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Accueil du site > Livres > Le voyage de Jason par Tim Severin

Rubrique : Livres

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Le voyage de Jason par Tim SeverinVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Mars 2012, (màj Mars 2012) par : yoruk   

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Le livre édité en français chez Albin Michel est épuisé. On trouve des occasions sur E-bay
Références d’achat du livre ou de CD Rom : http://www.timseverin.net/books_jas...

Il faut être anglais pour avoir une pareille idée : refaire à l’identique le voyage de Jason.

Tim Severin, diplômé de géographie et d’histoire de l’université d’Oxford, spécialiste de l’exploration de l’Asie au moyen âge, se met dans la tête de prouver la faisabilité du Voyage de Jason...

La tradition, veut que Jason et ses argonautes aient armé une galère depuis les rivages de Grèce, pour se lancer à la conquête de la toison d’or en lointaine et mystérieuse Colchide (aujourd’hui, la Géorgie).

Quelle part de réalité derrière la légende de l’Argo, galère de Jason et de ses équipiers ??? C’est le défi que va relever Tim Severin, faisant construire et armant une galère semblable à celle des argonautes, trente trois siècles plus tard, en reliant à la voile et à l’aviron, les quinze cents milles séparant Volos, d’où était parti Jason, jusqu’à Poti en Géorgie, au débouché du fleuve Rhioni, l’antique Phasis.

A l’origine de la légende, Homère évoque l’épopée de Jason, puis la tradition a entretenu la légende jusqu’à Apollonios de Rhodes, qui entreprit la composition de cette saga. Ce sont les documents d’Apollonios de Rhodes qui nous restent, et ce sont eux qui ont permis à Tim Severin de tracer sa route. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce sont ces indications qui permettent encore aujourd’hui de vaincre le Bosphore et les Dardanelles, en utilisant des contre courants décrits par Apollonios de Rhodes, il y a plus de vingt deux siècles...

Tout aussi étonnant, à partir des descriptions minutieuses de Tim Severin, il est possible d’identifier les lieux
mythiques de l’épopée. En particulier à Ioclos (juste à coté de Volos), où l’antique Argo a été construit, mais aussi dans la baie de Mourtos, en Lemnos, ou Jason et ses équipiers faillir s’échouer dans les bras amoureux de lemniennes dépitées d’avoir tué tous les hommes de l’ile. De même et très nettement, on identifie les sources des Garipce, ou Phinéas victimes des harpies conseilla comment passer au travers des symplicades, ces îles qui se refermaient sur les bateaux de passage...

C’est tout le talent de Tim Severin, dans un style enlevé, de nous faire revivre l’air de rien, le plus ancien sujet de navigation. Et véritablement, pour y être passé, on a toujours l’impression de planter sa pioche dans les trace de Jason, et de son équipage, entre autre : Orphée le musicien, Polyphème de Larissa, Mopsos qui pouvait comprendre le langage des oiseaux, Typhis de Siphae le talentueux barreur, Hercule lui même, Hylas son ami qui y mourut, Castor et Polux de Sparte, Lyncée à l’œil perçant, Euphème de Ténare le coureur le plus rapide du monde, Zétès et Calaïs les fils ailés de Borée... etc, etc... excusez du peu !!!

L’équipage du moderne Argos

  • 17 anglo saxons, rompus à la navigation et experts dans leurs métiers, que ce soit architecte, médecin, ingénieur ou patron pêcheur, tous des bons et tous capables de souquer dur. Le programme étant d’un million de coups d’aviron par homme, sans compter sur les vents favorables !!! Ils se sont relayés sur le parcours en fonction de leur disponibilité personnelle.
  • 2 volontaires grecs
  • 15 volontaires turcs plus 12 rameurs des cercles d’aviron du Bosphore
  • 10 volontaires géorgiens
  • Une vingtaines de volontaires britanniques ont assuré le suivi des essais et de la livraison du nouvel Argo depuis Spetsai où il a été construit, jusque sur la plage de Ioclos près de Volos, point de départ de l’épopée
     
    De plus, Tim Severin a su s’entourer d’une incroyable chaîne de solidarité, allant des autorités religieuses grecques, à l’amirauté Turque et pour finir en apothéose, celle de la marine soviétique qui délégua l’emblématique trois mat barque « Tovaritch », pour les recevoir à Poti en pleine guerre froide.... Il y du talent, chez ce Monsieur Severin !!!

Le bateau

Galère grecque antique, non pontée de vingt rameurs, le nouvel Argos était sensiblement plus petit que celui de Jason qui devait réunir cinquante rameurs. Pour des raisons financières, mais aussi parce que le but de Tim Severin était de prouver la faisabilité du mythe de Jason, il a préféré le faire à partir d’une galère plus petite, suffisante à sa démonstration. Il fallait aussi réunir des volontaires pour une longue période, ce qui n’était pas évident.

Plans : Colin Mudie, architecte naval, 16 m 50 de long, maître bau : 2 m 50, construction en bois classique, gréement de vergue à balancier. dix bancs de nage

Construit en pin de Samos, bordés assemblé par tenon mortaise, par Vasilis charpentier de marine grec au caractère bien trempé, de Spetsai. Vasilis ne savait pas lire un plan, tout a été construit sur la base d’une maquette elle même tirée des plans !!! Entièrement construit à l’herminette et à la scie à ruban, par le seul Vasilis en 5 mois...

La route


Ils sont partis fin avril 1984, comme nous le faisons tous aujourd’hui, pour éviter les risques des tempêtes hivernales, tout en bénéficiant de vents de SE favorables à cette saison, en particulier pour remonter les Dardanelles et le Bosphore. Si cette stratégie s’est révélée bénéfique pour les Dardanelles passées sous voile, pour le Bosphore, il a fallu souquer très dur.

A noter une erreur de navigation que n’avait pas fait Jason : Tim Severin, a préféré tirer directement depuis Límnos vers les Dardanelles, en passant au sud de Gokceada, ou il a dû affronter de fort courant portant à l’ouest. Jason avait tiré au nord vers Samothrace, rallongeant sa route, mais bénéficiant de contre courants le long de la côte égéenne de la presqu’île de Gallipoli. L’un comme l’autre ont eu la chance de profiter de vent de SE pour remonter les Dardanelles

La Protopontide (Mer de Marmara) a été passée côte sud, comme le recommande maintenant Rod Heikell (Imray), et... moi même, ce qui prouve que nous n’avons rien inventé.

Pour Tim Severin, comme pour Jason, le Bosphore a du être fait à l’aviron, avec des courants violents à la hauteur de Bebek (voir plus bas). il est très étonnant de noter que l’amirauté britannique recommande exactement la recherche des mêmes contre-courants que ceux décrits par Apollonios de Rhodes...

La Mer Noire aurait pu se révéler destructrice. le nouvel Argos, ayant essuyé un fort coup de vent de NE après Sinop. Force 6/7 avec une galère non pontée... il ne faut pas se laisser surprendre. pendant trois jours, ils ont été estimé perdus en mer... Le 23 juillet, ils atterrissaient à Poti, en prouvant que le voyage de Jason était bien plus qu’un mythe...

Le Bosphore


Remonter le Bosphore sans vent favorable, avec Vingt rameur représente une puissance de 8 cv... Dire si c’est faible pour affronter le courant de Bebek (photo ci contre). Avant l’arrivée de la machine à vapeur, les quais étaient équipés de chemin de halage. ce dont Jason, en terrain hostile n’a pas du pouvoir bénéficier. Tim Severin non plus, il leur a fallu trouver des contre-courants.

Les contre courants sont parfaitement décrits pat Apollonios de Rhodes. Il faut de l’endroit ou se trouve le bateau ci contre, tirer à 90° vers la côte Asiatique, puis revenir vers la côte européenne, récupérer le contre courant de Bebek qui se trouve droit devant par rapport à la photo, à environ 300 mètres. il y a quelque chose de très émouvant à emprunter cette route tracée déjà il y a plus de 30 siècles...

Phinéas et Garipce


Le sage Phinéas, prophète aveugle, habitait sur les rives européennes du Bosphore, au débouché vers la Mer Noire. Bien décrit par Apollonios de Rhodes, on reconnait facilement l’anse de Garipce, ou coule toujours la source ou l’antique Argos était venu faire de l’eau

Il y rencontrèrent Phinéas, devin puni des dieux pour avoir révélé l’avenir à ses contemporains. la punition consistait en un harcèlement de harpies, démons ailés, mi femmes mi oiseaux, qui lui dévorait sa nourriture...

Il s’en ouvrit à Jason qui mandata Zétès et Calaïs les fils ailés de Borée, qui avaient le pouvoir de voler, afin de pourchasser les Harpies. En reconnaissance, Phinéas révéla à Jason la façon de passer les Symplygades, ou Roches Cyanées

Les Symplygades ou Roches Cyanées


Quand vous me quitterez, leur dit Phinéas, la première chose que vous verrez sera les Roches Cyanées. Autant que je sache, personne n’est jamais passé entre elles. Elles se heurtent fréquemment et font jaillir de l’eau, retombant sur les flancs rocheux du détroit en un rugissement assourdissant

Ne vous précipitez pas, avec l’imprudence de la jeunesse, faites d’abord une expérience : depuis l’Argo, envoyez une colombe explorer le chemin. Si elle réussi à voler entre les rochers et à sortir vers la mer, n’hésitez pas à suivre sa trace, mais tenez ferme vos avirons, et fendez l’eau du détroit.

Le stratagème de la colombe fonctionna merveilleusement. les Roches Cyanées étaient deux grosses masses de pierre se heurtant avec un bruit effrayant. Chaque fois qu’un bateau tentait de passer entre elles, elles se refermaient pour pulvériser l’imprudent... Sous les yeux des argonautes, les Roches qui venaient de se refermer, commençaient à se ré-ouvrir. Euphème, le coureur, lâcha la colombe, qui vola bas sur l’eau droit entre les rochers, qui se heurtèrent à nouveau, mais trop tard, la colombe avait franchi le passage, les Roches n’avaient réussi qu’à pincer que quelques plumes de sa queue.

Pour Jason et ses hommes, ce fut le signal propice. dès que les Roches Cyanées s’écartèrent, les rameurs redoublèrent d’efforts, et s’engagèrent dans la brèche. Pendant un instant de terreur, le bateau resta immobilisé, pris dans les turbulences. Il semblait certain que les Roches l’écraseraient... Mais... à ce moment la déesse Athéna intervint : d’un main elle retint les roches, et de l’autre, elle poussa gentiment Argo vers l’eau libre....

Aujourd’hui, les Roches Cyanées, que l’on aperçoit parfaitement sur le droite de la photo ci dessus, ne risquent plus de se refermer sur les navires de passage, calées qu’elle sont par un robuste port de pêche, Rouméli Feneri... ou l’on est merveilleusement reçu. Ce qui compense un peu la désillusion d’avoir raté Athéna....

Tout le récit de Tim Severin est de cet acabit, mêlant la grande culture de l’auteur, à son humanisme, pour nous faire découvrir des héros modernes dignes des demi dieux grecs, venus conquérir la toison d’or...

UP


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6 Messages de forum

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  • 20 mars 2012 08:22, par Négofol écrire     UP Animateur

    Un bon site pour trouver des livres épuisés, beaucoup plus efficace que Ebay est :
    http://www.abebooks.fr/
    Ce site regroupe les bases de données de plusieurs milliers de bouquinistes dans le monde et est la mine pour trouver tout livre épuisé (ou pas si on veut de l’occase).
    il existe un abebooks.de et surtout un abebooks.com, mais les résultats sont les mêmes, seule change la langue des menus et l’ordre des résultats.
    Je l’utilise très souvent, jamais de problème !

    Je viens d’essayer : 14 livres « voyage de Jason » en version française à partir de 6 € et + de 100 en version anglaise à partir de 0,8 € !

    Répondre à ce message

    • 20 mars 2012 09:16, par yoruk écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      Merci Francis, de cette indication, qui me manquait en Turquie...
      Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à vous procurer ce livre, magnifique journal de bord d’une aventure peu ordinaire...
      Le talent de Tim Severin, liant sa culture universitaire à ses dons de skipper, est étonnant... Cà se lit d’une traite...

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  • 20 mars 2012 13:56, par Sergio écrire     UP

    Excellent ! Belle histoire comme je les aime !

    Répondre à ce message

  • 28 mai 2012 19:48, par InK écrire     UP

    Bonsoir,

    Tim Severin a utilisé la même galère pour partir sur les traces d’Ulysse. Il a publié son voyage dans le livre « Le voyage d’Ulysse ».

    En changeant de zone géographique, il a aussi traversé l’Atlantique nord sur un canot de cuir (canot non ponté d’une dizaine de mètre), bateau qu’auraient utilisé des moines Irlandais pour faire le même voyage au VII ou VIII siècle. Voyage bien sûr raconté dans son livre « Le voyage du Brendan ».

    Il a dû écrire d’autres ouvrages, j’avoue ne pas connaître sa bibliographie par cœur :-)) même si j’ai apprécié ce que j’ai lu de cet auteur.

    En ce qui concerne les livres d’occasion, je consulte souvent les sites amazon.fr et priceminister.com qui regorgent d’ouvrages épuisés.

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    • 28 mai 2012 21:07, par yoruk écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      Bonsoir
      Oui Tim Severin a aussi refait le voyage de Sinbad... C’est vraiment étonnant, cet universitaire capable d’aller vérifier sur le terrain, la théorie de son ouvrage... C’est très anglo-saxon... et probablement, une dimension qui nous échappe. Dans tous les cas, un grand marin...

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      • Dans le même registre, je ne résiste pas à l’envie de citer David Lewis, médecin britannique à l’origine et ensuite, semble-t-il, ethnologue qui a travaillé (dans la mouvance des communautés scientifiques d’Australie) sur les méthodes de navigation des polynésiens (et autres, des navigateurs du pacifique).
        Dans son livre « We, the Navigators : The Ancient Art of Landfinding in the Pacific » il rapporte à la fois ces méthodes fascinantes et les nombreuses nav auxquelles il a participé pour les valider, ce qui rejoint ton propos, Michel.

        Pas vraiment utilisables pour nous car détecter la présence d’une ile par la houle parasite qu’elle engendre c’est déjà limite mais savoir où on est en observant quelle étoile culmine localement au cours de la nuit, faut le faire et de là à retenir le chemin d’étoile (la suite des étoiles qui culminent pour aller de X à Y distant de nombreuses centaines de miles) on (= nous) est loin de le faire. Et bien d’autres encore ...
        Mais pour le plaisir de l’esprit, il y a matière.

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