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Accueil du site > Articles > Instruments > Electronique de navigation > Le MMSI : programmation et modification

Rubrique : Electronique de navigation

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Le MMSI : programmation et modificationVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Janvier 2015, (màj Janvier 2015) par : Négofol   

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L’attribution d’un MMSI à un navire découle de l’article 19 de la Convention Internationale de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications) :

Article 19
Section I. Dispositions générales
735 § 1. (1) Il est interdit à toute station d’émettre sans signal d’identification ou en utilisant un signal d’identification trompeur.

Avant l’utilisation des procédures automatisées ASN/DSC, la VHF sur les bateaux servait essentiellement pour prendre la météo, appeler des bateaux voisins, contacter les autorités portuaires, et plus rarement lancer des messages de détresse sur le 16.

L’identification de la station était faite en phonie en clair : « Ici, bateau Tartempion… ».

Depuis quelques années, sont apparus des moyens de communication capables de transmettre automatiquement sans l’intervention d’un opérateur, ce qui a nécessité de prévoir un système d’identification automatique de la Station.

Initialement débuté avec les terminaux satellites type Inmarsat, ce système a été étendu à tous les moyens sous le nom générique de MMSI ( Maritime Mobile Service Identity).

L’attribution de cette identité, qui apparait sous la forme d’un ensemble de 9 chiffres est régie par la Recommandation UIT-R M.585-6 (en PJ).

A noter que le premier chiffre indique la nature de la station ou le continent :

  • 0  : groupes de navires, stations côtières ou groupes de stations côtières
  • 1  : aéronef impliqués dans une opération SAR de SAR (Search And Rescue = Recherche et sauvetage) (ITU-R recommendation M.585-4). Avant c’était utilisé par l’Inmarsat.
  • 2  : navire dont l’état pavillon se trouve en Europe
  • 3  : navire dont l’état pavillon se trouve en Amérique du Nord, en Amérique centrale ou en mer des Caraïbes
  • 4  : navire dont l’état pavillon se trouve en Asie (hors Asie du Sud-Est)
  • 5  : navire dont l’état pavillon se trouve en dans l’Océan Pacifique, l’Est de l’Océan Indien ou dans le Sud-Est de l’Asie
  • 6  : navire dont l’état pavillon se trouve en Afrique
  • 7  : navire dont l’état pavillon se trouve en Amérique du Sud
  • 8  : récepteur VHF portable doté de fonctionnalités d’Appel Sélectif Numérique et de positionnement par GNSS
  • 9  : équipements divers nécessitant l’usage du MMSI (SART-AIS, MOB-AIS, MOB-DSC, EPIRB-AIS, embarcation, aides à la navigation)

Les chiffres suivants identifient l’administration qui exerce sa juridiction sur la station de navire : par exemple 226 à 228 indiquent la France métropolitaine, 347 la Martinique, 635 les Kerguelen (et les navires du RIF… pour l’IUT, les Kerguelen sont en Afrique).

La situation en France

Chaque état (en France : à travers la législation et l’ANFR) a en charge de transposer localement ce cadre. Nous ne parlons ici que des stations simplifiées (nous, bateaux de plaisance).

L’ANFR délivre la licence de station qui mentionne tout matériel homologué qui émet à bord (dont la VHF, l’AIS mais aussi le radar et les terminaux satellites) et le matériel qui reçoit des signaux sur une fréquence réservée non ouverte au public (exemple Navtex). L’ANFR délivre aussi les identifications éventuellement nécessaires (dont le MMSI pour la VHF/DSC et l’AIS émetteur).

Dans le cadre de procédures automatisées, l’identification de l’émetteur tient un rôle primordial dans les procédures de secours, ou dans une identification précise pour éviter une collision…

En particulier, les procédures suite à fortunes de mer, telles qu’abordages, font de plus en plus appel aux enregistrements des traces AIS pour déterminer les responsabilités.

Ce problème de MMSI n’est donc pas à prendre à la légère, considérant les implications juridiques : c’est un peu analogue au numéro minéralogique des automobiles.

Actuellement en France, la procédure d’entrée et de modification de ce numéro est assez floue pour les stations simplifiées :
http://www.anfr.fr/fileadmin/mediat...
Dans d’autres pays (USA, Royaume-Uni), le codage par une station agréée est imposé, comme pour les navires professionnels, et on peut noter que le site européen sur le sujet le prévoit explicitement :
http://www.egmdss.com/gmdss-courses...

Juridiquement, pour la programmation, c’est la règle du pavillon qui s’applique et un Français aura, dans l’état actuel de la réglementation, le droit de modifier lui-même son MMSI sur son bateau sous pavillon français, où qu’il soit.

Par contre, une infraction à l’utilisation du MMSI tombe sous le coup de la loi locale du lieu de l’infraction. La vérification des MMSI fait partie d’une inspection du bateau par les autorités de certains pays qui prennent ça très au sérieux (Espagne...) et ne font pas la distinction entre marine professionnelle et plaisance. Dans ces pays-là, il vaut mieux démonter un matériel mal codé et le mettre au fond d’un équipet, car sa présence visible, même coupé, peut amener à de sérieux ennuis...

Modification d’un MMSI

Pour l’installation d’un matériel neuf, il n’y a pas de problèmes de programmation : la programmation initiale peut être faite librement en France par le vendeur, l’installateur ou l’utilisateur initial, puisque tous les appareils (VHF DSC ou AIS) acceptent la programmation du numéro MMSI.

Le problème se complique pour une modification du MMSI car tous les appareils homologués refusent le changement par l’utilisateur du MMSI programmé.

Ce cas se présente par exemple lors d’un transfert de propriété du bateau avec changement de pavillon ou de l’achat d’un matériel d’occasion déjà utilisé sur un autre bateau.

Sur le plan technique, la procédure de modification est très variable suivant le matériel et même au sein de la gamme d’un constructeur donné. Parmi les procédures, on trouve par exemple :

  • combinaison de touches « secrète » (de moins en moins courant sous la pression des autorités car le secret est vite éventé),
  • fichier envoyé par le SAV du constructeur à charger dans l’appareil,
  • connexion par un câble spécifique à un PC sur lequel est installé un programme propriétaire (câble et logiciel hors commerce et chers, même pour le distributeur, ce qui explique que tous ne puissent pas le faire),
  • connexion en RS232 ou USB avec un PC et le logiciel proAIS (il faut les codes propriétaires pour changer le MMSI),
  • effacement du logiciel de la RAM et rechargement d’un nouveau logiciel « vierge » (accessoirement, on bénéficie ainsi d’une mise à jour).
  • présence sur l’appareil d’une interface Internet qui permet l’administration avec un simple PC et un logiciel Internet courant (si on a les codes d’accès) : solution qui se répand dans le matériel pro...

Certains constructeurs proposent ce service gratuitement ou pour un petit forfait (souvent indiqué sur leur site). D’autres constructeurs imposent le retour de l’appareil et facturent des frais plus ou moins importants. Enfin d’autres constructeurs laissent les revendeurs fixer leurs conditions...

La situation en France est donc favorable et il appartient à chacun d’appliquer avec rigueur la règle de mise à jour, car en cas d’incident sérieux un retour de bâton réglementaire est prévisible…

Par ailleurs, lors de l’achat de matériel d’occasion, il est nécessaire de vérifier si l’appareil a été réinitialisé ou de s’enquérir au préalable des conditions et possibilités de modification du MMSI, car, sinon, la bonne affaire peut s’avérer très mauvaise…

Caveat Emptor… C’est vrai depuis l’Antiquité et une base du droit anglo-saxon : « que l’acheteur soit vigilant ».

Il y a 1 documents disponibles.


1  
1.2 Mo  
r-rec-m.585-6-201201-i_pdf-f.pdf
UP


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