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Accueil du site > Littérature maritime > Les aventures du capitaine Kerdubon > Nuits câlines

Rubrique : Les aventures du capitaine Kerdubon

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Nuits câlinesVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié 9 juin, (màj 9 juin) par : Collectif Salacia   

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Mots-clés secondaires: navigation_divers , Traditions_cultures

NDLR merci à “Kerdubon” capitaine, marin, conteur et explorateur...

Nuits câlines

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Cholon La rue des marins

Exploration à Cholon

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Cholon 1952

Délaissant l’enfilade de bars et de boites de Can Hoï, le quartier du port, négligeant le « vieux Cambodge »... longtemps tenu par une lorientaise, ou le « Kim Son »... non loin du pont sur l ‘arroyo, en face du commissariat de police, peint d’un bleu pastel incroyable, Joachim et ses camarades préféraient d’un coup de pousse-pousse se rendre à Cholon. Ils y passèrent d’agréables soirées, sans cesse étonnés par ce qu’ils y voyaient.

Cholon était une ville entièrement Chinoise dans Saïgon. Ses rues grouillantes étaient éclairées par des milliers d’enseignes lumineuses. Négligeant théâtre et pagodes, les vaillants compères du « Mézidon » allaient directement dans les endroits où l’on trouve... tout, c’est-à-dire principalement, les immenses et luxueuses boites comme... « le grand monde »

Entourés d’une nuée prévenante de ravissantes, riantes et piaillantes... hôtesses, communément appelées entraîneuses. « Juste pour se mettre en appétit gast !  » comme disait le grand méchant loup de Dol [1], ils commençaient par... manger.

Mise en bouche à Cholon

Parfois, c’était dans un salon luxueux orné de jades, laques et cristaux valant des fortunes. Chacun avait deux hôtesses délicates et expertes pour veiller à son confort et éviter la casse dans la fine porcelaine précieuse. Ils avalaient alors avec componction, de suprêmes... soupes, en évitant les slurpps causés par les étranges cuillères épaisses. Le petit doigt en l’air, ils dégustaient en silence les tendres morceaux de caneton laqué... « Rien à voir avec le célèbre Canard de Cholon !  »... commentait alors l’iconoclaste primate dolois. Généralement, ils achevaient leur dîner, par une... gâterie sucrée : de préférence du gingembre confit... « Bon pour la force ! »... disaient les gamines en riant. Puis, elles passaient à nouveau des serviettes chaudes sur leurs visage... Bref, tout comme au dragon bleu de la rue du commerce à Vesoul de nos jours... tout le monde sait que les plus fins des cuisiniers ont pu rallier notre mère Patrie avant le départ du... dernier boat people... la grande épuration rouge... étant plutôt portée sur la... soupe populaire. Remarquez une fois de plus amis lecteurs... que ceux qui criaient et barbouillaient sur nos murs : Halte à l’impérialisme colonial... et qui ont dans une certaine mesure été responsable du drame qu’à vécu ce pays et ses voisins... notamment le Cambodge avec ses deux millions de gens massacrés... ces pays si chers dans nos souvenirs de marins... sont indubitablement clients du... « dragon bleu ! »

Regardés fixement d’un œil vague devenu langoureux et... aspirateur par leurs hôtesses devenues muettes et respectueuses, ils sortaient en vrac de leurs poches, un tas de nyatts crasseux, le jetaient négligemment sur la nappe aux fines broderies pour régler l’addition, tout en sirotant avec volupté le... choum spécial du patron, de l’alcool de riz, dans les petites tasses chinoises dont le fond laissait apercevoir... une femme dénudée. C’était vraiment ce qui se servait de mieux, de plus raffiné... qu’ils avaient dégusté dans ce Grand monde...mondialement réputé parmi le...monde Jaune.

D’autres soirs, ils préféraient se mettre au coin d’un des bars du rez-de-chaussée de cet immense établissement. En sifflant leur bière Larue, ils grignotaient alors des encornets farcis de céleri, du poisson fumé arrosé de nioc-manh, des boulettes de bœuf à la menthe, trempées dans une sauce au soja, ou encore des tchiaho, crêpes à la viande de porc. Les entraîneuses qui les servaient, ne se gênaient pas pour picorer dans leurs bols... entre deux rires et commentaires. En contre partie, histoire d’essuyer ses mains... comme disait notre ami d’Ille et Vilaine, d’un geste lent et baladeur... mine de rien, ils caressaient quelques rondeurs... bien placées par la nature.

Les belles du grand monde à Cholon

Après être rassasiés, et déjà pas mal abreuvés, ils pénétraient ensuite dans l’une des grandes salles où l’on dansait et flirtait, en ayant choisi l’orchestre de leur style ptéféré. Tout en buvant, discutant, et riant avec les nombreuses entraîneuses toutes plus belles les unes que les autres, ils finissaient par se choisir... l’âme sœur du jour... où plutôt de la nuit.

Le Grand Monde comme tous les autres établissements de luxe de ce genre à Cholon, était un lieu de perdition...le mah-quis des richards Chinois, des commerçants fortunés, des trafiquants de tout poil, des officiers de toute arme rescapés de la plaine des joncs, des jarres ou d’autres lieux aussi chauds et mortels, des colons sortis de leurs plantations d’hévéas, des fonctionnaires... plus ou moins hauts. Le Mah-quis est le mauvais génie dans des légendes Indochinoises... et probablement Khmères ou Chinoises.

ndlr : [2]

 

Cholon l’enfer et le vice

Il y avait des codes, des pistes à suivre, des traquenards, des retours à la case départ, des rires... des larmes... du sang et des meurtres. Des rivalités de cœur, de religion, de secte... plus ou moins secrète, de confrérie, de congrégation... etc...

Dans une immense salle au fond, ainsi que dans les étages qui donnaient sur cette salle par des balcons aux rebords cirés par des générations de mains moites d’anxiété, régnait... l’enfer du jeu contribuant à la richesse de l’établissement.
Dans des cris hystériques, des exclamations heureuses ou dépitées, dans un bruit de dés, de dominos à mah-jonc, entre deux « rien ne va plus » des roulettes... des fortunes changeaient de main. Dans la fumée qui s’élevait autour des tablées de joueurs, on vidait, parfois remplissait, les petits sacs ou paniers, qui avaient contenu les mises des joueurs agglutinés aux balcons des étages, et qui étaient descendus puis remontés à l’aide de ficelles... plus ou moins grosses.

Dans les étages, la fumée bleue des cigarettes noires ou blondes, devenait plus jaune et plus lourde. Elle sentait la châtaigne grillée, dans les secteurs cloisonnés, où l’on tirait sur le bambou. Autrement dit fumait de l’opium... Notez que le régime Communiste qui remplaça les Américains, supprima le choum et l’opium... on comprend bien que ce régime... sec ait déplu à certains. Dans d’autres chambrées, on y forniquait carrément... en couple ou en groupe.

Conclure à Cholon

Nos amis ayant levé leur compagne, préféraient partir vers un bar sympathique et discret où ils avaient pris quelques habitudes. Le tourne-disques Teppaz, orgueil de la patronne, une grosse et amicale Cambodgienne, éternelle fiancée d’un officier de plus en plus... supérieur... au fur et à mesure des tournées qui lui étaient offertes, passait inlassablement le premier disque de Georges Brassens, le sympathique gorille et celui de Gilbert Bécaud... Monsieur Cent mille volts !... Il faut rendre à César ce qui lui appartient... les filles préféraient le gorille !

Puis ils partaient en couple, redécouvrir chaque soir, la gentillesse, la douceur, et la patience d’une amante experte.

 

 

Kerdubon


[1] Joachim est originaire de Dol en Bretagne

[2] images d’archives pour le cabaret « le grand monde », extraite du site : http://saigon-vietnam.fr/saigon_en7.php

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