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Pratiques et Techniques de la Plaisance

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Accueil du site > Forum technique > Au mouillage -forum- > Evolution mouillage

Rubrique : Au mouillage -forum-

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Evolution mouillageVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié 7 mai, (màj 7 mai) par : Patrick Coutin  image   

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Bonjour, loin de moi l’idée de relancer la guerre des ancres, qui est un beau débat par ailleurs, mais juste l’envie de vérifier mon raisonnement, avant de changer d’ancre.

Mon bateau fait 24 tonnes, 16 m de long, il est équipé d’une ancre de 30 kilos CQR Lewmar, rouillée à la pointe... qui doit avoir 30 ans, de 100 m de chaine de 12, avec anneau de liaison à 65 m... Un peu trop rouillé à mon goût.
Dans des conditions un peu dures, mais jamais vraiment au-dessus de 40 nœuds de vent, la CQR ne m’a jamais lâché.
Alors pourquoi la changer ? Là où je navigue les zones de mouillage sont de plus en plus encombrés, je trouve les vents de plus en plus capricieux, et la CQR à vraiment besoin d’être accrochée pour tenir.
Parfois, fois pour crocher, (exemple Porquerolles) il me faut quatre ou cinq marches arrière. Ca laboure le sol, et ça dérange les voisins…Et c’est quelquefois impossible de trouver l’espace. Donc il m’arrive de plus en plus souvent de jeter l’ancre et 25 m de chaîne, ce qui suffit en général du côté de Cannes pour déjeuner, mais ce n’est pas envisageable en Corse ou vers le Languedoc... Donc, changement d’ancre, pour quelque chose qui croche plus vite et sur un peu tous les fonds.

Je pars des données suivantes :

– 60 nœuds de vent sur un bateau comme le mien développent environ 4500 kg de poussée
– la charge de rupture d’une chaîne de 12 « normale » : 5000kg
Lewmar donne la 60 livres (2200 E !!!) pour des bateaux de 15 à 18 m.
La moyenne de tenue trouvée sur les essais pour une Lewmar de 20 kg et de 800 kg… Donc pour la 30 peut être 1200… Je pense qu’en étant mouillé au bon endroit, correctement et avec beaucoup de chaîne, la tenue est quand même bien supérieure, mais sans doute inférieure aux ancres modernes… Par ailleurs la CQR glisse plutôt comme il faut dans le sable. Il me faut au moins aussi bien évidemment, avec crochage plus rapide.

Mes recherches m’amènent à envisager :
• Garder la vieille CQR avec 25 m de chaine + câblot en secours
• Garder la chaîne de 12.
• Changer et garder une manille pour la liaison chaîne encre de préférence en acier galva …ou remplacer les 35 derniers mètres de chaîne par du câblot. Quel intérêt ? Et quels problèmes potentiels avec le guindeau ?
• En ce qui concerne les ancres et malgré le peu d’essais finalement, récents, il semble que les meilleures performances soit chez :

Spade, Rocna, Mansion et Mantus ?

Voilà la recommandation fabricant pour 50 nœuds de vent :
Rocna : 40 kg :
Spade : S180 : 45 kg ;
Manson : 67kg
Mantus : 47 ou 57 kg :

La Manson semble difficile à trouver en France.
Reste Rocna, Spade et Mantus.
Spade est une valeur sure.
J’aime bien l’idée d’un anneau de retournement…
La Mantus semble crocher plus vite, Mais j’ai peur qu’elle soit un peu lourde en 57 Kilos pour mon vieux guindeau Sea Lion.
Les prix sont à peu près équivalents.
Pourquoi de la différence de poids aussi importantes ?
Mais en fait les 3 choix semblent bons, reste a vérifier celle qui est la mieux adaptée à mon davier.

Où sont les points faibles dans mon raisonnement ?

Par avance merci pour l’aide et le temps de celles ou ceux qui passeraient par la...

PC

UP


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16 Messages de forum

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  • 7 mai 15:45, par yoruk écrire     UP Animateur

    Ha joli point de discutions...Mais ici sur PTP, ça reste toujours fréquentable...

    Je ne peux livrer que mon point de vue, lié à mon expérience des mouillage forains... Grande à la vérité mais limitée à un type de bateau, et à une région (vaste, il est vrai : la méditerranée orientale)
    je suis persuadé qu’il faut considérer sa ligne de mouillage sous au moins trois aspects

    1. Primordial : sa tenue
    2. Non moins important : la facilité avec laquelle on peut la larguer et surtout la remonter, en cas d’urgence, dans des conditions extrêmes
    3. Son poids et son encombrement dans un endroit du bateau, l’étrave, sensible à l’équilibre de route

    D’emblée, toutes les ancres modernes, chargées en pointe, sont efficaces, et certainement plus efficaces que les ancres anciennes, y compris la CQR. Il est prudent de les choisir un peu plus lourdes que les préconisations des constructeurs Une des raison, et ce n’est pas neutre, leur poids permet une descente plus rapide et souvent de meilleures condition d’accroche

    En suite, et c’est intangible : tous les utilisateurs estiment que leur ancre est la meilleure. Entre ce sujet et celui des batteries, il y a de quoi animer les soirées dans un carré !!! Conséquence : tant que l’on a confiance dans son ancre, on n’en discute pas. Le jour où l’on perd cette confiance... c’est fini, on cherche ailleurs et on trouve la meilleure ancre du monde... Normal, c’est la sienne !!! C’est ainsi que je suis passé de la Delta, ancienne meilleure ancre de monde pour moi, à l’époque, à la Rocna, évidemment, la meilleure ancre du monde...

    Je blague, mais ça a quand même été étudié : passant des mouillages turcs dont je connaissais pratiquement tous les fonds, à d’autres mouillages moins connu, je me suis interrogé sur la tenue de la Delta, pour finalement comprendre une notiion bien approchée dans le fil sur les ancres et les mouillages, ici sur PTP : http://www.plaisance-pratique.com/b..., fil vieillot aujourd’hui, mais qui contient un post expliquant pourquoi, il faut connaître la nature des fonds, celui de Negofol du 26 février 2013, montrant que les pro prennent en compte de façon primordiale, la nature des fonds, pour choisir une ancre adaptée

    On n’embarquera pas une foultitude d’ancres à bord pour répondre à tous les besoins, mais on sait (je sais !!!) que la surface et la forme de la pelle sont importants, pour une tenue dans des fonds de sable ou de vase molle... Ce qui élimine les CQR, les Delta, les ancres à jas... ceci posé, il ne faut pas qu’elles se retournent, une fois posées. Là, la présence d’un arceau est une garantie, ce qu’on bien compris les concepteurs modernes : Spade, Rocna, Mansion et Mantus... Votre choix !!!!!

    La cconception de la ligne de mouillage mérite de l’attention

    • Certains préfèrent tout en chaîne, et j’en connais qui sont des marins confirmés, navigant solo, ce qui explique ce choix, mais 60 m de chaîne de 12 + un guindeau + une ancre de 20 kg à l’étrave, aura une conséquence : 200 kg à l’avant, en navigation
    • D’autres préfèrent mixer leur ligne chaine/cablot, allégeant tout en donnant de l’élasticité au mouillage
    • Artimon a développé un tableur permettant de calculer le forces mis en oeuvre et les résistances des lignes : http://www.plaisance-pratique.com/I...
    • Longtemps adepte du toute chaîne, la lecture du tableur m’a amené à revoir mon concept, sans pouvoir adopter le système d’amortisseur à plat d’Artimon, j’ai opté pour un système de ligne mixte, réglable via une main de fer prise sur la chaîne et deux câblots plongeant depuis mes daviers d’étrave : http://www.plaisance-pratique.com/G... ce qui en fait bien sûr, le meilleur système du monde !!!

    Michel

    Répondre à ce message

  • 7 mai 16:15, par Négofol écrire     UP Animateur

    Le fil signalé par Yoruk reste valable, notamment l’importance de la nature du fond...

    J’ai fait par curiosité une petite recherche pour savoir qui propose la Bügelanker originale :

    http://www.avcmarine.de/index.php?r...

    disponible de 7 à 80 kg en galvanisé et 6 à 60 kg en inox A4 :

    http://www.avcmarine.de/index.php?r...

    et je découvre dans le texte une petite remarque :

    Robuster Universalanker für unterschiedliche Ankergründe, besonders geeignet für Sandboden

    Soit : ancre universelle robuste pour fonds variés, particulièrement adaptée pour fonds sableux...

    L’angle de la Bügelanker fait 30 ° environ, soit la valeur du manuel Stevpris pour le sable...

    Répondre à ce message

  • 8 mai 07:37, par lysigee écrire     UP  image Animateur

    Bonjour
    Yoruk et Négofol ont dit à peu près tout ce qu’il fallait. Je n’ajouterais que quelques remarques :
    1- Je suis persuadé que en de hors de la nature du fond, l’élément important dans une ligne de mouillage c’est le poids. Ce poids est déterminé par le poids de l’ancre et par le poids de la chaîne. Je suis donc partisan d’une ligne de mouillage tout chaîne.
    2- Le cablot a l’inconvénient de rallonger la ligne. Dans les mouillages encombrées du sud de la France (ou d’ailleurs), un faible rayon d’évitement est primordial. J’opterai pour une ancre lourde pour pouvoir mettre un minimum de chaîne, bien sur en respectant la règle minimale de 3 x la hauteur d’eau.
    3- cher yoruk, sur nos petits :) bateaux, 200 kilos à l’étrave, c’est important, sur un 22 tonnes c’est peanuts
    4- pour un bateau de 22 tonnes, je trouve un peu petit une chaîne de 12. La rupture d’une chaîne est chose rare, sauf si la chaîne est coincée dans des rochers. Un bateau de 22 tonnes a aussi en général un fardage plus important qu’un de 8 : Je prendrai du 14. Bien sur le guindeau doit être dimensionné pour tout remonter, et son alimentation électrique en conséquence.
    5- Rocna, Spade ou autre, je ne sais pas. Nos ancres respectives sont les meilleures du monde, mais l’important est de connaitre leurs caractéristiques : je sais que ma Delta ne tient pas beaucoup dans les fonds de vase molle, dans ce cas, je rallonge le mouillage. Et dans tous les cas j’essaye de trouver un bout de sable.
    Voici ma configuration pour donner un exemple :
    bateau de 8 tonnes, ancre delta de 25kg, 60m de chaîne de 10, 50m de cablot pour mouiller dans des fonds supérieurs à 20m (j’essaye d’éviter), une Fob plate de 15 avec 15m de chaîne (à laquelle je rajoute le cablot) en secours (si je suis obligé de laisser le mouillage principal au fond ; ça m’est arrivé ancre engagée dans un rocher). Pour les cas désespérés, j’ai aussi une CQR de 30 kg, que je pense ajouter au bout de la chaîne avant le cablot pour alourdir le mouillage
    Robert
    sur Lysigée à Licata

    Répondre à ce message

  • 8 mai 09:51, par Piou écrire     UP

    Que rajouter aux « cadors » du site ? On ne peut qu’être d’accord avec leurs réponses.
    Je n’ai certes pas assez « dérapé » pour être un spécialiste du mouillage forain...pour plus de 100 mouillages par an. Mais une CQR de 30kg sur un bateau de 24 tonnes... ça me donne des frissons dans le dos ! Dans les années 70 j’avais une CQR de 12kg sur mon mono de 1,2t ! À l’époque où la CQR était la meilleure ancre du monde, c’est à dire avant l’arrivée des ancres modernes, Delta chronologiquement en tête ! Et le rallongement des deux chaînes me laisse songeur aussi... Je suis toujours étonné de voir des marins économiser 200€ sur un chaîne ou une ancre sur un bateau de 2 ou 300K€, voire plus !
    Spade ou Rocna...ça va plus sûrement dépendre de la « dispo » locale pour faire un choix... les 2 autres, je ne connais pas !
    La chaîne de 12 me parait bien faible pour 24 tonnes, 50m mini bien sûr... après se pose le problème de la liaison chaîne-bout ! Belle empoignade en perspective sur le forum ! Personnellement je fais une épissure...mais je la refais à chaque utilisation car en 48h elle prend un sacré coup de vieux ! avantage : ça passe dans le guindeau.
    Et de toutes façons ce sera infiniment mieux qu’une CQR !
    Bons mouillages et... peu de vent !

    Répondre à ce message

    • Bonjour et merci pour votre aide.
      Ma chaine en fait est du 1/2 (12,7 ?), et mon bateau est très loin de valoir 200 ou 300 k, c’est un vieil Irwin 52... Le mouillage actuel est celui qui était sur le bateau quand je l’ai acheté ;
      Avec ce mouillage je n’aurais jamais pris le risque d’affronter des plus de 40... et pour être honnête, j’ai appris, depuis tout petit, à fuir le gros temps, et la terre par grand vent.

      L’ancien propriétaire m’avait transmis sa technique de mouillage, et l’un dans l’autre, j’ai tenu 12 ans… l’heure étant venue de passer à autre chose…

      Si je synthétise vos avis, comme je n’ai pas les moyens de changer le guindeau, la chaine (100m de 13 : 4800 e !), et l’ancre, d’un seul coup, je vais commencer par mettre l’ancre la plus lourde possible et garder les 100m de chaine...

      Deux questions cependant :
       vous semblez dire que relier 2 chaines de même diamètre par un maillon de connexion est incorrect ? J’ai bien compris ?
       Comment expliquer les préconisations de poids (pour un bateau a peu près équivalent) si différentes entre les constructeurs ? Surface ? forme ?

      Par Ex : Delta : 18m : 32 kg
      Rocna : 16m - de 42 tonnes : 40 Kg ,1945 cm2
      Spade : - de 23m, - de 26 tonnes : 45 KG, 1800 cm2
      Mantus ; 15m, - de 25 tonnes : 51kg, 2160 cm2
      Manson supreme : 16 m : 67 kg

      Toujours merci.
      Amitiés.
      PC

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      • 8 mai 19:43, par Négofol écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

        Pour le problème du maillon, il est constant qu’un maillon à riveter ordinaire est beaucoup moins résistant que la chaîne de même diamètre : par exemple Plastimo :

        https://www.plastimo.com/fr/mouilla...

        Le maillon de 12 a une charge de rupture de 1800 kg, alors qu’une chaîne de 12 a une charge de rupture de l’ordre de 7 tonnes....

        Il existe des solutions plus élaborées de meilleure tenue, mais qui ne passent pas sur les barbotins du fait d’un encombrement supérieur et nécessitent souvent un maillon large en bout de chaîne. Ces maillons, venus du monde du levage ne sont pas toujours disponibles en galvanisé...

        Voir ici : http://www.plaisance-pratique.com/c...

        Répondre à ce message

  • 9 mai 07:54, par Piou écrire     UP

    Il faudrait vérifier exactement quelle est la taille de votre chaîne, car le barbotin de votre guindeau ne doit pouvoir accepter que celle là... ou sinon il faut juste changer la poupée de barbotin, avec la difficulté de trouver une pièce de rechange pareille sur un vieux guindeau...
    Sinon, chez Bigship la chaîne de 14 est à 16,2€ le mètre pour 9,6t de rupture et chez AD il y a de la chaîne de « 12 force7 » (grade 70 ?) à 18,50€ le mètre pour 15,8t de rupture. aDur, dur le choix !!
    Bien sûr, attendez une promotion quelconque pour avoir 10% sur l’ancre, c’est un minimum ! 40kg Rocna ou 45 Spade si j’en crois leurs tableaux... À noter que dans les-dits tableaux ils ne sont pas généreux sur la taille de la chaîne !

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    • 9 mai 09:02, par Négofol écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      Le dimensionnement de la chaîne dépend des hypothèses retenues.

      Si on considère qu’une ancre peut fournir au plus un effort de retenue de 50 fois son poids, comme l’indique le manuel Vryhof (parfois 60 dans des conditions exceptionnelles), une ancre de 40 kg produira au mieux une résistance de 2 tonnes et une chaîne de 7 pourrait suffire !

      Toute dimension supérieure revient d’un souci d’amélioration de l’amortissement par effet caténaire et de la compensation de l’usure/corrosion.

      (60 est la valeur retenue pour les essais de résistance des ancres par les sociétés de classification pour les petites ancres : 3 t pour 50 kg : p 127 du manuel Vryhof, qui est une mine d’information)

      Répondre à ce message

  • 9 mai 10:27, par yoruk écrire     UP Animateur

    Negofol a parfaitement analysé les limites de la connexion de deux chaînes... Reste la question de l’hétérogénéité des offres de poids. En fait il faut observer leurs aptitudes à la tenue, sur des fonds différents, ce qui amènera à des offres marketing hétérogènes. Mais, ça, les vendeurs ne le disent pas.
    Grossièrement :

    • Plus les ancres sont anciennes, plus les concepteurs ont eu tendance à jouer sur le poids pour compenser le manque de surface. C’est la cas des ancres à jas, des CQR et des ancres en soc de charrue (dont la Delta)
    • Les ancres modernes jouent sur leur géométrie, et la répartition des poids, recherchant l’augmentation de la surface, sans nécessairement s’obnubiler sur le poids. L’exemple extrême est la Fortress.
    • Tout ceci interférant la qualités des fonds. Finalement, il n’y aura pas d’ancre universelle, mais une synthèse des besoins habituels du skipper.

    Au résultat, on observera sur les pontons : des Delta en première monte, lié à leur prix de revient, des CQR chez beaucoup de britaniques, c’est culturel, et beaucoup de Bügel (malheureusement souvent copiées et de qualité aléatoire), Spade et Rocna. Et... de plus en plus en ancre secondaire, des Fortress, démontrant que la surface de la pelle, peut l’emporter sur le poids de l’ancre.
    Pour finir, le ratio surface/poids chez Rocna... Curieusement, Delta ne communique pas sur la surface de ses pelles...

    poids surf/pelle ratio
    40 kg 1945 cm² 49 cm²/kg
    33 kg 1695 cm² 51 cm²/kg
    20 kg 1140 cm² 57 cm²/kg

    Michel, à Riposto

    Répondre à ce message

  • 9 mai 12:10, par Patrick Coutin écrire     UP  image

    J’ai bien compris. Je descend au bateau demain et je vais prendre toutes les mesures de barbotin, de guindeau, de chaine et de place pour l’ancre. En attendant de changer ma chaine, je vais déjà remplacer le maillon par un neuf. Et voir si l’un de ceux préconisés par Négofol peuvent le faire.
    Le Vryhof, que j’ai téléchargé, reste un livre un peu ardu, mais ce que vous dites sur le poids et la surface m’amène à penser : à conception égale l’ancre la plus lourde et la plus large sera le mieux...
    (Je n’ai pas réussi à comprendre ce qui peu se passer une fois la résistance limite atteinte : L’ancre casse ? S’arrache ?)
    A noter que le ratio poids/surface baisse avec le poids qui augmente. Sur la Mantus 51, il tombe à 42.
    Donc en théorie, si pour mon bateau je veux résister à 60 noeuds de vent produisant une poussée de 6T, il me faut une ancre de 110kg. Et la chaine qui va avec. Le tout correctement planté.
    Impossible mais ça complète le raisonnement.
    Je persiste à penser que les infos fabriquant sont frustrantes. Cette question de rupture mériterait d’être renseignée systématiquement.

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    • 9 mai 15:06, par yoruk écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      CMU de l’ancre

      Mantus, Manson, Delta, Rocna, toutes sont « garanties à vie contre la casse ». Pas de soucis de ce côté là. Elles peuvent juste se déformer, puis chasser et quand elles chasseront, la charge diminuera.
      En fait, il faut penser à l’équilibre de la ligne de mouillage, avec autant de fusibles qu’elle contient de segments, de façon à ne pas perdre toute la ligne en cas de rupture. Dans l’ordre, de la CMU la plus faible, vers la plus élevée

      1. la jonction chaîne/ancre... en cas de rupture on ne perd que cette jonction et l’ancre
      2. la chaine, en pensant que la limite de résistance est celle du maillon le plus faible
      3. l’épissure chaîne/câblot, en cas de mouillage mixte
      4. Le câblot

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    • 9 mai 15:47, par Négofol écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      Les tableaux et graphes à la fin du manuel Vryhof donnent la limite de tenue (soit au-delà : l’ancre s’arrache du fond ou dérape).

      Les sociétés de classification prennent cette valeur comme limite de tenue mécanique en essai pour s’assurer que la conception et la réalisation de l’ancre permettent de le faire sans défaillance structurale de l’ancre.

      Il est normal que le rapport surface / poids diminue avec l’accroissement de la masse car, pour une ancre géométriquement identique, le poids varie comme le cube et la surface comme le carré du facteur d’agrandissement : une ancre deux fois plus grande aura une surface multipliée par 4 mais un poids multiplié par 8. C’est la raison pour laquelle le coefficient de tenue diminue avec la masse : par exemple, dans le tableau page 127 du manuel Vryhof, la résistance exigée en test d’une ancre de 50 kg est de 2,97 tonnes (coefficient 60) et d’une ancre de 100 kg de 4,73 t seulement (coefficient 47), car la surface rapportée au poids est moins favorable !

      Il peut y avoir des cas exceptionnels : je me souviens avoir lu que Bloodhound, le yacht royal du Royaume-Uni, avait été sauvé lors d’une tempête par son ancre (traditionnelle) qui s’était coincée entre deux rochers malgré la rupture des pattes et avait tenu jusqu’à transformer la chaîne en barre rigide....

      Quand à la liste de Yoruk, il faut rajouter les apparaux de mouillage : davier, taquets, guindeau, bloqueur, souvent sous-dimensionnés (ou leurs fixations...) : c’est d’ailleurs cette résistance qui est donnée dans la norme ABYC H 40, pas celle de la ligne de mouillage....

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  • 9 mai 17:04, par Négofol écrire     UP Animateur

    Pour information, la fameuse table 1 de la norme ABYC H 40, souvent citée comme référence.

    Cette table (qui date des années 50) est intéressante en ce sens qu’elle était initialement intitulée « Ground tackle loads », soit efforts de (ou sur ?, pas clair en anglais) la ligne de mouillage, et largement utilisée comme guide utilisée pour dimensionner les mouillages.

    Lors de la présentation de l’édition de 2003, Tom Hale, le directeur technique de l’ABYC, a précisé que ce n’était pas une table d’efforts exercés sur la ligne de mouillage, mais un guide de dimensionnement des apparaux de mouillage et le titre a été modifié : « Design loads for sizing deck hardware ».

    Les valeurs correspondraient à un vent de 30 kts (Working) et 42 kts (Storm). Pour un ouragan à 60 kts, il faut donc doubler les valeurs de la colonne Storm.

    Il a précisé qu’elle pouvait être utilisée pour dimensionner le mouillage, mais que les valeurs prenaient en compte un solide (« hefty ») coefficient de sécurité (certains analystes parlent de x 3 voire 4...)

    JPEG

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  • 9 mai 17:24, par Négofol écrire     UP Animateur

    Pour illustrer ce problème de coefficients, un tableau établi par un architecte naval, Smith, qui a fait de nombreuses mesures d’efforts réels sur mouillages.

    Par exemple, le tableau ABYC indique pour un bateau de 50’ et 60 kts de vent un effort de 6 400 lbs (3 200 x 2), alors que le tableau de Smith donne une valeur de 2 211 lbs (sloop, 2 764 lbs pour un ketch), soit un coefficient de 3 environ...

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    • On ne dira jamais assez combien ces discussions sur le forum aident à mieux cerner les questions. J’avais pas mal cherché et lu, avant de démarrer ce fil, mais j’avais le sentiment que quelques points restaient imprécis, voire sur ou sous évalués.
      Je sais beaucoup mieux maintenant ce qu’il faudrait faire, ce que je peux faire, et ce que je vais faire, dans quel ordre.
      Je sais aussi que si je dois me faire 40 noeuds de vent au mouillage, avant d’avoir pu changer de chaine, (ce qui me parait parti pour pas être simple), je prendrais une ou deux mesures préventives...

      Je vous remercie pour votre réflexion, votre expérience partagée et votre amitié. Bon vent et bonne mer.
      PC

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