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Accueil du site > Grand Voyage > Turquie et Grèce > Escales exotiques - Le Colosse avait les pieds plats !

Rubrique : Turquie et Grèce

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Escales exotiques - Le Colosse avait les pieds plats !Version imprimable de cet article Version imprimable

Publié 3 janvier, (màj 3 janvier) par : Collectif Salacia   

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Mots-clés secondaires: navigation_divers , Traditions_cultures

NDLR merci à “Kerdubon” capitaine, marin, conteur et explorateur de Grèce et de Turquie, d’il y a 50 ans

Escales exotiques - Le Colosse avait les pieds plats !

 

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Crédit photo AllTheContent / Idealista news, Bluewin.ch

J’avais constaté à Corfou, y a deux ans, que plus grand chose n’avait à voir avec ce que nous avions connu trente années avant. Le changement n’est peut-être pas ce qu’on imagine de mieux, mais il est dans l’ordre de l’évolution inéluctable. L’andouille qui fait des pèlerinages sur son passé sera toujours déçu, on le sait bien.... cependant il faut garder bien au chaud ses souvenirs, éventuellement les faire partager, car nos artères n’ont plus l’âge d’aller de l’avant et d’œuvrer pour l’avenir. Place aux jeunes, pour moi l’avenir mène à la porte du crématoire !

 
Cette fois je reviens de Rhodes. Je suis allé profiter du repos offert par le « tout compris » d’un complexe ressemblant à tant d’autres formant une nouvelle muraille de chine le long de la Méditerranée sur la côte est, et le long de la mer Egée sur celle de l’ouest.


Évidemment j’exagère, c’est le rôle qu’on doit tenir sur le banc des menteux pour amuser la galerie des amis mathurins plus ou moins séniles et surtout pour embellir les aléas pas toujours beaux ni gais du quotidien.
Je fus surpris, étonné et ravi de voir... de visu... gast donc !... que la vieille ville ceinte de ses murailles, dominée par le château ou plus précisément le palais du grand Maître des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem restauré par Mussolini, avait.... meilleure mine qu’il y a trente ans ! Une taverna épargnée distillait de la musique grecque … Ce fut malheureusement la seule fois que j’en entendis ! Oubliés les Théodorakis et autres qui nous enchantèrent !… Certes deux ou trois paquebots avaient craché pas loin de cinq mille touristes dans les rues, mais ce petit monde devait rallier les navires qui appareillent entre 16 et 17 heures pour se rendre à l’étape suivante dès l’aube du lendemain. La vieille ville est alors désertée et les commençants ferment leurs boutiques à souvenirs, elle vous appartient !

J ’ai noté que les autorités avaient dégagé la foultitude des marchands du temple de jadis et les avaient refoulés hors des murs ! Évidemment les bâtiments historiques se trouvent donc mis en valeur par cette vidange et la ville retrouve sa beauté même si l’Etat depuis... les fascistes du Duce, n’a plus de tunes pour les entretenir un peu mieux. Quoique des efforts dans ce sens soient évidents... pour rester « patrimoine mondial ».

  • La plaisance bien moins que l’automobile est une vache à lait pour les Etats. Rhodes a donc hérité d’une bonne quantité de ports supplémentaires qui nous auraient été utiles lorsque nous devions nous mettre au mouillage sur trois rangées dans le port de Mandraki, lequel maintenant ne reçoit plus que sur une unique rangée, des charters, vedettes et quelques yachts privilégiés ayant du arroser certains comme il en existera toujours, qui ont de grandes poches ouvertes. Terminées les séances délirantes d’appareillages lorsque plusieurs chaînes se chevauchent et s’emmêlent ! Derrière la grande jetée de Mandraki dont les trois moulins ne battent pas de l’aile, il y avait le large et en retrait le port de commerce notamment pour les ferries venus du Pirée. Il y a maintenant un vaste port qui reçoit les super paquebots en escale. La place doit y être chère !
  • Tout ceci n’est pas un guide touristique ni une critique et au fond peu intéressant. Kerdubon va donc vous parler du passé lorsque pendant onze étés , il fut souvent dans ces eaux bleues entre la côte turque et les îles du Dodécanèse naviguant en compagnie de madame et du chien, de 4 à 6 mois l’été, à bord de son « kotéro ».

Cette fois-là, j’avais à bord de mon voilier deux couples de cousins profs d’histoire qui avaient particulièrement apprécié les ruines de la côte Lycienne et venaient de découvrir Rhodes avec le ravissement qu’on imagine.

  • Ils furent estomaqués lorsqu’une de nos relations fréquentées l’année précédente, nous révéla en confidence après quelques ouzos secs, que contrairement à ce qu’affirment les pontifes historiens, ce n’est pas le tremblement de terre de l’an moins 226 qui flanqua le colosse par terre, mais qu’il chuta tout simplement... parce que sous ses pieds plats trop écartés afin de laisser passer les nefs et galères, il glissa sur une peau d’orange jetée par un jaloux qui avait aimé en secret la nymphe Rodé avec laquelle Helios le dieu soleil devenu son amant, caressait... la lune !
  • Mes canards devaient débarquer pour trouver un taxi les menant à l’aéroport et prendre un avion pour Athènes avant de regagner notre mère Patrie. Les vols directs Paris Rhodes et vice-versa n’existaient pas encore.
  • Pour fêter la fin de la croisière de cette bordée de passagers, en attendant l’arrivée d’une autre, nous sommes allés dans un restaurant renommé et enregistré dans tous les guides sérieux. C’était forcément après passage au Hammam où comme en Turquie madame Kerdubon eut le privilège d’être savonnée, lavée et plus ou moins caressée par des commères curieuses de tout savoir sur la vie occidentale d’une étrangère... des exotes à leur façon !... sans que je manifeste de jalousie, vu que dans la salle des hommes, le masseur qui m’opérait faillit... tendrement... m’arracher un bras dans ses manipulations parfois acrobatiques.
    • Heureusement... dirent mes cousins témoins... qu’il ne t’a pas brutalisé les jambes !..
    • surtout la troisième !... ajoutais-je.

Bien décrassés, fleurant l’eau de senteur, nous nous sommes mis les pieds sous la table. Contrairement à nos habitudes qui voulaient qu’on attende l’heure des Grecs vers 22 heures, nous étions à l’heure du Berger, celle des touristass c’est à dire 19 heures. Il fallait se coucher tôt pour cause d’avion matinal qui n’attend pas ses clients.

  • Le gastos était envahi de Teutons parlant d’autant plus fort que leur marks reléguaient nos francs lourds au niveau de la roupie de sansonnet. Enfin un garçon débordé et épuisé prit nos commandes. Après avoir éclusé pas mal de crassi rosé et rouge de bonne qualité, nos assiettes arrivèrent. Rien à dire au sujet de la classique salade grecque, la surprise vint en contemplant les moussakas. Elles étaient truffées de frites froides !
    • Denn iné moussakas !... m’indignais-je auprès du garçon qui me répondit en bon français :
    • Si monsieur c’est de la moussaka... les Allemands l’aiment comme çà !....
    • De nos jours dans notre hôtel, il n’y avait qu’une poignée de concitoyens plus ou moins d’origine gauloise et trois ou quatre cent Russes avec de nombreux gosses non éduqués, effrontés, petits diables chahuteurs et criards, perturbateurs du calme et de la sérénité que nous aurions aimé.
    • Quant au personnel, il comprenait beaucoup de gens des Balkans, Yougos ou Roumains en majorité, les soixante mille habitants de l’île ne suffisant pas pour desservir les centaines d’hôtels de toutes catégories éparpillés du nord au sud de l’île.
  • Revenons au présent : A l’aube le lendemain, le cousinage embarqua dans le zodiac pour que je lui évite une longue marche vers la station des bus et taxis de l’autre côté du port. Évidemment chacun avait revêtu son costume du dimanche et beau comme un camion neuf, débarqua avec son barda. Dans la manœuvre, l’un de mes cousins se retrouva un pied sur le quai, l’autre sur un des boudins et le zozo s’écartant, il chuta pour ainsi dire à l’eau, heureusement incomplètement, car il fut rattrapé à la dernière seconde par les autres. Je ne sais toujours pas comment il expliqua aux hôtesses de l’aéroport pourquoi sa culotte était mouillée... elles ont tellement vu de gens ayant peur de prendre l’avion ! Notez qu’en ces temps qu’on ne connaîtra plus, les formalités étaient réduites à peu de choses, on pouvait même céder son billet à un autre passager !... y avait-il seulement une liste des passagers ?

Notre copain, conteur du Colosse aux pieds plats, était photographe. Il avait une boutique ou plutôt une cabane à l’entrée de la rue principale de la ville antique, non loin de la magnifique « ippoton » rue des chevaliers, en face de l’ « auberge d’Auvergne » menant au Palais. (Ce jour, la baraque n’existe plus comme toutes celles qui cachaient les bâtiments magnifiques). Il exerçait le métier de photographe... d’art ! En fait, il vendait surtout des pellicules et développait celles en noir et blanc, les appareils numériques n’étant pas encore inventés. Entre deux clients, il saisissait ses haltères et son matériel de culturisme... corporel. Le Colosse l’inspirait, il aurait voulu être aussi musclé et il faut dire que malgré ses soixante dix balais, il pétait la bonne santé et la pleine forme. Il n’avait pas que la langue de bien développée, mais des pectoraux et biceps à faire rêver un gringalet, il nous affirmait que certaines gretchen se laissaient séduire par sa prestance et appréciaient ses prestations. Je crois toutefois qu’il aurait pu s’asseoir parmi les pêcheurs au bout du quai... sur le banc des menteux !

  • Il devait aller photographier un baptême dans un bourg perdu au pied de la chaîne montagneuse tout près de Profitis Ilias, un village connu par un hôtel ressemblant à un chalet alpin et surtout parce que Mussolini en personne y avait acheté une maison. Il nous fit voir des photos de l’occupation fasciste qu’il gardait précieusement. Qu’est devenue sa collection... historique ? Les clichés jaunissants montraient que l’endroit quasi abandonné avait été un lieu de rendez-vous du gratin Italo-Gréc de cette période. L’altitude leur apportait de la fraîcheur l’été ainsi que les autres plaisirs d’une station balnéaire.
  • On embarqua dans sa vieille Austin datant d’avant guerre. Nous avions déjà parcouru la route côtière en louant des scooters pour faire le tour des sites de l’île avec nos cousins, mais cette fois, nous l ’avons quittée à Kalavarda. Si la circulation était « au plus fort la pouque », les rares chauffeurs étaient habiles et la circulation peu dangereuse. De nos jours, les chauffeurs sont devenus plus disciplinés mais elle est démente à cause du nombre de véhicules qui a explosé plus que la largeur des voies même aménagées et grées de feux rouges respectés en général.
  • Le pope revêtu des habits et ornements sacerdotaux agitait la cloche de la petite église lorsque nous sommes arrivés. La famille et le bébé suivirent le religieux jusqu’aux fonts baptismaux. L’antique Rolleiflex du photographe digéra une pellicule neuve de trente-six vues, tandis que le père du nouveau-né, nous invita à venir dans les premiers rangs de la petite foule de parents et amis. Tout en mitraillant notre ami nous traduisait les paroles du religieux.
    • Le Seigneur t’exorcise, Satan, car il est venu dans ce monde et fixa sa demeure parmi les hommes pour abolir ta tyrannie et délivrer le genre humain ; sur la croix il triompha des puissances ennemies... par sa mort il a détruit la mort, c’est-à-dire toi-même, le Diable. !...
    • Puis le pope fit un signe de croix sur le front, la bouche et la poitrine du poupon qui écarquillait les yeux mais restait coi. Par trois fois il renouvela l’exorcisme.
  • Un murmure me fit tourner la tête et je vis que les gens peu recueillis palabraient entre eux. Une des femmes relevant sa sorte de mantille montra son collier d’or à sa voisine admirative.
  • Saisissant dans les bras de sa mère le poupon alors dénudé, le pope l’immergea totalement par trois fois dans le vaste bénitier. Cris et hurlements furent le premier cantique de la cérémonie. Essuyé dans un linge immaculé, le bébé cessa de pleurer en retrouvant les bras de sa mère. Le religieux prit alors un flacon que lui tendait son diacre et lui oignit de Saint Chrême le front, les yeux, les narines, les lèvres, les oreilles, les mains et enfin les pieds. Le Saint Chrême est un mélange de quarante huiles essentielles et d’huile d’olive, nous expliqua notre ami.
    • C’en était trop, le poupon aspergea le prêtre et sa mère d’un puissant et long jet d’urine, son mini sexe érigé dans une de ses premières érections !
  • Vaderetro satanas.... notre ami nous entraîna madame Kerdubon et votre serviteur dans la taverne dont un de ses côtés était garni de tonneaux. Bien sûr elle était sise en face l’église. Il avait fini sa pellicule et en remettrait une neuve pour la distribution de dragées et pain béni qui allait suivre l’office suivant le baptême. D’autres assistants nous avaient suivis et prenaient place les pieds sous les tables. Les joueurs de jacquet cessèrent leurs discussions et blagues de comptoir en nous dévisageant des pieds à la tête.
    • Une première micro boukali de retzina fut commandée. Le tavernier ne dit rien mais agita la tête de haut en bas pour dire : non ! Il nous fit voir d’un geste tout aussi sobre, que sur les tables aucune boisson n’était servie. Nous étions surpris mais finalement on se résigna.
    • La cérémonie terminée, le pope agita à nouveau sa cloche, tandis que les derniers fidèles sortaient de son église.
  • Le mastroquet saisit alors un plateau et commença à remplir des verres, sa femme accourue sortir du frigo les bouteilles commandées.
    • On est peut-être pas très très croyants... commenta le photographe... mais on a du respect !
  • Dans le ciel sans nuages, Hélios contemplant Rhodes arrivait près de sa méridienne. Les mecreas (mécréants) que nous étions avons sifflé notre retzina à la santé du nouveau-né !

 
On a retrouvé les vestiges du phare d’Alexandrie, on ne trouva point ceux du Colosse. Avait-il réellement les pieds plats et non pas d’argile ?... Il nous est arrivé de trouver des épluchures d’orange... alors qui croire ? Une de nos cousines prof d’histoire affirma en parlant du château : « L’appareil est bien conservé »... Mussolini en rit encore !

 

 
Kerdubon

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