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Projet Corse à la voile : la météo, ouest et brises 3 janvier 2012 20:17, par yvesD

L’été en côtière en Corse, car c’est de celà qu’il s’agit, il faut retenir que la Corse est une montagne et cette partie de la méditerrannée est une cuvette bloquée de toute part par des montagnes, ça boue sur place et il y a obstruction partout.

L’aspect montagneux de la Corse et du nord bassin gène très visiblement les vents généraux du bassin qui sont des vents de l’échelle synoptique, où la dimension des phénomènes s’exprime en centaine de km et leur durée en (quelques) journées.

Le régime fréquent, d’ouest, est copieusement défléchi par la barrière Corse, créant au vent de la montagne (vers 30M) une ceinture de fort vent (abondamment cité dans l’ancienne littérature). vents d’ouest qui, s’ils le peuvent (assez d’énergie cinétique), passent au dessus de quelques « faibles » sommets (cap Corse, col entre St Florent et Bastia) pouvant donner les giffles phénoménales que se prennent les navigateurs surtoilés (beau temps sous le vent de la côte donc ...) entre Maccinagio et Cervione. Et la plupart du temps ils se contentent de contourner furieusement les extrémités nord (Giraglia au N du cap Corse, mauvais jusqu’à au moins 10-15M au N) et sud (bouche de Bonifaccio, pétole ou 40 noeuds) en en profitant pour accélerer. Le vent est fortement accéléré à proximité immédiate de ces obstacles et Il ne faut pas sous-estimer ou négliger l’acalmie qu’on peut trouver dès 15M au N de Giraglia (utile pour rentrer sur le continent en visant San Rémo pour arriver à Antibes sans dépasser 4 à 5B). Pas d’équivalent au sud car le goulet des bouches est pris entre les obstacles corse et sarde.
Le long de la côte ouest la moindre gène (cap) est utilisé sans vergogne par le vent d’ouest pour se renforcer localement. Tout cap est une aventure à passer, avec vent furieux et mer bouilloire. En plus le vent qui arrive d’ouest sur (disons) Ajaccio prend une composante NW au S d’Ajaccio et sud-ouest au nord d’ajaccio. En clair on l’espérait de travers, on l’a dans le nez. La composante SW entre Cargèse et Saint Florent est encore plus accéléré au niveau de la Balagne , relief pas trop important pourtant mais surchauffé ou ce ouest (ah, on l’appelle souvent mistral mais libeccio est plus exact) culmine.
Quelques plans d’eau sont très jouables même par ouest fort, dont la baie d’Ajaccio, le golfe de Propriano (deux abris à l’entré, cf autre post), la baie de Figari et surtout le Golfe de Porto Vecchio.

Le bassin entouré de montagne est une aubaine pour le réchauffement sur place, réchauffement qui bouche progressivement la visi (brume de chaleur) et creuse des dépressions termiques (sur le golfe de Gênes ou entre antibes et calvi ou entre bastia et l’italie) qui ne demandent qu’a amplifier (avalanche) la moindre entrée d’air froid et instable qui trainerait sur la France et la vallée du Rhone, entrée qui dévallera la vallée du Rhone pour s’épanouir en éventail au large du delta du rhone, avec sillon violent vers les baleares, panache incurvé vers l’E pour longer les côtes provence cote d’azur et arriver en ouest à SW sur la Corse. Ca c’est le mistral. Et le mistral creuse la dépression qui l’a créé (avalanche) et il faut que tout ça s’évacue. Les instructions nautiques et les Glenans décrivent abondamment le phénomène. Des règles simples (mais ça ferait un article à soit tout seul) de différence de pression entre espagne et nice permettent d’en prévoir la force.

Ce vent là n’est pas à confondre avec les brises, qui comme leur nom l’indique peuvent forcir jusquà 6B mais ces brises de mer (donc d’ouest, comme le précédent mais à moins de 15-20M des cotes) forcissent l’après-midi pour tomber avant le début de soirée. C’est du thermique donc c’est renforcé par les chaleurs locales, c’est aussi renforcé par les goulets comme le golfe de Propriano. Pas d’inquiétude, ça ne dure que quelques heures. Les règles des 4 secteurs du bouquin de Bernot s’appliquent

Et en gros, l’été, c’est soit du régime de brise qui va embrummer le paysage et dégénérer en mistral, soit du mistral qui va nettoyer tout ça et remplir les ports et bistrots.

Il y a des exceptions (juillet 2006) et alors on en profite pour passer toutes les nuits au mouillage et visiter toutes les criques en un Cavli-Proprioano qui peut prendre 15 jours (annoter à l’avance les criques sur les cartes en fonction du vent qu’elles protègent)

Ces variations de vent, en force et un peu en direction, se traduise par une mer qui n’arrive pas à s’établir (il faut de la constante en force et direction pour que les superbes abaques de fetch et de vent de la mer s’appliquent, qui est courte et teigneuse (epicycloidale plutot que sinusoidale) qui casse la progression et transforme tout près en a peu près (sauf pour les plus de 12m et quelques fins cata). La mer est hachée, beaucoup y ajoute un ’i’

Parmis les quelques désagrements notons le vent de S à SW entre ajaccio et bonifaccio : le navigateur faisant route du continent vers les bouches de Bonifaccio en passant au large d’Ajaccio mange son pain blanc s’ils s’autorise un près relaché et se rapproche trop de la côte car le vent refuse au sud d’ajjacio et l’imprudent devrai tirer des bords. Au large on ricanne de lui.

Enfin, le soir et la nuit, il est utile d’observer le papillotement des étoiles (les planètes ne papillotent pas), plus le papillotement est intense, plus il débute bas sur l’horizon et plus le risque de mistral imminent est élevé. Mais on peut tout aussi bien écouter inter-service mer à 20h04 (le temps en atlantique est précurseur du temps en med) et le bulletin côtier VHF, tout deux forts bien faits, c’est devenu presque déterministe. Les champs de vents grib de navimail (payant) sont fabuleux, en complément d’un bulletin expertisé évidemment.

Allez, qu’Eole te soit clément.

Yves.

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