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Pratiques et Techniques de la Plaisance

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Accueil du site > Grand Voyage > Turquie et Grèce > Escales exotiques - Soucoupes volantes

Rubrique : Turquie et Grèce

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Escales exotiques - Soucoupes volantesVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Décembre 2016, (màj Décembre 2016) par : Collectif Salacia   

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Mots-clés secondaires: navigation_divers , Traditions_cultures

NDLR merci à “Kerdubon” capitaine, marin, conteur et explorateur de Grèce et de Turquie, d’il y a 50 ans

Escales exotiques - Soucoupes volantes

 

  • Cet été là j’effectuais un tour complet du Péloponnèse avec mon voilier au pavillon Maltais. Comme d’habitude je prenais six mois de congé après m’être fait secouer tout l’hiver sur un cargo. J’en partageais le commandement avec un collègue qui lui aussi se contentait de six mois d’embarquement… mais seulement l’été, pour naviguer par mer belle. Ceci durait depuis plusieurs années. Madame Kerdubon et moi-même préférions un congé en partie sans solde pour jouir de la vie menée selon nos caprices et ceux de la météo.
  • Le printemps achevé, les gens travaillant normalement prennent leurs congés de juin à septembre. Le mois d’août était commencé, nous avions déjà eu deux bordées de parents, frères, cousins, neveux, etc… comme passagers.
  • Quittant la grandiose baie de Kiparissia, entourée d’un cirque de hautes montagnes dont les pentes douces sont couvertes d’oliviers au feuillage vert argenté, j’ai mis cap au nord, et nous sommes entrés dans le vaste golfe d’Argolide, pour aller embarquer la dernière bordée de passagers dans le port de Nauplie.

  • L’ancienne capitale de la Morée, partie Sud de l’Argolide, avait gardé un superbe cachet vénitien et de nombreuses traces de ses divers occupants… sauf du port grec de l’Argos antique [1]
    . Les pitons qui l’entourent sont hérissés de puissantes fortifications, notamment l’Acronauplie sur la roche Palmidi, une citadelle vénitienne qui culmine à 200 mètres au-dessus de la ville, ainsi que d’une fortification d’origine franque protégeant la cité dans son sud et son ouest. A l’entrée sur l’îlot Bourzi, un autre fort vénitien empêche toute entrée ennemie… Il est évident que de tous temps, on avait craint les incursions turco-barbaresques.

 

  • La place ne manquait pas dans le vaste port cependant, des panneaux interdisaient curieusement de mouiller. Il fallait donc accoster. Why not ? A part une poignée de pêcheurs, j’étais le seul plaisancier à me présenter, la majorité préférant à cette époque l’auto route de la mer, entre Le Pirée et Rhodes par les Cyclades. J’ai ouï dire que de nos jours, les gens d’Athènes font de Nauplie le… Deauville de la Grèce, qu’un port de plaisance y est rempli de navires et qu’un vaste quai pour accueillir les paquebots a été construit sur la mer… Poséidon doit apprécier !
  • La dernière amarre tournée, je m’apprêtais à saluer et célébrer avec mon épouse le couchant aux magnifiques couleurs, un petit ouzo entre les mains, lorsqu’un officier de port et policier de surcroît, déboula de la Capitainerie proche… Non seulement il refusa de trinquer avec nous, ce qui est très rare dans ce pays où le savoir-vivre et l’aspiration à la joie paisible sont les choses les plus communes, mais il se mit à fouiller comme un douanier en chasse de drogue.
  • Mon chien que je fixai du regard pour qu’il se tienne à carreau, avait du mal à se contenir en montrant les crocs. Peut-être trouvait-il que le costume du gars ressemblait à celui d’un facteur !… On sait la drôle d’aversion des clébards pour ces braves et si utiles personnages !
  • Lorsque l’encasquetté commença à ôter la moquette pour soulever les planchers, je l’arrêtai.
    • Que cherchez vous, je peux vous aider ?
    • Vos clients !… Un gros voilier avec un pavillon bizarre ne peut faire que du charter !… Mon policier se rendant compte du ridicule de son geste remit la moquette en place et pour se donner une contenance, s’intéressa à un placard un peu plus grand que les autres, dans lequel cependant je n’aurais pu introduire quelqu’un, même un poupon.
    • Monsieur l’officier, ce placard recèle les croquettes de mon chien. Si vous y touchez, je ne pourrai plus le retenir et sa mâchoire est solide !… L’individu se calma et à nouveau pour se donner une contenance s’écria :
    • Transit log !… papiers… certificat de vaccinations de votre chien !
  • Bien entendu, n’ayant jamais aimé jouer au gendarme et au voleur, tout était en règle et les certificats authentiques. Les passeports montraient bien que nous étions mariés et que par conséquent madame Kerdubon n’était pas une passagère charter payante. Quant il partit, j’ai tendu mon verre en lui disant :
    • Ya sou Etienne !… à la tienne Etienne !
    • Efkaristo !… To onoma mou ine Yorgos !… Merci, mon nom est Georges !

 
Les vieilles rues animées, typiquement de style italien, étaient fort sympathiques. Nous y avons traîné en attendant les dix coups de la cloche de la pendule d’une église, qui envoient les Grecs au restaurant pour leur dîner. Loin derrière la « Syntagma », la grande place aux réverbères magnifiques, nous sommes entrés sans le savoir dans une taverna bouzoukia.

 

 
Evidemment il n’y avait que des Grecs présents dans l’établissement modeste, mais comprenant une quinzaine de tables. Une place nous fut offerte et quelques mikro boukalia de reztzina nous arrivèrent comme par miracle. Ce vin frais local et peu onéreux était un régal pour nos gosiers. Chaque coin de Grèce en fabriquait et aucun de ces crus ne se ressemblait. Maintenant il n’y a plus que quatre ou cinq grosses coopératives qui en mettent en bouteille… que les touristes détestent. C’est ainsi qu’en Crète, il nous arrive maintenant de boire du vin provenant d’Attique ou d’Eubée, ce qui était inimaginable, même chez le meilleur devin de chez Bacchus !

  • Le menu était unique. Les clients ne venaient pas pour la gastronomie, mais pour ce qui était la raison principale de l’établissement : la musique et la retzina d’Argolide. L’ambiance était chaude sur les coups de minuit lorsque les musicos prirent place sur une petite estrade et que les bouzoukis commencèrent leur musique endiablée de sirtakis, rebetikos et autres airs, dont ceux de Theodorakis. La dictature des colonels, il n’y a pas si longtemps, avait interdit cette musique qui reflète l’âme grecque. Les militaires, on le sait, n’aiment que le tambour et le clairon !
  • Puis les amateurs se lancèrent sur la piste. Ils quittaient les tables et se tenant par les épaules, dansaient en contemplant les danseurs vedettes qui, les yeux dans le vague, étaient seuls… au monde… sur la piste, entre leur cercle et les musiciens déchaînés, aurait-on dit.
    • Pour honorer ces danseurs, on commença à casser les assiettes à différentes tables. Un serveur en amena tout un cageot à la table d’à côté de nous. Hoooppppaaaa !… criaient en chœur les spectateurs à chaque assiette cassée. Il paraît que maintenant, à La Plaka au Pirée et ailleurs, les assiettes sont en plâtre… pour éviter coupures des godasses et accidents de pinglots !
    • Une heure plus tard, les musiciens remballèrent leurs instruments. Danseurs et spectateurs quittèrent la salle. Nous nous sommes retrouvés seuls, madame Kerdubon et moi, perdus dans une longue conversation mi grecque, mi anglaise, avec un type passionnant et son épouse que nous n’avions apparemment jamais vus auparavant.
    • Les garçons débarrassaient les tables. L’un était à la porte de l’office et chopait les assiettes que lui lançait un autre du fond de la salle. Hooopppaaaaa ! cria-t-on à chaque réussite. Puis arrivèrent dans les airs les soucoupes et les tasses. Plus petites, elles étaient plus dures à attraper pour le réceptionnaire et plus d’une soucoupe vola directement dans l’office dont la porte était ouverte, atterrissant dans un fracas caractéristique.
      • C’est drôle… dit Madame Kerdubon à notre interlocuteur… j’ai l’impression de vous avoir déjà vu !
    • Oui ce soir même, je suis Yorgos… Georges… le policier officier de port !

 

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Kerdubon


[1] NDLR : On associe souvent le nom du bateau de Jason « Argos » à l’Argolide. Aucun rapport entre Jason et la ville d’Argos. Argos était le nom de l’architecte du bateau de Jason, qui a donné à son bateau, le nom de l’architecte, tout simplement.
Argos a été construit par Argos, à Iolchos, dans le golfe de Volos, ville dont Jason fut le prince. Et, c’était une colonie mycénienne, Mycène, ville situé en Argolide. Si, si … Ce n’est pas simple en Grèce hein ? Jason, et Argos à Iolkos

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  • Pourquoi les Grecs cassent des assiettes ?

    Briser des assiettes en Grèce, c’est chasser les maux intérieurs et la colère, c’est se défouler et montrer qu’on veut faire la fête. En jetant l’assiette, on dit « Opa »
    Aujourd’hui, on casse les assiettes en Grèce dans les « centres de divertissement » (traduit du Grec Κέντρο διασκέδασης) ou « Bouzoukia » ou un chanteur ou une chanteuse grecque interprète des chansons populaires. Les assiettes sont en plâtre et ne coupent pas. Dans ces centres, le fracassement sur le sol des assiettes s’effectue en signe d’admiration devant un chanteur ou une chanteuse. C’est également un moyen de se libérer des tensions quotidiennes diverses que subit le Grec (crise, stress, contraintes familiales etc.).

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