Rock, à la sortie du détroit de Béring, et le passage du Nord-Ouest est accompli » [5].

Et voilà tout... C’est un livre passionnant, dont les péripéties de la route ne constituent que l’un des intérêts. Il est très riche en détails techniques, tant sur la mécanique, l’avitaillement, la navigation, que la gestion du temps, du sommeil, de l’alimentation, de la fatigue. Si vous envisagez une balade dans ces coins-là, il faut incontestablement le lire. Enfin, il y a la personnalité de Willy de Roos, extrêmement riche et complexe, « passionné et passionnant », pour reprendre l’expression de ses filles.

L’épopée polaire et deux hommes


Ces deux livres m’ont plongée dans l’épopée, que j’ignorais, des explorations polaires. Rien que pour cela ils méritent d’être lus, et ils donnent vraiment envie d’en apprendre beaucoup plus sur le sujet.

Mais qu’y a-t-il de commun entre l’histoire, péniblement reconstituée, d’un pauvre paysan irlandais à peine mieux qu’illettré, engagé dès son plus jeune âge dans la marine pour survivre, et le récit autobiographique d’un bourgeois belge extrêmement cultivé, qui à un âge bien mûr découvre la voile et part se promener ?

L’histoire de Tom Crean relate des faits ; le livre de Willy de Roos est consacré, pour un bon tiers me semble-t-il, à des réflexions philosophiques, il y a même un chapitre intitulé « un tour du monde pour se découvrir ».

L’un a passé sa vie à obéir ; l’autre a mené sa vie en individualiste forcené.

Et au bout du compte, il est probable que le bourgeois a passé plus de temps en mer que le marin, puisque l’épopée antarctique s’est déroulée sur terre.

Mais ils se ressemblent... Ils étaient aussi peu conventionnels l’un que l’autre, aussi volontaires, doués du même sens de l’initiative. Tous deux sociables et généreux, ils appréciaient la solitude. Ils sont partis dans l’inconnu, vers le danger. Ils se sont pleinement réalisés dans ces périodes où, leur vie en jeu jour après jour, ils étaient obligés jour après jour de se surpasser encore, et encore, reculant au-delà de l’imaginable les limites de l’endurance, lorsque l’action prend toute la place et oblige l’individu à s’effacer. Et notez bien : une fois revenus à terre, au calme, au chaud, ils souhaitaient repartir et retrouver cette vie infernale !

Outre ces deux personnalités hors du commun, il y a une présence très forte dans ces livres : la glace. On peut se demander - sans espoir de réponse du côté de Tom Crean - si ces régions impossibles à vivre n’exercent pas une grande fascination, par leur beauté, par leur solitude, et par le défi qu’elles représentent. Même par lecture interposée !

Carthage


Notes :

Pour ceux que le sujet intéresse, Wikipedia a de multiples articles, avec bibliographies ; il y a aussi un résumé bien fait de l’histoire des deux continents polaires sur http://www.educapoles.org/uploads/t...


[1] « Petit-fils d’Adrien de Gerlache, commandant de l’expédition polaire belge de 1897-1899, au cours de laquelle le trois-mâts Belgica réussit le premier hivernage en Antarctique [avec Roald Amundsen comme second lieutenant] ; fils de Gaston de Gerlache, chef de l’expédition antarctique de 1957-1959 ». (Willy de Roos)

[2] J.E. Bernier II, cotre d’acier, 39". Réal Bouvier (1946-2000) l’avait fait construire en vue de l’expédition largement sponsorisée 74° Nord, visant à franchir le passage du Nord Ouest. Parti de Lachine le 30 juin 1976 avec sept équipiers, le navire est obligé d’hiverner au Groenland car le détroit de Lancaster est pris par les glaces. Reparti le 25 juin 1977, il vogue vers la baie de Baffin en compagnie du Williwaw de Willy de Roos, mais est ralenti par des incidents mécaniques qui l’obligent à s’arrêter. Il repart par la route sud (celle de Roald Amundsen en 1905), et atteint le cap Bathurst le 10 septembre 1976. (Wikipedia)

[3] Henry Asbjörn Larsen (né le 30 septembre 1899 à Hvaler et décédé le 29 octobre 1964 à Vancouver) était un explorateur canadien de l’arctique. Larsen est né en Norvège comme son héros, Roald Amundsen. Et, comme celui-ci, il est devenu marin. Larsen a immigré au Canada et est devenu sujet britannique1 en 1927. En 1928, il se joint à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
En 1928, la GRC recherche des bénévoles pour participer à l’exploration du Grand Nord canadien à bord du St. Roch. Durant son premier voyage vers l’arctique, Larsen est deuxième à bord, sous la tutelle d’un capitaine spécialement engagé par la GRC mais une fois rendu dans l’arctique, il est nommé capitaine. Pendant près de vingt ans, Larsen est au commandement du St. Roch et il est promu au rang de sergent.
La Deuxième Guerre mondiale donne à Larsen l’opportunité de suivre les traces de son héros. En 1940, le St Roch est envoyé en mission pour faire un voyage entre l’Arctique Ouest et l’Arctique Est. Le St. Roch complète le voyage de l’ouest en est en 1942, prenant 28 mois pour l’accomplir. Durant la majorité de ces 28 mois, le vaisseau était prisonnier des glaces. Le St. Roch est le deuxième vaisseau à franchir lepassage du Nord-Ouest, le premier à le franchir d’ouest en est. Quand l’équipe arriva à Halifax, on équipa le vaisseau de meilleurs moteurs. Cela lui permit de faire le voyage de retour jusqu’à Vancouver, dans la période de la fonte des glaces en seulement 86 jours.
Pour la première traversée du passage du Nord-Ouest, Larsen a suivi la route de Amundsens. Pour le voyage de retour, Larsen explora une route beaucoup plus au Nord. (Wikipedia)

[4] « floe » : un glaçon flottant de moins de 10 km dans sa plus grande dimension ; plus grand, ces glaçons sont appelés « ice fields », champs de glace ; « pack ice », ou « pack » : une croûte de glace continue à la surface de l’eau, dont l’épaisseur peut varier de quelques centimètres à plusieurs dizaines de mètres.

[5] Sur le passage du Nord-Ouest et les quelques bateaux qui l’ont franchi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Passag...

UP


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7 Messages de forum

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  • 19 février 2012 20:05, par yoruk écrire     UP Animateur

    Bienvenue Carthage... bienvenue...
    Quelqu’un que nous aimons bien, ici, nous a prévenu que vous aviez mis la barre très haut...C’est le moins que l’on puisse dire...
    Merci... et... continuez à nous enchanter...
    Michel

    Répondre à ce message

  • 19 février 2012 21:12, par Sergio écrire     UP

    Bonjour Carthage,

    Excellent ! Tu devrais t’orienter vers la critique littéraire !

    Ces personnages m’ont toujours fait rêver. Ils se sont forgés un destin hors du commun... Ils illustrent des mots qui bientôt disparaitront du dictionnaire : Panache, courage, audace...

    Hou là, j’ai tendance à m’envoler après la lecture de ton article.

    Quel hasard, je suis en train de lire « Conquérant de l’impossible » de Mike Horn. Ce phénomène explique comment il a fait le tour de l’Arctique à pied en solo. (20 000 km quand même) Mais il n’a pas le romantisme des personnages que tu cites, sans doute que parce que cela s’apparente plus à l’exploit sportif qu’à l’exploration...

    Pourquoi ne publierais-tu pas périodiquement des critiques comme celle-ci ? J’ai beaucoup aimé, merci...

    A+ Sergio

    Répondre à ce message

  • 19 février 2012 23:06, par tilikum écrire     UP

    Magnifique ! Bienvenue Carthage... B-)

    Le bouquin de Willy de Roos fait partie de ma bibliothèque depuis longtemps, mais je ne connaissais pas du tout celui de Tom Crean !

    Leurs descriptions sont superbes et bien documentées, tout pour donner envie de les lire... merci ! |-)

    _/)

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  • 19 février 2012 23:50, par Carthage écrire     UP

    Merci à vous, je suis très touchée ; mais ces personnages méritaient tellement mieux, une critique, c’est trop court... vraiment. J’espère que vous lirez les livres !

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  • 21 janvier 2014 15:07, par gwinver écrire     UP  image

    bravo pour l’article ;...le crédit photo de Willy de Roos est de Maurice UGUEN !!!

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