Pratiques et Techniques en Plaisance
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En préambule : ce qui nous rapproche de Virgile, nous, marins de plaisance.
« Il existe un lieu au fond d’une baie : une île y forme un port,
ses flancs sont un obstacle sur lesquels vient se briser toute la houle du large qui se scinde dans des anses paisibles.
De part et d’autre, s’élèvent d’énormes rochers et deux pics qui menacent le ciel ;
à leurs pieds, les eaux silencieuses s’étendent à l’abri ;
par dessus, comme sur une scène, des arbres au feuillage tremblant, et l’ombre effrayante d’un bois obscur. »
Sources
Nous nous inspirons, outre nos propres sources, du travail de divers associations
ndlr : ces sources, très largement utilisées dans cet article, ne seront pas systématiquement citées. Mais leur style caractéristique les rend facilement reconnaissables
Alors, poussés par les présages des dieux, nous cherchons çà et là des lieux d’exil et des terres désertes ; sous les hauteurs d’Antandre, au pied même du mont Ida, nous construisons une flotte, incertains sur quel bord nous porteront les destins, où nous pourrons enfin nous fixer
Le mont Ida (en ionien-attique Ἴδη / Idê, en dorien Ἴδα / Ida) en Troade (ou Ida phrygien, par opposition à l’Ida crétois), actuel Kaz Dag (en turc Kaz Dağı), est une chaîne montagneuse (1774 m d’altitude au point culminant) de Mysie, en Asie mineure, délimitant la région de Troie.
Mythologie
Les légendes issues des textes homériques révèlent de nombreux épisodes mythologiques :
Géologie
Les fleuves Scamandre, Simoïs et Granique y prennent leur source, tout comme une multitude de rivières et de ruisseaux. Homère qualifie la chaîne d’« Ida aux mille sources » [1] . Les pentes des montagnes sont couvertes de forêts abritant un grand nombre de bêtes sauvages. Ida est également qualifiée de « mère des fauves » [2]
Ses forêts ont fourni le bois de construction d’une flotte construite par Phéréclos et commandée par Pâris afin de se rendre en Grèce, alors que son père Priam vient de devenir roi de Troie. Il est donc logique qu’Enée choisisse le golfe d’Erdremit, (ancien golfe d’Adramyttium ) et ses plages proches des forêts du Mont Ida pour construire sa flotte voir ces liens
Origine de la ville
Des traditions contradictoires concernant la fondation d’Antandrus ont circulé dans l’Antiquité.
Evolution de la ville
En raison de son emplacement entre mer et montagne fournissant les ressources en bois et en résine, matériaux essentiels pour la construction navale, Antandros fut convoitée par toutes les puissances militaires cherchant à développer leurs flottes de guerre (Lesbos, Athènes, Sparte).
Situation historique au moment de la chute de Troie
Troie, prise par surprise s’écroule brutalement. Hector est mort, Paris aussi, de même Priam. Pour Enée, c’est un séisme. Il doit d’abord se reconstruire, sauver sa famille, se retourner et rebondir et trouver un nouvel horizon, une nouvelle Troie. Ce sera l’Italie
Enéide livre II (795-805)
Alors seulement, la nuit étant passée, je retrouve mes compagnons.
Là, je découvre des nouveaux venus, ayant afflué en masse ;
je m’étonne de leur nombre : des matrones et des époux,
des jeunes gens rassemblés pour l’exil, foule pitoyable.
Ils étaient venus de partout avec leur courage et leurs biens,
prêts à prendre la mer vers quelque terre où je voudrais les mener.
Déjà sur les crêtes du haut Ida se levait Lucifer,
amenant le jour avec lui ; les Danaens tenaient assiégées
les portes de la ville, et aucun espoir de secours ne s’offrait.
Je cédai aux événements, soulevai mon père et gagnai les montagnes.
Dès la chute de Troie, voulue par les dieux, Énée rassemble des compagnons, construit une flotte dans la région de l’Ida et, au début de l’été, poussé par les dieux, il prend la mer vers des terres inconnues. (3, 1-12)
Enéide livre III (1-12)
Après que les dieux d’en haut eurent décidé d’anéantir l’Asie
et la race de Priam qui ne méritait pas ce sort, après la chute
de la fière Ilion, quand partout monte la fumée dans la Troie de Neptune ,
les augures divins nous poussent à chercher un exil lointain
et des terres désertes. Nous construisons une flotte,
près d’Antandros, au pied des monts de l’Ida de Phrygie,
sans savoir où nous portera le destin, où il nous sera donné de nous établir
Nous rassemblons les hommes. L’été avait à peine commencé,
et mon père Anchise nous pressait de confier les voiles aux destins.
Je quittai alors en pleurant les rivages de ma patrie et ses ports
et la plaine où Troie s’est élevée. Je suis un exilé emporté au large,
avec mes compagnons et mon fils, les Pénates et les Grands Dieux.
A Antandros s’établira la synthèse des moyens nécessaires au projet :
(Enéide Livre III)
« »L’été s’ouvrait à peine, quand mon père Anchise nous ordonna de mettre à la voile. (3, 10) Alors je quitte en pleurant les rivages de ma patrie, le port, et les champs où fut Troie [...].
Bien loin de Troie s’étend une vaste contrée, chère au dieu Mars ; les Thraces la cultivent ; [...]. C’est là que me portent les vagues et mes funestes destins ; je jette sur la rive sinueuse des mers les fondements d’une ville nouvelle ; et déjà ses habitants ont pris de mon nom le nom d’Énéades."
122 milles pour remonter depuis Antandros vers Ainos-Enez. Ce n’est pas la route directe, pourquoi ???
Pour cette route, la logique maritime voudrait qu’ils progressent le long de la côte troade, jusqu’aux Dardanelles, en évitant les courants contraires, puis les affronter sur une courte distance au débouché des Dardanelles, pour récupérer les contre-courants entre Gökçeada et la péninsule de Gallipoli.
Il est possible aussi que psychologiquement marqués par le souvenir cruel du sac de Troie, ils aient préféré laisser Bozcaada à tribord, ce qui rallonge peu leur route
Position : 40° 42’ 03’’ N 026° 02’ 53" E
Approvisionnement, services
La ville d’Aenead, actuellement connue sous le nom d’Enez, a une histoire longue et multiforme. Le centre, également appelé Ainos en grec et Aénus en latin, est situé à la frontière entre la Grèce et la Turquie, dans la province turque d’Edirne, avec une zone côtière à l’embouchure de l’Èbre (moderne Meriç).
(Eneide, III, 73-79)
“« Dès que nous pûmes nous fier à la mer, que les vents apaisés (3, 70) eurent aplani le liquide espace, et que le doux frémissement de l’auster [4] nous eut invités à cingler au large, nos compagnons mirent les navires à flot, »
Au milieu des mers s’élève une île, terre sacrée [...] : c’est Délos ; longtemps errante, elle flottait de rivage en rivage, quand Apollon, dieu qui porte l’arc, la fixant d’une main reconnaissante entre la haute Mykonos et Gyaros, voulut qu’elle fût immobile et qu’elle bravât les vents. Nous voguons vers ces parages, et l’île nous reçoit fatigués et lassés dans sa baie sûre et tranquille. Nous prenons terre, et nous saluons pieusement la ville d’Apollon.”
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
Suivant les conseils de l’ombre de Polidoro, Enée repris la mer, en quête d’un lieu pour y bâtir la nouvelle Troie. sur les conseils de son père, Anchise, il décida de consulter les oracles du sage Anios, prêtre d’Apollon. Mais, Délos ce n’était pas la porte d’à côté... [5]
Nous partons du principe que les troyens connaissaient la route, comme les mycéniens qui dix ans plutôt étaient venus saccager leur ville. La révolution de construction navale utilisant le concept de construction par tenon/mortaise, venue des phéniciens, leur permettait d’affronter la haute mer. Mais, contrairement aux marins pré-cycladiques, leurs lourdes embarcations devaient être difficiles à tirer à terre. d’où la nécessité de trouver des ports abris fiables et protégés tout temps.
Demeure une interrogation sur ces options de route : si la proximité d’escales et d’abris sécurise la course, elle offre aussi le risque de rencontrer des populations hostiles aux troyens, peu de temps après la tragédie de la guerre de Troie.
Route : les options contemporaines
Dans ce sens de navigation, un marin contemporain bénéficiera de nombreux avantages :
37° 23’ 52« N 025° 15’ 52 » E
Préambule : on trouve des interdictions de mouillage sous le vent de Megalo Remmatia, mais aussi pour tout Délos. On peut y naviguer, l’approcher, voire mouiller, mais uniquement dans la journée pendant les heures d’ouverture du site. Le bon sens recommande de mouiller sans gêner la circulation des nombreux bateaux, dans un chenal étroit. On connait des témoignages montrant des exceptions à cette règle. C’est un risque à assumer, néanmoins le bon sens recommande, pour passer la nuit, d’aller mouiller dans l’un des mouillages de Rhinia, toute proche (moins de 1 mille)
L’approche, délicate est à soigner :
Port
Le port est strictement réservé à l’administration du site et aux bateaux touristiques qui assurent les navettes avec Mikonos. Le soir, ce quai est vide, les dérogations permettant d’y accoster se délivrent à Mikonos
Options de mouillage
On peut mouiller règlementairement dans les trois grandes baies du sud de Rhinia. Fonds de sable de bonne tenue. On choisit son mouillage en fonction du vent dominant. Ormos Miso et Ormos Skhinou sont encombrés d’écueils et de hautfonds. Une veille attentive est recommandée, et les eaux sont claires.
South bay (la baie du sud), est franche. C’est aussi la plus proche du site de Délos, à un peu plus d’un mile, ce qui permet de visiter Délos avec son annexe.
Clearance
Très riche histoire de Délos.
Considérée comme l’île sacrée d’Apollon, qui y naquit selon la légende, lorsque Léto, enceinte de Zeus, et qu’Héra, jalouse l’eu poursuivie pour l’empêcher de donner naissance à son enfant. Léto ne trouva refuge que sur un rocher à peine visible à la surface des flots, qui se nommait Astéria. Elle promit à l’île qu’elle cesserait de dériver et que l’enfant à naître la rendrait prospère et renommée. Une fois l’enfant né, l’îlot d’Astéria qui était alors invisible le devint (visible = délos en grec). C’est avec cette légende, que Délos devint l’un des lieux sacrés les plus renommés et les plus fréquentés de la Grèce antique.
Ndlr : toute la dramaturgie sacrée des troyens s’y retrouve : la haine d’Hera rancunière du choix de Paris et la pomme de la discorde. Paris choisira Aphrodite comme la plus belle, cette dernière pour le récompenser fera tomber Hélène dans ses bras, et la guerre de Troie éclatera. Jamais Hera ne leurs pardonnera.
On comprend alors, pourquoi Enée à la recherche d’un lieu pour construire la nouvelle Troie ait eu recours aux oracles du sage Anios, prêtre d’Apollon, à Délos.
Les Troyens y consulteront l’oracle pour connaître leur destination. Celui-ci leur répondit de chercher « la mère antique » où Enée et ses descendants règneraient pour toujours. Anchise pensa qu’il s’agissait de l’île de Crète, berceau de la civilisation de l’Hellade, là où Rhéa avait donné le jour à Zeus. La flotte repartira alors, depuis les Cyclades, vers la Crète.
(Enéide, Livre III)
"Le mont tremble ; chacun vers la terre s’incline,
Et ces mots sont sortis de l’enceinte divine :
« Troyens ! c’est au berceau de vos premiers parents
Que je promets un terme à vos destins errants.
Allez, et recherchez la terre paternelle ;
[...]
Alors des anciens temps, gravés dans sa mémoire,
Mon père, à nos regards, développant l’histoire :
« O Troyens ! nous dit-il, par des signes certains
Connaissez notre espoir, connaissez nos destins.
Une île est au milieu des ondes écumeuses,
Fière d’un sol fécond, de cent villes fameuses,
Berceau de nos aïeux et du grand Jupiter.
C’est de l’Ida crétois que notre aïeul Teucer
Là nous attend le sort ; là nous guident les dieux.
Mais apaisons d’abord les puissances de l’onde
Et si le vent nous sert, si le ciel nous seconde,
Trois jours nous porteront sur ces bords désirés ».
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
(Enéide, Livre III) 3, 125
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ndlr : A l’appui de l’hypothèse “Soudha bay”
La recherche archéologique n’a pas encore identifié avec certitude la ville mythique de Pergamée, mentionnée non seulement par Virgile mais aussi par d’autres auteurs et géographes antiques, tels que Pseudo Scilace (Peripl.XLVII), Pline l’Ancien (NH IV, 12), Plutarque ( Lyc. XXXI) et Velleio Patercolo (Hist. 1, 1), qui ne le mettent cependant pas en relation avec la fondation d’Enée, et selon qui il était situé non loin de Cydonia. Cependant, à la fin du IVe siècle, Servius, dernier commentateur de Virgile, confirme la fondation par les Troyens d’une ville « près de Cydonia ». Ce dernier, mentionné par l’historien Diodorus Siculus (V, 78, 2), était situé sur la côte nord-ouest de la Crète, approximativement dans la région de l’actuelle Chania (dans Soudha bay). Si la tradition mythique de la présence des Troyens en Crète ne semble pas avoir laissé de traces archéologiques ou historiques évidentes, comme dans d’autres lieux touchés par la route d’Énée, une indication de la vitalité de la légende d’Énée sur l’île a été vu dans certaines pièces de la IV sec. C.-B. de la ville d’Aptera (située sur la côte juste à l’est de La Canée), dans laquelle la déesse Aphrodite est représentée à l’avers et Enée au revers.
source : https://www.aeneasroute.org/tour/cr...
Route : les options contemporaines
Si, avec votre bateau, vous envisagez de suivre la route d’Enée, aucun problème dans ce sens et à la belle saison (mai/octobre). Dans l’autre sens c’est une autre paire de manche. C’est bien connu des usagers : il est facile e venir en Crète, mais c’est autrement plus ardu d’en repartir. Les moyens modernes de prévisions du temps, les guides avisés : https://www.plaisance-pratique.com/... peuvent vous être d’une grande utilité...
Il y a quand même une chose que vous ne pourrez pas faire : entrer dans Soudha bay... C’est interdit, défendu, proscrit par l’Otan ; l’US Navy, et l’armée de l’air US y détient un stock d’armes nucléaires...
Port
Le port est organisé en trois bassins
lien utile : https://www.cruiserswiki.org/wiki/Chania
Options de mouillage
Aucune sauf baignade par grand beau temps assuré
Clearance
Approvisionnement, services
Entretien Réparation
Chania, mais aussi Haniá, aka La Canée en français, aka La canea en italien, aka τα Χανιά en gec, aka Candie en vieux français, est situé sur l’ancien emplacement minoen de Cydonia. La ville se développe à nouveau à la fin de l’époque minoenne comme une importante cité-État de la Grèce classique, dont les limites s’étendaient de la baie de La Canée jusqu’au pied des Montagnes blanches. Kydonia était constamment en guerre avec d’autres cités-États telles que Aptera. Aptera que l’on soupçonne d’être l’ancienne Pergamé, la ville construite par Enée.
Les raisons de la venue en Crète
Connaissant le point d départ de l’aventure d’Enée : Troie pillée par les achéens, et celui d’arrivée : Lavinium, du point de vue de la navigation, le passage par la Crète n’a pas de sens. Trivialement matérialiste, nous dirions qu’ils s’y sont réfugiés avec un gros coup de Meltem aux fesses, bien heureux de trouver un refuge, plus surement à Soudha bay qu’à Rhania.
Mais Virgile n’était pas un marin, et ne connaissait pas la puissance des gribs… Dès lors, il construit son poème sur la quête religieuse et les augures des prêtes. A cette fin, il aura recours aux oracles du sage Anios, prêtre d’Apollon, à Délos. Anios leur dira : : « cherchez la mère antique », la terre dont vous êtes originaire, le premier berceau des pères. Là, la lignée d’Énée, les héritiers de ses enfants et les petits-enfants les plus éloignés connaîtront une domination sur les mers et les terres infinies.
C’est probablement une erreur d’interprétation d’Anchise [6] qui les fourvoiera vers la Crète. Il estime alors que la Crète, île sacrée pour Jupiter et origine de leur famille par leur ancêtre Teucer, venu là avant de de déplacer vers les côtes de la Troade, bien avant la fondation de Troie, est bien l’expression des prédiction de l’oracle de Délos..
Ils y construisent donc une ville qu’ils nomment Pergamé en référence à l’ancienne Pergame troyenne, sur une terre qui semblait féconde. Mais ce n’était pas ce que le Destin avait décidé. La peste détruisit, tout ce qui avait été péniblement construit.
Les Pénates de Phrygie parlèrent alors en songe à Enée pour l’avertir que la Crète n’était pas l’endroit auquel se référait l’oracle, mais que la terre qui revenait à son peuple était, la fertile Italie, « la mère antique », celle doù était arrivé en Phrygie, l’étrusque Dardanos, l’ancêtre des Troyens.
Anchise se rappelant les histoires anciennes confirma cette prédiction et leur recommanda de prendre la mer. Énée et ses compagnons rendirent hommage à leurs ancêtres, et se dirigèrent vers l’Italie.
(Enéide Livre III)
"Tout à coup la tempête, apportant la terreur,
Sur l’onde au loin répand sa ténébreuse horreur ;
Le vent tonne en courroux sur les mers qu’il tourmente,
Le flot monte et retombe en montagne écumante ;
[...]
Et la troisième aurore a revu nos vaisseaux
Abandonnés, sans guide, à la merci des eaux.
Enfin, le jour suivant, le noir horizon s’ouvre,
Des monts dans le lointain le sommet se découvre,
Et leur vapeur s’élève en tourbillons fumeux.
[...]
Les Strophades (la Grèce ainsi nomma ces îles)
Au sortir de la mer nous offrent leurs asiles,
Et, de loin dominant les flots ioniens,
Sur leurs tranquilles bords appellent les Troyens.
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
Ce n’est une route facile, même aujourd’hui, avec nos moyens modernes, quitter la Crète pose toujours des problèmes. Les données :
Route : les options contemporaines
Ce n’est pas un port, mais un ensemble de deux petites îles dans un dédale de fonds rocheux.
Port
37° 15’ 17.865« N 021° 00’ 20.281 » E
Pas de port mais des mouillages forains complétés de cales de débarquement rustiques. l’archipel se compose de Deux petites îles : Nisis Arpia au nord et Nisis Stamfani au sud
Options de mouillage
Crédit photo : Valentin Hardmeyer
Aucune
Clearance
Rien ici, il faut aller à Zante
Approvisionnement, services
Aucune
Entretien Réparation
la meilleure option sera à Zante
L’histoire récente de l’île est peu connue. Le monastère daterait du XIIIème siècle et sera abandonné au début du 18ème siècle, attaqué et envahi par les pirates. Les moines du monastère furent transférés sur Zakynthos. Aujourd’hui il ne reste qu’un seul moine et une petite garnison de garde-côtes.
Plus intéressant est l’approche de Virgile. Après une description « civilisée » du voyage d’Enée, entre Troie et la Crète, où les troyens naviguent en eaux connues, interpellant des Dieux complices, navigation au portant, presque guillerette, le poète durci et dramatise son texte. On entre dans le monde de l’inconnu et de la peur, brassés par des tempêtes violentes, agressés par des monstres sanguinaires, les troyens ne devront leurs salut que par une fuite guidée par les interrogations des augures.
Pour les tempêtes
Enéide Livre III (3, 192-269)
Quand les bateaux eurent gagné le large, sans aucune terre en vue
désormais, avec partout le ciel et partout la mer,
un sombre nuage alors se fait menaçant sur nos têtes,
porteur de nuit et d’orage, et les flots se soulèvent dans le noir.
Aussitôt les vents retournent la mer ; d’énormes vagues se lèvent ;
nous sommes ballottés dispersés dans un immense abîme ;
les nuages ont enveloppé la clarté et le ciel disparaît
dans la nuit humide ; les éclairs redoublent, déchirent les nuages.
Déviés dans notre course, nous errons en aveugles sur les flots.
Palinure dit que il ne discerne plus ni le jour ni la nuit
dans le ciel, et qu’il a perdu la route au milieu des flots.
Pendant trois longs jours d’incertitude et trois nuits sans étoiles,
nous errons sur la mer dans d’aveugles ténèbres.
Le quatrième jour enfin, nous voyons pour la première fois émerger
une terre, découvrant au loin des montagnes
Pour les créatures monstrueuses
Mais soudain, glissant des montagnes en un vol effrayant,
les Harpyes apparaissent, dans un bruyant claquement d’ailes.
Elles pillent notre repas et à leur contact immonde, tout est souillé,
puis un cri sauvage se mêle à une odeur nauséabonde
[...] Alors j’ordonne à mes compagnons
de prendre leurs armes pour combattre cette tribu sauvage.
Immédiatement, ils obéissent aux ordres, tiennent prêtes leurs épées
Mais protégées contre toute atteinte par leurs plumes, et avec leurs échines
invulnérables, elles glissent rapides et fuient sous les astres,
Pour les augures
Seule, au sommet d’un rocher, Céléno s’est installée,
oiseau de malheur, qui de sa poitrine laisse jaillir ces mots :
Écoutez donc, et ancrez dans vos cœurs cette prophétie
que le tout-puissant Jupiter a faite à Phébus, Phébus Apollon
Vous courez vers l’Italie, et avec les vents que vous aurez appelés,
vous gagnerez l’Italie, et vous pourrez pénétrer dans ses ports.
Mais avant de ceindre de murs la ville qui vous est destinée,
une faim intolérable et l’injuste massacre que nous avons subi
vous obligeront à mordre et à consommer vos tables.
Et on verra qu’arrivés à bon port, la prophétie se réalisera
(Enéide, livre 7, 107-134) Réf : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V07-...
Les Troyens au bord du fleuve font un maigre repas de fruits sauvages posés sur des galettes de blé, pour toute table. N’étant pas rassasiés, ils se mettent à manger aussi ces dernières. Julius ( Ascagne) en plaisantant fait remarquer qu’ils ont mangé leurs tables. Énée se souvient alors d’une prophétie qu’aurait faite Anchise et comprend qu’il touche la « terre promise ».
Enéide livre III,
“Anchise, [...] ordonne de couper les câbles qui retiennent les vaisseaux à la rive, et de lâcher tous les cordages détendus. Les vents enflent nos voiles ; nous fuyons sur l’onde écumante, là où nous appellent et le pilote et les souffles favorables. Déjà apparaissent au-dessus des flots Zacynthe et ses grands bois, Dulichium, Saraos, et Néritos avec ses hauts rochers. Nous fuyons bien loin des écueils d’Ithaque, et nous exécrons la terre qui a nourri le cruel Ulysse. Bientôt se montrent à nos regards les sommets nuageux de Leucate, et le promontoire d’Apollon, si redouté des matelots. Nous y abordons pourtant, las de naviguer, et nous entrons dans l’humble cité du dieu. On jette l’ancre, nos vaisseaux se rangent immobiles le long du rivage”
Ou, quand Virgile se prend les pieds dans le tapis. En situant Actium sur Lefkada il confond Lefkas et Nicopolis. On lui pardonne, il fallait bien vivre. Familier d’Octavien, le futur Auguste, Virgile chanta ses mérites. Or la gloire d’Octave c’est Actium et la victoire sur Marc Antoine, mais un millénaire plus tard. Nous allons suivre le poète, en décrivant sa route, et nous décrirons aussi Actium... sur Nicopolis
Virgile pour cette étape tronquera une route prévue depuis les Strophades vers Butrint. Butrint où Enée, inquiet des prédictions de Celeno, cherchera des augures. Il les trouvera avec Hélénus à Butrint. Fils de Priam, donc son beau frère.,Hélénus (Hélénos, en grec ancien Ἕλενος) a hérité du don de divination. [8]. Malheureusement, son équipage épuisé par une mer et des vents contraires, sera amené à faire relâche au sud de Leucade, que Virgile identifiera comme Actium, source pour nous, d’une grande confusion...
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
Plusieurs contraintes :
Et bientôt apparaissent du mont Leucate
les sommets brumeux et le temple d’Apollon, redouté des marins.
Épuisés, nous tendons vers lui et approchons d’une petite ville.
L’ancre est jetée de la proue, les navires se rangent le long du rivage.
Déjà, au milieu des flots, apparaît Zacynthe et ses bois,
et Dulichium et Samé et les rocs abrupts de Nérite.
Nous évitons les rochers d’Ithaque, royaume de Laërte,
et maudissons la terre qui nourrit le cruel Ulysse.
Et bientôt apparaissent le mont Leucate
Alors enfin, ayant touché terre contre tout espoir, nous nous purifions
Aux montants de la porte devant moi, je fixe le bouclier de bronze
que portait le grand Abas [11] et j’y inscris ce vers :
“Énée consacre cette arme prise aux Danaens [12]”. [13]
Route : les options contemporaines
Confondre les hauteurs de Lefkada (altitude 1 258 m) et l’isthme de Nicopolis (altitude 25 m) distants de 25 milles, parait inconcevable à l’époque de Virgile. On sait que les romains pouvaient gérer des routes maritimes voir :https://www.plaisance-pratique.com/...
1200 ans plus tôt, Enée ne possédait pas ces éléments. Habitués à une navigation bien bornée en Egée, il se retrouve là, en territoire hostile, sans informations locales. 3 hypothèses :
Avec un GPS et un bateau bien motorisé, la marin moderne risque peu une confusion comme celle dont Virgile fut victime. Il lui faudra tout de même gérer les passes d’entrée du golfe d’Avraki s’il souhaite, et c’est préférable découvrir Nicopolis par l’intérieur du Golfei. Il existe de nombreux liens décrivant précisément cette route et ses étapes
Si les approches sont claires, il convient quand même de surveiller la météo, généralement stable en été avec un flux de NW se renforçant 4/5 BF l’après midi. Les nuit sont habituellement calmes. En Automne les orages peuvent être dévastateurs, mais on a aujourd’hui les moyens de prévision : https://www.plaisance-pratique.com/... y compris les risques “medicane”
Port
Généralement bien décrits dans les liens donnés ci dessus, il faut garder en tête qu’en juillet et août, la surpopulation touristiques maritime peut poser des problèmes pour trouver une place. De plus, l’inorganisation habituelle de l’administration grecque, peut vous recommander d’arriver tôt
Options de mouillage
Vous trouverez des mouillages partout, mais comme pour les ports, souvent encombrés. Vous aurez aussi l’obligation de mouiller sur ancre en passant des amarres à terre, ce qui se fait bien, voir : https://www.plaisance-pratique.com/...
Clearance
Preveza, Argostoli, Zakinthos sont des ports d’entrée
Approvisionnement, services
Nombreux et partout, même si quelques fois il faut chercher un peu
Entretien Réparation
Vous êtes dans une région de tradition maritimes, et vous trouverez à vous dépanner partout pour les besoins primaires. Pour les réparations lourdes, deux bons centres : Prévéza et Lefkas
Cette région, au coeur de notre histoire culturelle, depuis Homère, regorge de sites, de musées, d’animations. Lecture : au moins un livre, mais, incontournable : « l’été grec » de Jacques Lacarrière, mais aussi les commentaires humanistes de Rod Heikell dans le guideImray.
Nicopolis
Accessible par mer sur deux faces par la Mer Ionienne et par le Golfe d’Amvraki, le site a été construit sur Isthme bas et sablonneux. Eloigné de 5 km de l’actuelle Preveza, le site est visitable avec un billet conjoint à celui du musée.
Fruit d’un fantasme d’Octave devenu Auguste, Nicopolis a été implanté sur les lieux du camp d’Octave, lors de la Bataille d’Actium
Il établit une nouvelle ville, baptisée Nicopolis, « cité de la victoire », reprenant ainsi une tradition remontant à Alexandre le Grand . Au-delà du symbole politique, la fondation répond à une série d’objectifs clairs : assurer la domination romaine sur la région, qu’il s’agit simultanément de réorganiser et de revitaliser, car elle ne s’est jamais remise de sa destruction par Paul Émile à l’issue de la Troisième guerre de Macédoine (171-167 av. J.-C.) ; établir un centre commercial et portuaire important sur cette position stratégiquement située sur les routes maritimes méditerranéennes, créer une capitale religieuse, un des hauts lieux du nouvel ordre impérial et du culte d’Auguste qui l’accompagne.
La cité s’appuyait sur deux ports : Komaros sur la mer ionienne, bien protégé des vents de SE à NE par le sud (il existe toujours un petit port de pêche) et à l’intérieur du golfe, probablement sur Vathy au NW d’Ormos Preveza, tout proche.
Profitant d’aides et de subvention romaines, la ville s’est développée au détriment des cités avoisinantes. Avec le déclin de Rome et le montée en puissance de Byzance, la ville s’est éteinte et a disparu.
L’exploration archéologique du site de Nicopolis reste encore largement inexploré alors même qu’il est connu depuis la Renaissance.
A gauche et à droite, les murs fortifiés de l’immense cité, au centre, sur Ormos Salonas, dans un décors lagunaire, seule aussi : sy Lysigée à Robert Curbet. Cette image est parlante, quand on sait que le périmètre de la citée fortifiée est plus grand que la distance qui la sépare de la mer !
Musée
Situé en périphérie de Preveza et axé sur les découvertes faites, à Nicopolis, son billet d’entrée offre un accès gratuit au site de Nicopolis, mais rien n’indique que le site soit ouvert aux visites. C’est un petit musée moderne fonctionnel et agréable.
Bientôt, nous ne voyons plus les hautes citadelles des Phéaciens [14] ;
nous longeons le rivage de l’Épire, entrons dans le port des Chaoniens [15]
et nous accédons à la ville de Buthrote haut perchée.
Là, un récit incroyable parvient aussitôt à nos oreilles :
Hélénus, le fils de Priam, règne sur des villes grecques,
il possède et l’épouse et le trône de Pyrrhus l’Éacide [16] ;
Andromaque une seconde fois est échue à un époux de son pays.
Entre-temps, le soleil poursuit sa longue révolution de l’année,
[...] et le glacial hiver soulève les flots au gré des Aquilons [17]
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
Virgile se soucie peu d’une route qu’il estime sans risque. Il porte son intérêt sur la situation psychologique de Enée
Là, un récit incroyable parvient aussitôt à nos oreilles :
Hélénus, le fils de Priam, règne sur des villes grecques,
il possède et l’épouse et le trône de Pyrrhus l’Éacide ;
Andromaque une seconde fois est échue à un époux de son pays.
Je restai stupéfait et mon coeur brûlait d’un désir sans borne
Dès qu’elle me vit approcher et entouré d’armes troyennes,
elle fut épouvantée par cet extraordinaire prodige ;
son regard se figea, la chaleur quitta ses membres,
elle tomba évanouie et, après un long moment, balbutia :
ʻ Est-ce ton vrai visage, viens-tu vers moi en vrai messager,
fils de déesse ? Es-tu vivant ? Ou, si la lumière s’est retirée de ta vie,
où est Hector ?ʼ, et elle fondit en larmes, emplissant l’espace
[...] quand, s’amène depuis les remparts
Hélénus, le héros Priamide, suivi d’une nombreuse escorte.
Il reconnaît les siens et, heureux, les conduit à sa demeure,
entrecoupant chacune de ses paroles d’abondantes larmes.
[...] Le roi les accueillait sous de vastes portiques : au milieu de la cour,
ils offraient en libation des coupes de la liqueur de Bacchus,
et tenaient en main des patères d’or chargées de mets.
Route : les options, contemporaines
Sur la côte albanaise, à la limite de la frontière grecque, interdépendant de l’intense activité du détroit de Corfou On trouve deux ports
Port
39° 44’ 16« N 019° 58’ 54 » E
Options de mouillage
Si on y trouve quelques mouillages pour des bateaux calant très peu, vous ne pourrez y accéder qu’en faisant une entrée en Albanie à Saranda, à 7 milles plus au nord. Ce qui se fait très bien aujourd’hui, mais il faut impérativement au préalable, contacter un agent. Voir : https://www.cruiserswiki.org/wiki/S...
Absolument rien ici, il faut aller à Saranda
Clearance
Pour l’Albanie : à Saranda et impérativement par un agent à contacter avant...
Pour la Grèce à Corfou
ndlr : mais, il faut s souvenir qu’en notre époque troublée par les problèmes de migration, et ceux des règles sanitaires... Ce ne sera pas facile...
Très ancienne histoire
Fondée par la tribu grecque des Chaoniens, la cité fut prise par les Romains en -167, puis occupée par l’Empire byzantin et la république de Venise, avant d’être abandonnée par sa population à la fin du Moyen Âge à cause de la présence de marécages voisins, mais peut-être aussi par l’envasement de son port.
Une histoire mouvementée
Si l’on en croit Virgile, c’est l’un des fils du roi Priam qui a fondé Butrint, après la Guerre de Troie. Pour les historiens, les premiers signes d’occupation des lieux remontent au minimum au 8ème siècle avant notre ère. La colonie grecque qui s’y était installé se développe d’abord en lien avec celle de Corfou, puis la ville tombe sous le protectorat romain au 3ème siècle avant J.-C.. L’influence de l’empire croît alors sans cesse, jusqu’à ce qu’un tremblement de terre vienne porter un coup d’arrêt à l’expansion de la ville.
Celle-ci devient alors, à compter du Moyen-âge, une simple bourgade, bien que très active sur le plan agricole. Le site antique est alors abandonné.
Une histoire façonnée par une géographie particulière
Riche :
Tellement riche qu’elle attirera des convoitises si l’on en croit ce qui est arrivé au banquier romain Atticus possédant un vaste domaine à Buthrote (Butrint).
Jules César avait décidé d’établir là une colonie pour quelques milliers de ses vétérans. Il mit à l’amende la ville, qui ne put payer l’impôt. On saisit donc une partie du territoire pour établir la colonie.
Atticus risquait donc d’y perdre gros. Il fit intervenir ses relations pour négocier avec César, devenu dictateur. On arriva à un accord : Atticus paya l’amende ( à charge pour lui de se la faire rembourser ultérieurement par Buthrote) et César s’engagea à publier un édit annulant la création de la colonie.
Mais César fut assassiné avant publication de l’édit en question. Atticus se trouvait doublement piégé, d’autant plus que les vétérans de César arrivaient déjà sur place.
Par la correspondance de Cicéron, nous connaissons tous les efforts que Cicéron et Atticus déployèrent le reste de l’année 44 pour faire publier cet édit.
On ignore le résultat qu’ils obtinrent, mais la colonie fut fondée.
Il n’est donc pas étonnant que Virgile, à la même époque situe la renaissance troyenne à Butrint, en y logeant Andromaque et Hélénos, visités par Enée, Anchise et Ascagne .... la diaspora princière troyenne en quelques sortes...
Enéïde livre III
[...] Mais, toi, quels vents, quels destins ont dirigé ta course ?
Ou quel dieu t’a poussé, à ton insu, vers nos rivages ?
Qu’en est-il du petit Ascagne ? A-il survécu ? Respire-t-il ?
Lui que Troie à tes soins désormais...
Cependant l’enfant s’inquiète-t-il de sa mère disparue ?
L’exemple de son père Énée et de son oncle Hector
le pousse-t-il à l’antique vertu et aux sentiments héroïques ? ʼ
Toute en larmes, elle exprimait bien en vain ces propos ponctués
de longs gémissements, quand, s’amène depuis les remparts
Hélénus, le héros Priamide, suivi d’une nombreuse escorte.
Il reconnaît les siens et, heureux, les conduit à sa demeure,
Enéide livre III (356-547)
Et déjà un jour s’est écoulé, puis un autre ; les brises nous invitent
à prendre nos voiles, et leur toile se gonfle sous l’Auster.
J’aborde le devin et le questionne en ces termes :
ʻFils de Troie, interprète des dieux, qui comprends la volonté
de Phébus, ses trépieds, les lauriers de Claros, le message des astres,
le langage des oiseaux et les présages qu’annonce leur vol rapide,
allons, parle : c’est que des manifestations divines encourageantes
m’ont indiqué toute ma route et les dieux unanimes m’ont persuadé
de gagner l’Italie et de chercher l’accès de ces terres lointaines ;
seule, la Harpye Céléno prophétise, - chose funeste à dire -
un prodige incroyable et annonce de cruelles colères
et une famine abominable. Dis-moi les premiers périls à éviter.
Quelle route suivre, pour surmonter de telles épreuves ? ʼ
Ce chapitre, long et complexe s’articule en 3 rubriques
Contrairement à nos habitudes culturelles, nous faisant éviter l’Albanie mal équipée pour nos bateaux modernes, Virgile fera remonter Egée le long de la côte d’Epire jusqu’à Acroceraunia point le plus court pour traverser vers l’Italie. Mais pas seulement, en fait, le pilote Palinure remonte au vent pour traverser avec une allure plus favorable, proche du vent de travers.
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
En opposition à nos habitudes réglementaires, nous faisant opter pour une route directe sans passer par l’Albaniea, Virgile prend l’option de rechercher la traversée la plus courte en longeant la côte de l’Epire, avec pour conséquence de rallonger la route, mais aussi de bénéficier d’une navigation moins agressive, en quelques sortes, le choix entre le cap et la vitesse. Ainsi :
On note l’excellence de ses observations météo et de son expertise astronomique :
Enéide livre III (3.511 à 3.519)
La nuit, guidée par les Heures, n’était pas encore en milieu de course :
toujours attentif, Palinure surgit de sa couche, observe les vents,
et, oreille tendue, il cherche à capter le mouvement de l’air ;
il note tous les glissements des astres dans le ciel silencieux,
l’Arcture et les Hyades chargées de pluies, et les deux Ourses,
tandis que ses regards découvrent Orion tout armé d’or.
Quand il voit le calme régner partout dans le ciel,
de la poupe il lance un signal clair ; nous levons le camp,
Les options, de route, contemporaines
De nos jours, et compte tenu des difficultés administratives en Albanie, la solution est celle d’une route soit directe depuis l’Italie, soit coupée d’une halte à Othonoï ou à Erikousssa
Port
Petit port artificiel de nos jours, plutôt malcommode, il a été construit sur les fondations de l’ancien port. On aperçoit sous les fondations du môle actuel le traces indiquées par Virgile :
livre 3 (533-534)
Les brises désirées s’intensifient, et un port s’ouvre devant nous, Les matelots carguent les voiles et tournent leurs proues vers le rivage. Du côté des vagues du levant, le port est courbé en forme d’arc,
barré par des écueils qui bouillonnent, aspergés d’écume salée,[...]
Options de mouillage
Il existe une possibilité de mouillage, à l’extérieur du port comme montre sur la photo ci dessus, bien protégé des vents dominants (en été) par la “Punta Mucurune”. Mouillage limité par la surpopulation des petites barques locales.
Ilfaudra aussi tenir compte d’ue éventuelle réglementation limitant cette pratique à plus de 200m des côtes, voire 300 m dans le cas d’une plage
Solution alternative, à Otrante, à 15 milles au nord ou à Santa Maria di Leuca à 10 milles au sud
Clearance
rien ici
Approvisionnement, services
tout ce que l’on veut, ici
Entretien Réparation
Probablement des possibilités pour les petites opréations. Pour des interventions lourdes, voir à Otrante ou Sta. Mar. Leuca
Porto di Castro est considéré comme le point frontière entre la Mer Ionienne et l’Adriatique, c’est aussi le lieu le plus proche de côte d’Epire.
Déjà à l’époque préhistorique, lss grottes côtières, ont connu la présence humaine. Plus tard ( XVIIe - XVIe BC ) des migrations de population depuis l’Epire permirent la naissance d’un premier centre urbain, habité par des Messapiens [18] et par des Grecs.
En 123 BC, elle devient une colonie romaine : Castrum Minervae. C’est sous ce nom que la connaitra Virgile, lui permettant de développe son scénario de Enée et Anchise découvrant le port et le temple de Minerve (Athena). [19]
Enéide livre III (531)
déjà proche, et sur une hauteur apparaît un temple de Minerve.
Suite à la division de l’ Empire romain , tous viendront s’y essuyer les pieds : Byzance, les Alani et les Ostrogoths, les Vandales , les Goths les Lombards et les Hongrois . En 682, elle devint l’une des premières villes du Salento à être élue évêché par le pape Léon II . Puis les normands et les souabes en firentun centre commercial prospère et un bastion militaire sûr, mais conquis par les Arabes pendant onze ans qui l’ont considéré comme un centre très important et l’ont indiqué dans leurs papiers comme Al Qatara (le château).
Puis viendront l’anarchie et les déchirements des cités italiennes, ponctués de razzias des pirates, jusqu’à la ruine complète et le déclin définitif
La renaissance de la ville et son développement se fera par une activité puissante de pêcheurs, d’artisans et de voyagistes à partir de la seconde moitié du XXe siècle , déterminant le retour de l’autonomie municipale en 1975. Mais les vandales sont de retour avec les derniers envahisseurs : les touristes….
Enéide livre 3 (568-582)
Cependant, le soleil et le vent nous ont laissés épuisés,
et, sans connaître notre route, nous abordons au rivage des Cyclopes.
C’est un port, lui-même à l’abri des vents, calme et immense ;
mais tout près de là rugit l’Etna aux éboulis effrayants.
Parfois il éclate en lançant vers le ciel une sombre nuée,
fumée de poix tourbillonnante et de cendres incandescentes,
soulevant des boules de feu qui vont lécher les astres.
Parfois aussi il crache et projette des rocs, entrailles arrachées
à la montagne, et en grondant il amasse dans les airs
des laves en fusion, tourbillons jaillis des profondeurs.
La légende dit que le corps à demi consumé d’Encélade,
est écrasé sous cette masse, et que l’Etna gigantesque,
posé sur lui, crache des flammes par ses cheminées éclatées ;
et quand le géant fatigué se retourne, la Trinacrie entière
tremble dans un grand fracas et le ciel se voile de fumée.
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
Enée navigue dans l’inconnu, écoutant les augures, il va commettre une fameuse erreur de navigation en contournant la Sicile, pour éviter Charybde et Scylla dramatisés par les dieux de l’Olympe. [20] Sauf s’il faut admettre le talent de Virgile, envoyant Ené contourner la Sicile, relâcher à Carthage, et consumer sa passion pour Didon dans un flash back lumineux...
Virgile détaille les côtes longées par Enée :
Alors, nous apercevons le golfe de Tarente, la ville d’Hercule, [21]
si la tradition dit vrai ; en face, le sanctuaire de Junon Lacinienne,
Caulon avec ses tours et Scylacée, briseuse de navires. [22]
Puis, dans le lointain, émergeant des flots, apparaît l’Etna trinacrien. [23]
Les options, de route, contemporaines
Cet axe de route, entre “le débouché de l’Adriatique et Canal de Sicile”, soit que l’on trace directement, soit que l’on fasse escale sur la côte orientale sicilienne, présente de nombreuses étapes potentielles, bien décrites
Les zones de restriction à la navigation (Aires marines protégées) [24]
Si l’approche du large est claire, les abords méritent beaucoup d’attention. Par les respect de la zone marine protégée encerclant complètement le port, par les hauts fonds environnants, par l’intense circulation des petits bateaux touristiques.
Le port se love dans le dédale d’une coulée de lave de l’Etna, dans un cadre fatalement prodigieux.
Port
Le port artificiel actuel, petit, mal commode et mal fréquenté (très touristique), devait présenter une toute allure à l’époque de Virgile, sans que l’on puisse apprécier les dégâts provoqués par la construction du port moderne.
Sauf absolue nécessité, il ne présente aujourd’hui aucun intérêt, Catane est trop proche
Options de mouillage
Limitées par l’aire maritime protégée, et la nature des fonds. Fonds de roches d’origine volcaniques véritables pièges à ancres, “ il ne faut jamais mouiller ici ”. Des bouées sur corps mort ont été installées ici, mais colonisées pa les locaux...
Clearance
rien ici, il faut aller à Catane
Approvisionnement, services
Ceux, limités, d’une petite ville touristique
Entretien Réparation
Peu de chose ici, il faut aller à Catane ou à Riposto
L’origine du nom de Sicile est obscure. Il dérive du grec “sik” pour signifier île de la fertilité. Son histoire riche, a laissé des traces marquantes, signes d’une civilisation complexe, parce que métissée.
L’histoire de la Sicile a vu l’île contrôlée par des puissances extérieures méditerranéennes (romaine, vandale, ostrogothe, byzantine, islamique, espagnole), mais connaître aussi de longues périodes d’indépendance, comme sous les Sicéliotes d’origine grecque et plus tard comme l’émirat autonome des Kalbites, puis le Royaume de Sicile, fondé en 1130 par Roger II, membre de la famille siculo-normande de Hauteville.
Parfois, l’île a été au cœur des grandes civilisations, parfois elle n’a été qu’un territoire colonial, terre d’immigration et d’émigrants à travers les époques.
Il en reste des trace archéologiques considérables
Les tyrans dynamisent l’économie et l’agriculture, engagent des grands travaux urbains, érigent des monuments prestigieux, concourent dans les courses de chevaux ou de chars à Delphes ou d’Olympie, s’entourent d’intellectuels et d’artistes
ndlr : Mais c’est bien la savoir faire local : artisans, peintres, sculpteurs, charpentiers et maçon qui permettra la réalisation du plus phénoménal ensemble d’oeuvres de style baroque tardif que connu l’Europe...
Et ça, il est bien possible que Virgile le subodorait, surtout si on se réfère à la persistance de la légende de la Fontaine d’Aréthuse... [27]
ndlr : concernant la photo de la Calabre vue depuis l’Etna : on aperçoit la Calabre surmontée de nuages à l’horizon, puis le détroit de Messine. Au premier plan, et aux pieds de l’Etna entre Riposto à droite et Taormina à gauche, se trouve la baie où les premiers grecs de Chalkis ont débarqué au VIIIème siècle BC !!!
Enéide livre 3 (669-679)
Le monstre le sent et tourne ses pas vers nos voix qui sonnent.
Mais quand il ne peut absolument plus mettre la main sur nous,
ni dans sa poursuite se mesurer aux flots ioniens,
il pousse une immense clameur, qui fait trembler toute la mer
et les ondes, qui épouvante la terre lointaine de l’Italie,
et fait gronder l’Etna au creux de ses cavernes.
Alors, sortant des forêts et des montagnes, la troupe des Cyclopes
se rue précipitamment vers le port et occupe tout le rivage.
Nous voyons alors debouts, impuissants, ces frères, habitants de l’Etna,
avec leur œil farouche, levant vers le ciel leurs hautes têtes :
horrible assemblée : ainsi, avec leurs cimes élevées
La route, complexe, et les confitions de navigation :
Autant d’éléments indiquant qu’Enée a dû obligatoirement faire des étapes. Or, cette côte est singulièrement dépourvue d’abris naturels
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
Détails et étapes potentielles décrits par Virgile
Enéide livre 3 (682-706)
Une peur aiguë nous pousse à nous précipiter au hasard,
à agiter nos cordages, à tendre nos voiles aux souffles des vents.
Or, selon les conseils d’Hélénus, passer entre Scylla et Charybde,
comporte de part et d’autre un risque mortel à peu près équivalent,
si le parcours n’est pas respecté ; la sécurité est de rebrousser chemin.
Or voici que Borée, envoyé du détroit de Pélore [29], vient à notre aide.
Je suis emporté au-delà de la bouche du Pantagias [30] aux rudes falaises,
vers le golfe de Mégare [31], et vers Thapsos [32] , qui s’étend à côté.
[…] Devant le golfe sicanien [33], face au Plémyre [34] battu des flots,
s’étend une île, que les Anciens ont appelée Ortygie. [35]
On raconte que le fleuve Alphée d’Élide est parvenu jusqu’ici, [36]
[…] puis je dépasse la grasse terre des marais de l’Hélore. [37]
De là, nous rasons les écueils élevés et les rochers saillants du Pachynum, [38]
[…] apparaît au loin Camarina [39], et la ville de Géla, qui reçut son nom de ce fleuve sauvage. [40]
Ensuite, Agrigente haut perchée montre de loin avec fierté [41]
ses hauts remparts, elle qui jadis produisit de vaillants coursiers ;
[…] Et toi, Sélinonte et tes palmiers, je te laisse, car les vents me poussent, Sélinonte (3, 705). [42]
et je choisis les écueils invisibles des rudes bas-fonds de Lilybée. [43]
De là, le port de Drépane au rivage sans joie m’accueille. [44]
Les options, de route, contemporaines
l’Approche est complexe, signalée par Virgile (livre 3 alinea 706)
et je choisis les écueils invisibles des rudes bas-fonds de Lilybée. (Marsala)
Port
voir le lien : https://www.plaisance-pratique.com/...
Marinas et pontons : 6 ormégiatori, dans l’ordre, en venant de l’ouest :
Options de mouillage
Clearance
Trapani est un port d’entrée et de sortie
Approvisionnement, services
Tous les moyens d’une grande ville
Entretien Réparation
Tout le potentiel d’un grand port commercial
Trapani naît à l’époque de la Grande-Grèce comme port de la forteresse-temple élymo-punique d’Éryx (Erice). Le nom de Trapani vient du grec ancien Drepanon signifiant « faucille », probablement à cause de la forme de sa ligne côtière. Le village et son port existaient cependant bien avant l’arrivée des Grecs, fondés par des populations Scanes vers le XIe siècle BC. À la même époque, Éryx fut fondée par les Élymes, un peuple d’origine troyenne, alors que les Phéniciens créaient le comptoir de Mothia. De nos jours, les ruines de Sélinonte, le théâtre et le temple de Ségeste, les vestiges archéologiques de Mothia témoignent encore de la splendeur de ces civilisations anciennes. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trapani
Sa position proche de l’Afrique en fera le carrefour de nos civilisations, laissant des traces historiques, culturelles et raciales. Tout le monde y est passé, des grecs aux phéniciens, et aux romains qui s’y battirent avec Carthage… Mais aussi la phénoménale litanie de ces envahisseurs qui ont fait la grandeur sicilienne : les normands, les aragonais, les arabes, les français, et bien sûr les anglais, et les tous derniers dominateurs : les piémontais qui abattirent le royaume de Sicile.
Trapani est considéré comme la porte méditerranéenne vers l’Afrique. Tunis, donc Carthage se situant à moins de 100 milles, il n’est pas étonnant que Virgile y ait axé sa dramaturgie, en y faisant le point pivot de l’épopée d’Enée : le lieu ou mourra son père, celui qui verra démarrer sa route dramatique vers la passion et la mort de Didon et celui de la renaissance vers son destin romain.
Là, après avoir subi tant d’intempéries en mer, hélas
je perds celui qui fut le soutien de tous mes soucis et malheurs, [...]
mon père Anchise. Là, père si bon, tu abandonnes ton fils épuisé,
toi qui fus arraché, en vain hélas, à de si grands périls !
Hélénus le devin, qui m’annonça nombre de choses horribles,
ne m’avait pas prédit ce deuil, ni non plus la cruelle Céléno.
Ce fut une ultime épreuve, le terme de longs périples.
Un dieu m’a poussé vers vos rivages, quand je quittai ces lieux, »
Ainsi le vénérable Énée, seul objet de l’attention de tous,
refaisait le récit des plans divins et racontait ses aventures.
Finalement il se tut et, son récit terminé, il se livra au repos.
Enéide livre 1 (34-123)
Les Troyens, tout joyeux, à peine hors de vue de la Sicile,
faisaient voile vers le large, fendant de leurs proues l’écume salée,
quand Junon, qui gardait en son cœur son éternelle blessure,
dit en son for intérieur : « Moi, vaincue, je renoncerais à mon projet !
[…] C’est lui que Junon vint alors supplier en ces termes :
« Éole, puisque le père des dieux et le roi des hommes
t’a accordé d’apaiser ou de soulever les flots à l’aide du vent,
sache qu’une race qui m’est odieuse vogue sur la mer Tyrrhénienne,
transportant vers l’Italie Ilion et ses Pénates vaincus.
Déchaîne la violence des vents, submerge et engloutis leurs bateaux,
[…] Aussitôt dit, de la pointe de sa lance retournée, Éole frappe
le flanc creux de la montagne : les vents, rangés en bataille,
s’engouffrent par la porte qui s’offre et soufflent en tourbillons sur la terre.
Ils se sont abattus sur la mer, tout entière soulevée de ses abîmes
par l’Eurus et le Notus, unis à l’Africus fécond en bourrasques, [46]
tandis que d’énormes vagues déferlent vers les rivages.
Aussitôt s’élèvent les cris des hommes et le grincement des cordages.
Les nuages dérobent soudain le ciel et la lumière du jour
aux yeux des Troyens ; une nuit noire se couche sur la mer.
[…] Tandis qu’il lançait ces plaintes, une bourrasque sifflant sous l’Aquilon [47]
frappe sa voile de plein fouet et soulève les flots jusqu’au ciel.
Les rames se brisent ; la proue dévie et offre aux vagues
le flanc du bateau ; survient une abrupte montagne d’eau.
Les uns sont suspendus en haut des vagues ; d’autres voient la mer béante,
qui montre la terre parmi les flots ; la vague furieuse agite le sable.
Le Notus saisit trois navires qu’il projette sur des récifs invisibles,
écueils au milieu des flots que les Italiens appellent ‘Autels’, [48]
tels des dos monstrueux à la surface de la mer ; l’Eurus venu du large
en pousse trois sur des bancs de sable, les Syrtes, triste spectacle,
les enlisent dans ces bas-fonds, les enfermant dans un mur de sable.
Un bateau, celui qui transportait les Lyciens et le fidèle Oronte,
reçoit, sous les yeux d’Énée, une énorme masse d’eau qui d’en haut
s’abat sur sa poupe ; le pilote, jeté à terre, roule tête en avant,
mais le flot entraîne le bateau, le faisant tournoyer trois fois sur place,
et un tourbillon rapidement l’engloutit dans la mer.
Quelques hommes nageant sur l’immense abîme apparaissent,
parmi les armes, les planches, et les trésors de Troie épars sur les ondes.
Déjà le solide bâtiment d’Ilionée, celui du courageux Achate
et ceux qui transportaient Abas et le vieil Alétès
sont victimes de la tempête ; par les jointures de leurs flancs disjoints,
tous les navires prennent l’onde ennemie, se lézardent et s’entrouvrent.
Virgile dramatise sont récit, en incluant une tempête terrifiantee. Partis sereins vers l’Italie, donc cap au NE, après avoir débordé la pointe W de Sicile. Ne connaissent pas la région et privés de leurs repères météo habituels en Egée, on peut logiquement penser qu’ils sont partis avec un vent favorable, et portant pour faire route vers l’Italie. D’ailleurs, Vigile le dit :
Enéide livre 1 (34-123)
[...]Les Troyens, tout joyeux, à peine hors de vue de la Sicile,
faisaient voile vers le large, fendant de leurs proues l’écume salée[...]
Or, voici que Virgile les fait atterrir en « Libye »... Que s’est-il passé ??? On comprend en suivant le scénario du poète, pour qui les dieux de l’Olympe se déchirent et règlent leurs comptes. Tout d’abord Zeus (ou Jupiter pour les latins), qui ne prend pas parti. Mais sa sœur et son épouse : Junon pour les latins et Hera pour les grecs, voue une haine mortelle aux troyens (une histoire de jalousie mesquine, à la suite du choix de Paris, ne la désignant pas comme la plus belle dans un concours de beauté olympique). Junon jure la perte d’Enée et de ses troyens, et fomente un complot pour faire couler leur flotte. Après avoir circonvenu Eole le dieu des vents : textuellement :
Enéide livre 1 (65-75)
« Éole, puisque le père des dieux et le roi des hommes
t’a accordé d’apaiser ou de soulever les flots à l’aide du vent,
sache qu’une race qui m’est odieuse vogue sur la mer Tyrrhénienne,
transportant vers l’Italie Ilion et ses Pénates vaincus.
Déchaîne la violence des vents, submerge et engloutis leurs bateaux,
ou disperse-les et parsème leurs cadavres sur la mer.
Je dispose de quatorze nymphes au corps superbe ;
la plus belle de toutes c’est Déiopée. Je l’unirai à toi
en un mariage stable et je te l’attribuerai en propre ;
ainsi, en échange de tes services, elle passera avec toi
toute sa vie et te rendra père d’une belle progéniture ».
Aussitôt dit, de la pointe de sa lance retournée, Éole frappe
le flanc creux de la montagne : les vents, rangés en bataille,
s’engouffrent par la porte qui s’offre et soufflent en tourbillons sur la terre.
Ils se sont abattus sur la mer, tout entière soulevée de ses abîmes
par l’Eurus et le Notus, unis à l’Africus [49]
fécond en bourrasques,
tandis que d’énormes vagues déferlent vers les rivages.
Aussitôt s’élèvent les cris des hommes et le grincement des cordages.
Les nuages dérobent soudain le ciel et la lumière du jour
aux yeux des Troyens ; une nuit noire se couche sur la mer.
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
Manifestement, Enée a été confronté à une situation météorologique inconnue. Habitué à naviguer en Mer Egée, sous le régime stable du Meltem, il n’a pas vu arriver une dépression typiquement locale en Méditerranée centrale : petites dépressions qui peuvent être virulentes, soumises à des champs de pression hétérogènes, produis par une topologie très contrastée, entre les massifs alpins eu nord et le Sahara au sud. Vigile nous donne des indications avec les trois vents de secteur sud : d’bord le Notus (SE), puis l’Eurus (S), et l’Africus (SW). La dépression est donc passée au Nord de Trapani, en faisant route vers le SE
Puis, en nous parlant de l’Aquilon, vent froid de secteur NE, il nous fait comprendre que la dépression est passée. Mais, il fait dériver la flotte de plus de 100 milles dans le SW, ce qui laisse supposer que la dépression s’est déplacée au sud de Malte, probablement dans le golfe de Syrte, où elle serait restée stationnaire (peut être en se creusant) au moins 48 H, temps nécessaire pour la dérive de la flotte désemparée, jisqu’à la côte africaine.
Cet « Aquilon », c’est le Gregale, vent bien décrit : https://www.britannica.com/science/... [50]
Les options, de route, contemporaines
Virgile indique que Enée aborde en Lybie. Mais c’est certainement au sens très large, car ensuite Enée marche à pied pour arriver à Carthage, ce qui représenterait 1000 km.
L’hypothèse serait qu’il ait, en fait, abordé vers Sidi Bou Said, ça pourrait correspondre à une dérive à partir de l’exrême ouest de la Sicile.
Enéide livre 1 (81-87)
Entre-temps Neptune remarque le tumulte de la mer démontée
et la tempête déchaînée ; de la profondeur des abîmes,
il voit refluer des nappes d’eaux et il s’en émeut vivement ; et du large
regardant autour de lui, il a levé au-dessus de l’eau sa tête sereine.
Il voit la flotte d’Énée dispersée sur toute la surface de la mer,
les Troyens écrasés par les vagues et l’écroulement du ciel.
Les ruses et les colères de Junon n’ont pas échappé à son frère.
Il convoque auprès de lui Eurus et Zéphyr, et leur dit :
« Tirez-vous de votre naissance une si grande assurance ?
Voilà que maintenant, sans mon ordre, vous avez l’audace,
ô vents, de remuer ciel et terre, et de soulever de telles masses ?
Il parle ainsi, et plus prestement encore, apaise les flots gonflés,
rassemble les nuages, les chasse et ramène le soleil.
Cymothoé et Triton s’efforcent en même temps de dégager
[…]ainsi tout le tumulte de la mer tomba, dès que le père des flots,
portant au loin ses regards, s’avança sous le ciel dégagé, […]
[…]Les Énéades, épuisés, cherchent à atteindre dans leur course
les rivages les plus proches et se tournent vers les côtes de Libye.
Il existe un lieu au fond d’une baie : une île y forme un port,
Port
Très ensablé de nos jours, très difficile d’accès
Dans l’antiquité ce port, était proche de l’ancienne Carthage, mais il est très difficile de voir où et comment les vieux navires carthaginois étaient hébergés. Dans un petit bâtiment, l’Antiquarium, se trouvent plusieurs dessins et une maquette, qui couplée à un peu d’imagination, permet de visualiser ce port d’attache le plus remarquable de la marine carthaginoise. Carthage a été la principale puissance maritime de la Méditerranée occidentale pendant plusieurs siècles jusqu’à sa destruction par les Romains . Les navires ont été retirés de l’eau et logés dans des cabanes à bateaux construites autour d’un lagon circulaire. (source : Cruiserwiki)
Le cothon de Carthage était alors un port creusé https://journals.openedition.org/mediterranee/1892. "Les sources antiques visant à définir le port de type cothon semblent en partie reposer sur un passage de Virgile (71 av.-19 ap. J.-C.) relatif aux ports de la Carthage augustéenne : « Hic portus alii effodiunt » (Aen., I 427)
Ci contre la photo d’un autre port creusé, le cothon de Mahdia
Options de mouillage
Uniquement par beau temps établi, il n’existe aucun abri naturel
https://www.navily.com/fr/mouillage...
Sidi Bou Saïd est la station balnéaire “chic” de Tunis, proche soit en taxi, soit par le train
Clearance
Rien ici il faut aller à Tunis
Approvisionnement, services
Tunis
Entretien Réparation
Tunis
Le fond de l’histoire de Virgile, c’est une passion, celle de Didon reine de Carthage. Passion mortelle qui provoquera son suicide sur un bucher. Nous sommes des marins, et nous ne sommes pas venu pour celà, d’autant plus que sa légende ne serait pas aussi brillante [51]
Enéide livre 1 (588-595)
Énée se tenait droit, resplendissant dans une claire lumière ;
il avait le visage et les épaules d’un dieu ; car sa mère même
avait en un souffle doté son fils d’une chevelure magnifique,
de l’éclat vermeil de la jeunesse et d’yeux pétillants de charme :
ainsi des mains d’artiste rehaussent la beauté de l’ivoire,
ou parent d’or fauve l’argent ou le marbre de Paros.
Alors il s’adressa à la reine et, soudain, à la surprise générale,
il dit ainsi : « Je suis ici devant vous, celui que vous cherchez,
[...]il embrasera la reine affolée et mettra le feu à la moëlle de ses os
[...]lui seul a ému mes sens et ranimé mon esprit hésitant
[...]Didon aime, se consume, et traîne un délire qui parcourt ses os.
[...]Alors, la pitoyable Didon, terrifiée par les destins,
appelle la mort ; elle est lasse de voir la voûte du ciel.
Pour la pousser à exécuter son dessein et à quitter la vie,
Voilà, tout est dit et Didon se consumera jusqu’à s’en suicider
Énée, lui, assuré désormais de partir, sommeillait,
en haut de sa poupe ; tout était prêt déjà, bien au point.
Alors dans son sommeil il vit se présenter à lui l’image du dieu
revenant sous les mêmes traits et l’avertissant de nouveau.
En tous points semblable à Mercure, il avait sa voix, son teint,
ses cheveux blonds et son corps éclatant de jeunesse.
« Fils de déesse, peux-tu dormir, en un tel moment ?
Ne vois-tu pas les périls qui t’entourent désormais,
pauvre fou, n’entends-tu pas les souffles favorables des Zéphyrs ?
Cette femme retourne en son coeur rusé un abominable sacrilège,
décidée à mourir, ballottée en tous sens dans la tempête de sa colère.
[…]Va-t-en donc ! Arrête de tergiverser ! La femme est chose qui toujours
varie et change ! » Sur ces paroles, il se mêla à l’obscurité de la nuit.
Alors Énée, effrayé à cette apparition soudaine,
s’arrache au sommeil et secoue ses compagnons :
« Éveillez-vous, mes amis », vite, à vos postes de rameurs ;
hâtez-vous, détachez les voiles. Un dieu, envoyé du haut de l’éther,
me presse de hâter notre fuite et de trancher les câbles de nos amarres
Décidé à quitter Didon et Carthage, Enée consulte le dieu Mercure, [52] qui lui susurre : “n’entends-tu pas les souffles favorables des Zéphyrs ?”... Or pour faire route vers Rome, c’est cap au N/NE, c’est à dire que les vents favorables de Mercure sont de SE à SW, avec une rotation rapide au NE (l’Aquilon), c’est à dire un vent de face. Enée pauvre naïf, connaissait mal la météorologie locale, et vite, il le paiera. Il aurait mieux fait de prendre la météo sur les Grib.
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
Parti pour une route directe vers l’Italie, Virgile nous guide :
Enéide livre 5 (8-15)
Dès que les navires eurent gagné le large, sans terre en vue
désormais mais uniquement et partout le ciel et la mer,
une sombre nuée, porteuse de nuit et d’orage, s’arrêta
au-dessus de leurs têtes et la mer se hérissa dans l’obscurité.
Du haut de la poupe, le pilote Palinure lui même s’écria :
Pourquoi ces nuages si lourds ont-ils envahi le ciel ?
Que prépares-tu donc, seigneur Neptune ? » Après ces paroles,
il ordonne de réduire les voiles, de peser sur les rames puissantes,
puis obliquement présente au vent ses voiles pliées, en disant :
Magnanime Énée, même si Jupiter m’en faisait la promesse,
sous un pareil ciel, non, je n’espérerais pas atteindre l’Italie.
Les vents ont tourné, surgis du sombre Couchant,
et grondent sur nos flancs, et l’air n’est plus que brouillard.
Et nous, malgré nos efforts, nous ne pouvons leur résister
ni même tenir le cap. La Fortune est souveraine, suivons-la,
et faisons route vers où elle nous appelle. Je pense proches
les rivages sûrs et fraternels d’ Éryx et les ports de Sicanie, [53]
Enéide livre 5 (26-35)
Alors le pieux Énée : C’est bien cela qu’exigent les vents
et, depuis un moment déjà, je te vois en vain lutter contre les éléments.
Hisse les voiles, change de direction. Pourrait-il exister à mes yeux
endroit plus cher ou havre plus désirable pour mes navires épuisés
[...]Ces paroles dites, on tend vers un port, des Zéphyrs favorables
gonflent les voiles et la flotte est rapidement emportée sur les flots ;
finalement, on se dirige avec joie vers une plage bien connue.
Enée profitera de son séjour à Drepanon pour rendre hommage aux cendres de Anchise et participer aux jeux institués en l’honneur de son père
Mais aussi une énième intervention de Junon, excitant la colère des femmes troyennes, les poussera à incendier la flotte d’Enée. Cette fois ci, Jupiter, sollicité interviendra en provoquant un orage dont la pluie éteindra l’incendie
Les options, de route, contemporaines
De nos jours, un marin moderne, prenant la météo depuis Sidi Bou Saïd, aurait vu arriver une dépression, ce qui l’aurait amené a prendre une série de décisions
ndlr : cette crédulité dans le “message délivré” peut aussi de nos jours frapper le naïf se fiant à un augure moderne nommé “météo du jour” qui ne vaut, souvent, que pour celui qui l’écoute. La sécurité est de critiquer la “situation” en tenant un historique, en vérifiant sa cohérence et en observant par le fenêtre !!!
Port
déjà traité, ici
Options de mouillage
déjà traité, ici
Clearance
déjà traité, ici
Approvisionnement, services
déjà traité, ici
Entretien Réparation
déjà traité, ici
La très riche et très complexe histoire de Trapani mérite un traitement particulier. Nous l’avons récapitulé en 5 chapitres, nous semblant significatifs :
Enéide livre 5 -15
les rivages sûrs et fraternels d’Éryx et les ports de Sicanie
Thucydide, l’a remarque parmi les colonies principales des Phéniciens en Sicile, subsistant encore à l’époque de l’expédition athénienne, 415 BC. Comme les colonies grecques croissaient en nombre et en importance, les Phéniciens abandonnèrent peu à peu leurs établissements à proximité immédiate des nouveaux venus, et se concentrèrent sur leurs trois principales colonies de Solonte, Panorme (l’actuelle Palerme), et Motyé. Cette dernière, de par sa proximité avec Carthage et sa situation privilégiée pour les échanges avec l’Afrique, autant que l’avantage de la configuration géographique de sa position, devint une des forteresses principale des Puniques et une de leurs principales cités commerciales de l’île. Elle tombera en 397 BC, lors du siège mené par le grec Denys l’ancien, le tyran de syracusse. Ruinée, elle tombera dans l’oublie, juste renommée San Pantaleo (Saint-Pantaléon) au XIe siècle par des moines de l’ordre des Basiliens, puis rebaptisée Mozia selon le nom de l’ancienne cité, n’était plus reliée à la côte sicilienne que par une chaussée artificielle pouvant être empruntée par des chariots à larges roues. Puis elle disparut complètement de l’histoire, et le petit îlot sur lequel elle était bâtie fut probablement occupé, tout comme maintenant, uniquement par quelques pêcheurs.
Ci-contre, la reconstitution par Wikipedia du Cothon de Motyé
Enéide livre 5 (33-41)
Par ailleurs, Aceste, qui de loin du haut d’un mont élevé,
avait observé l’arrivée de vaisseaux amis, court à leur rencontre,
[...]Il n’avait pas oublié ses lointains ancêtres, applaudit ces revenants
et, tout heureux, avec un faste champêtre, accueille ces hommes épuisés ,
et leur apporte le réconfort de ses ressources amicales.
Interprétant leur arrivée près du tombeau d’Anchise comme un signe bienveillant des dieux, Enée ordonne aussitôt d’organiser en commun avec Aceste une cérémonie qui sera suivie, neuf jours plus tard de jeux : régates, course à pied, lutte et tir à l’arc
Enéide livre 5 (33-71)
Et par miracle, nous voici près des cendres, des ossements de mon père ;
ce n’est pas, je pense, sans l’intention des dieux, sans leur volonté
que nous sommes ici déportés et entrons dans un port ami.
Venez donc, et tous ensemble honorons-le dans la joie :
implorons les vents [55] et, puisse mon père vouloir que, chaque année,
dans la ville que je fonderai, j’apporte des offrandes dans ses temples.
Aceste, originaire de Troie, vous offre à chacun des boeufs,
deux bêtes par navire ; invitez à un banquet les Pénates,
ceux de notre patrie et ceux qu’honore notre hôte Aceste.
Et, quand la neuvième Aurore aura fait se lever pour les mortels,
ce jour béni, et de ses rayons aura libéré la terre de ses voiles,
j’instaurerai les premières courses navales pour les Troyens.
Et que les meilleurs à la course à pied, les audacieux, sûrs de leur force,
qui prétendent exceller au lancement du javelot ou des flèches légères,
ou ceux qui osent engager la lutte, armés du ceste en cuir cru,
que tous se présentent, et espèrent la récompense d’une palme méritée.
Tous, faites silence, et ceignez vos tempes de rameaux de feuillage
Énée, le front ceint de myrte, suivi d’une foule nombreuse, se rend au tombeau d’Anchise, fait des libations et s’adresse à l’ombre de son père
Salut, père divin, une seconde fois ; salut à vous, cendres,
âme et ombre paternelles, retrouvées, bien en vain.
Il ne nous a pas été donné d’aller ensemble en quête de l’Italie
[...] il immole selon l’usage
deux brebis de deux ans, deux porcs et deux taurillons
aux noires échines ; répandant le vin des patères, il invoqua
l’âme du grand Anchise et ses Mânes renvoyés de l’Achéron.
[...] Le jour attendu était arrivé, et déjà, dans la lumière limpide,[...]
les chevaux de Phaéthon amenaient la neuvième Aurore.
La nouvelle des jeux, le nom de l’illustre Aceste avaient attiré
les gens des environs : en une joyeuse cohue ils avaient couvert le rivage,
[...]dans leur désir de voir les Énéades [56] ; certains étaient prêts à concourir.
Enéide livre 5 (114-150)
Enéide livre 5 (124 - 150)
Loin au large, face au rivage écumant, se dresse un rocher
que parfois les flots gonflés viennent battre et recouvrir,
lorsque les bises hivernales dissimulent les constellations.
Par temps calme, c’est le silence ; vraie terrasse, le rocher émerge
de l’onde immobile, séjour très cher aux plongeons amis du soleil.
Le sage Énée désigne une borne verte, une yeuse feuillue, [57]
marque de parcours destinée à indiquer aux marins l’endroit d’où revenir
et à contourner pour poursuivre leurs longues courses.
Installés sur les bancs, ils ont les bras tendus sur les rames ;
tendus, ils attendent le signal, la peur qui les frappe
et leur désir exacerbé de gloire épuisent leurs cœurs haletants.
Dès que la trompette a donné son éclatant signal, tous aussitôt
bondissent de leurs lignes ; les cris des marins frappent l’éther ;
les bras agités retournent les flots qui se couvrent d’écume.
Des sillons égaux se creusent, et toute la plaine marine s’entrouvre,
déchirée par les rames et les éperons à trois dents.
Dans une course, les biges ne sont pas si ardents à se précipiter,
[...]et des passions des supporters ; l’anse du rivage répercute les voix ;
les collines renvoient l’écho des clameurs qui les frappent.
Enéide livre 5 (151 - 158)
Précédant les autres, Gyas (sur Chimère) s’échappe et le premier glisse
sur les vagues, en présence d’une foule frémissante ; Cloanthe,
meilleur à la rame, le suit ; mais, le bateau prend du retard
à cause de son poids. Derrière eux, à distance égale,
la « Pristis » et le « Centaure » cherchent à se dépasser ;
tantôt la « Pristis » est en tête ; tantôt l’imposant « Centaure »
l’emporte et la double ; tantôt tous deux avancent de front,
et de leurs longues carènes sillonnent les ondes salées.
Enéide livre 5 (159 - 168)
Déjà ils étaient proches du rocher et touchaient la marque de parcours,
quand Gyas sur Chimère , en tête et vainqueur à la mi-course,
appelle à haute voix Ménétès, le pilote de son navire :
« Où me mènes-tu, si à droite ? Serre de ce côté ;
longe le bord, et à gauche, et laisse la rame frôler le rocher ;
que les autres prennent le large », dit-il ; mais Ménétès,
redoutant d’invisibles écueils, détourne sa proue vers la mer.
« Où t’écartes-tu ? » Puis : « Va vers les rochers, Ménétès ! »
Gyas le rappelait en criant ; et voilà qu’il se retourne
et dans son dos voit Cloanthe, tout proche, qui le presse.
Enéide livre 5 (169 - 172)
Cloanthe se faufile à l’intérieur par la gauche, entre le bateau de Gya
et les rochers sonores ; soudain il dépasse le premier
et gagne les eaux sûres, laissant la marque derrière lui.
Enéide livre 5 (173 - 182)
Une souffrance infinie brûle le jeune Gyas jusqu’aux os ;
des larmes lui mouillent les joues ; oubliant sa dignité
et le salut de ses compagnons, il pousse du haut de la poupe
l’hésitant Ménétès, et le précipite tête en avant dans la mer.
Lui, le capitaine, prend la place du pilote ; il est le maître,
exhorte les hommes et dirige la barre vers le rivage.
Et, lorsque Ménétès, âgé déjà, est enfin sorti de l’eau,
accablé et ruisselant dans ses vêtements mouillés,
il gagne le sommet de l’écueil et s’assied au sec sur le rocher.
Les Teucères [58] ont ri, lorsqu’ils l’ont vu glisser et nager,
et ils rient à voir sa poitrine recracher des flots d’eau salée.
Enéide livre 5 (183 - 201)
Les deux derniers, alors, Sergeste et Mnesthée voient naître
un heureux espoir de l’emporter sur Gyas, qui tarde.
Sergeste prend la tête et s’approche du rocher,
mais n’est pas premier, son bateau ne le précédant pas entièrement ;
premier partiellement, il est serré par l’éperon de « la Pristis »,sa rivale.
Alors, Mnesthée s’avance du milieu du bateau, encourage
ses compagnons : « Allons, allons pressez sur les rames,
compagnons d’Hector, vous que, lors du dernier jour de Troie,
j’ai choisis pour me suivre ; c’est le moment de faire éclater
ces forces, ce courage, qui vous ont servis dans les Syrtes gétules,
sur la mer Ionienne et parmi les flots tumultueux du cap Malée.
Moi Mnesthée je renonce au premier prix et ne lutte plus pour la victoire,
quoique...! Ô Neptune, qu’emportent la palme ceux à qui tu l’as destinée !
Ce serait une honte d’être les derniers : remportez au moins cette victoire,
mes amis, empêchez ce déshonneur ». Les hommes dans un effort ultime
se penchent sur les rames : la poupe d’airain tremble et le sol se dérobe
sous leurs énormes battements ; une respiration haletante secoue les corp
et dessèche les bouches et de partout, ruissellent des flots de sueur.
Enéide livre 5 (202- 209)
Le hasard même leur apporta précisément l’honneur désiré.
Car tandis que, dans sa fougue, l’infortuné Sergeste
pressait sa proue vers le rocher, se faufilant et s’avançant
à l’intérieur du passage dangereux, il alla s’échouer sur les rocs en saillie.
Le récif a été ébranlé, les rames, au contact des arêtes du rocher,
ont volé en éclat et la proue défoncée est restée suspendue.
Les matelots se dressent, et poussant des cris, tentent de se dégager ;
ils saisissent des piques de fer et des épieux garnis de pointes
et recueillent dans le gouffre leurs rames brisées.
Enéide livre 5 (210- 225)
Quant à l’heureux Mnesthée, plus fougueux après son succès,
grâce à sa troupe de rapides rameurs et les vents qu’il a invoqués,
il gagne des zones calmes et file sur la mer qui s’ouvre à lui.
On dirait une colombe, subitement chassée de la caverne
où elle a fait sa demeure et son nid douillet au creux d’une pierre,
quand elle s’envole vers les champs et, effrayée, quitte son abri
d’un vigoureux claquement d’ailes ; mais bientôt, dans l’air paisible
elle glisse, effleure sa route aérienne, sans agiter ses ailes rapides.
Ainsi, Mnesthée, ainsi la « Pristis » dans sa fuite fend les flots,
les derniers à parcourir, entraînée dans son vol par son élan même.
Et d’abord la « Pristis » abandonne en haut du récif Sergeste
qui se débat et appelle vainement à l’aide, et dans les bas-fonds
elle s’essaye à faire la course avec des débris de rames.
Puis la « Pristis » rejoint Gyas et l’imposante « Chimère »
et cède devant elle, puisque elle est privée de son pilote
Enéide livre 5 (226- 232)
Désormais, à la fin du parcours, Cloanthe reste seul en tête ;
Mnesthée veut le rejoindre et le serre de toutes ses forces.
Alors les cris redoublent et tous encouragent le poursuivant
de leurs voeux, tandis que l’éther retentit de bruits fracassants.
Les uns s’indignent à l’idée de ne pas obtenir la palme qui leur revient,
la gloire déjà conquise ; et pour cet honneur, ils risqueraient leur vie.
L’idée du succès nourrit les autres : ils peuvent, puisque ils croient pouvoir.
Et peut-être les deux l’auraient emporté, leurs proues sur une même ligne
Enéide livre 5 (233- 243)
si Cloanthe, les deux mains tendues vers le large, ne s’était répandu
en prières et n’avait invoqué les dieux en faisant des voeux :
« Dieux qui détenez l’empire de la mer, maîtres des flots que je parcours,
je serai heureux de consacrer en votre honneur sur ce rivage,
un taureau blanc, pour m’acquitter de mon voeu devant vos autels ;
je jetterai ses entrailles dans l’onde salée, et ferai des libations de vin pur. »
Il a parlé, et dans les profondeurs des flots, tous l’ont entendu :
le choeur des Néréides et de Phorcus, et la vierge Panopée ;
le vénérable Portunus lui-même de sa main puissante poussa
le navire : plus rapide que le Notus et qu’une flèche ailée,
le navire a volé vers le rivage et s’est enfoncé dans le port
Enéide livre 5 (244- 284)
Alors, le fils d’Anchise convoque tous les concurrents,
selon la coutume ; par la voix puissante du héraut il proclame
Cloanthe vainqueur et lui couronne le front de vert laurier ;
il accorde aussi à chaque équipage trois jeunes taureaux
à choisir, du vin et un grand talent d’argent à emporter.
Aux capitaines il ajoute encore des honneurs particuliers :
au vainqueur, une chlamyde d’or, ornée d’un double méandre
de pourpre mélibéenne, qui l’entoure de sa large bordure.
Tissée dans la toile, une image représente dans l’Ida feuillu
Puis celui qui, par sa valeur, a conquis la seconde place,
reçoit une triple cotte de mailles polies entrelacées d’or,
qu’ Énée avait arrachée à Démoléos, quand il l’avait vaincu
Le troisième prix est constitué de deux bassins de bronze,
de vases d’argent parfaitement travaillés, avec des figures en relief.
Et déjà tous les vainqueurs primés, fiers de leurs richesses,
s’avançaient, le front ceint de bandeaux de pourpre
quand, à Sergeste (Centaure) ayant réussi à force d’habileté, à s’arracher au cruel rocher,
affaibli par la perte de ses rames et d’un rang de rameurs,
s’avança sans honneur, ramenant son bateau sous les quolibets.
C’est avec un équipage ainsi affaibli que le navire s’avançait lentement ;
cependant Sergeste hisse les voiles et, vent en poupe, entre au port.
Énée gratifie Sergeste de la récompense promise, heureux de voir
le bateau sauvé et ses compagnons ramenés à bon port…
On lui donne une esclave, Pholoé, d’origine crétoise, habile
aux travaux de Minerve, […]
Enéide livre 5 (604 - 663)
Durant les jeux, Junon, toujours hostile aux Troyens, dépêche Iris qui aperçoit en retrait sur le rivage des Troyennes pleurant la mort d’Anchise et surtout maudissant leurs errances sans fin. Prenant les traits de la Troyenne Béroé, Iris veut persuader ces femmes découragées de mettre le feu aux navires, ce qui obligerait les Troyens à s’installer définitivement en Sicile.
Junon la Saturnienne du haut du ciel dépêcha Iris vers la flotte d’Ilion,
faisant souffler des vents favorables au départ de sa messagère ;
la déesse agite mille projets, elle n’a pas encore digéré sa vieille rancune.
La vierge se hâte, empruntant un arc aux mille couleurs,
Elle aperçoit un immense rassemblement et, parcourant le rivage
de ses regards, remarque le port désert et la flotte abandonnée.
[...]lassées de tant d’écueils, et à l’idée
qu’une mer si vaste restait à franchir, toutes n’ont qu’une seule voix :
elles demandent une ville, excédées d’endurer les épreuves de la mer.
Or, Iris, qui n’ignore rien de l’art de nuire, se jette parmi elles,
délaissant son apparence et ses vêtements de déesse.
Elle devient Béroé, l’épouse âgée de Doryclus du Tmaros,
C’est déjà le septième été, depuis l’écroulement de Troie,
que nous sommes emportées, à travers mers, terres diverses,
rochers inhospitaliers et cieux si nombreux, et que nous poursuivons,
ballottées par les flots sur l’immensité marine, l’Italie qui se dérobe.
Allons, secouez-vous et brûlez avec moi ces navires de malheur.[...]
[...]À ces mots, avec vivacité elle saisit la première une torche menaçante
et, de loin, levant haut la main, elle la brandit avec force et la lance.
Les femmes d’Ilion ont l’esprit tendu, et le coeur stupéfait.
Mais les matrones, d’abord indécises, regardaient les bateaux,
d’un oeil mauvais, malheureusement partagées entre leur attachement
pour une terre déjà connue ou pour le royaume où les appelait le destin,
[...]toutes crient et dérobent le feu des foyers sacrés au fond des demeures ;
elles dépouillent les autels, entassent feuilles, branches et torches.
Vulcain, toutes rênes lâchées, fait rage à travers les bancs,
les rames et les poupes peintes faites de bois de sapin.
Enéide livre 5 (664 - 699)
Dès qu’un messager avertit les Troyens du désastre, Ascagne le premier, bientôt suivi par Énée et les autres, veut faire comprendre aux femmes leur erreur. Apeurées, elles cherchent à se cacher, regrettant leur geste
Cependant, Énée, voyant que l’incendie est impossible à maîtriser, supplie Jupiter d’empêcher l’anéantissement total des Troyens, ou sinon de le foudroyer sur place. Cette prière est entendue : immédiatement un orage violent éteint l’incendie, et toute la flotte, sauf quatre navires, est sauvée .
[...]Quelle est votre incroyable folie ? Que cherchez-vous maintenant ?
Hélas, malheureuses citoyennes ! Non, ce n’est ni un ennemi
ni le camp honni des Argiens, mais vos propres espoirs que vous brûlez.
C’est moi, votre Ascagne ![...]
Au même moment, Énée se hâte, ainsi que les troupes des Teucères.
Quant aux femmes, prises de peur, elles fuient en tous sens,[...]
Mais pour autant les flammes et les incendies n’ont rien perdu
de leurs forces indomptées ; sous le chêne humide, l’étoupe vivante
crache une lourde fumée, la chaleur peu à peu ronge les coques,
et le fléau descend, gagnant le corps entier des navires ;
ni les forces des héros, ni les flots déversés n’y font rien.
Alors le pieux Énée arrache son vêtement de ses épaules,
appelle les dieux à l’aide, et tendant les mains : « Jupiter tout-puissant,
si tu n’as pas encore pris en haine jusqu’au dernier les Troyens,
si l’antique piété considère quelque peu les souffrances humaines,
permets, ô père, que la flotte échappe maintenant aux flammes,
et arrache à l’anéantissement les maigres ressources des Teucères.
Sinon, il te reste ceci à faire : de ton foudre hostile envoie-moi
à la mort, si je le mérite, et qu’ici même, ta droite m’anéantisse ».
Il avait à peine énoncé cette prière qu’aussitôt une noire tempête
se déchaîne en trombes d’eau et que sous l’effet du tonnerre
s’écroule un nuage chargé d’eau, très noir, sous les nuées des Austers ;
les poupes sont inondées, les bois à demi consumés se gorgent d’eau,
jusqu’à ce que la fumée enfin soit totalement étouffée ;
et, sauf quatre navires perdus, toute la flotte est sauvée du désastre.
Découragé, Énée hésite à s’établir en Sicile ou à poursuivre sa route vers l’Italie. Le vieux Nautès lui suggère d’obéir aux destins et de confier à Aceste ceux des Troyens qui ne désirent plus reprendre la mer, pour qu’ils fondent en Sicile une nouvelle cité.
L’apparition nocturne de son père Anchise conforte Énée dans cette idée, l’assurant du soutien de Jupiter. Énée apprend qu’avant de s’établir définitivement en Italie, il devra mener des guerres au Latium et descendre aux enfers, où Anchise lui prédira sa destinée ; ensuite, sans qu’il puisse la retenir, il voit disparaître l’image de son père. Et sur le champ, il fait diverses offrandes
Mais le roi Énée, fortement ébranlé par cet événement cruel,
retournait en son coeur ses lourds soucis, prenant tantôt un parti,
tantôt l’autre : allait-il rester sur les terres sicules,
et oublier son destin ? Ou allait-il gagner les rives d’Italie ?
Alors, le vieux Nautès [...]se mit à réconforter Énée
Fils de déesse, suivons la voie où nous mènent et nous ramènent les destins ;
quoi qu’il arrive, toute fortune est surmontable si on la supporte.
Le dardanien Aceste, de race divine, t’est totalement acquis :
associe-le à tes projets, et unissez-vous ; c’est son souhait.
Confie-lui ceux qui sont en surnombre après la perte de leurs navires,
et ceux qui en ont assez de ta grande entreprise et de tes affaires.
Les vieillards chargés d’ans, les matrones lasses de la mer,
et tous ceux des tiens qui sont sans force et craignent le danger, mets-les à part
et permets-leur, ils sont épuisés, de posséder des murs sur cette terre ;
Les paroles du vieillard bienveillant ont rallumé l’ardeur d’Énée
il crut voir la figure de son père Anchise lui apparaître
soudain tombée du ciel, et lui tenir ces propos :
je viens ici sur ordre de Jupiter ; il a repoussé l’incendie
loin de la flotte et, du haut du ciel, t’a enfin pris en pitié.
Écoute les conseils excellents que te donne maintenant
le vieux Nautès ; conduis en Italie des jeunes hommes d’élite,
les coeurs les plus valeureux. Au Latium, tu devras réduire par la guerre
une race dure, aux moeurs rudes. Toutefois, rends-toi d’abord
aux demeures infernales de Dis, à travers le profond Averne,
et cherche, mon fils, à m’y rencontrer. [...]
mais je fréquente dans l’Élysée les aimables assemblées des hommes pieux. La chaste Sibylle t’y conduira, [...]
Alors tu connaîtras toute ta descendance, et les murs qui te sont donnés.
Ainsi parle Énée, en versant des larmes ; puis il lâche la bride
à la flotte et aborde finalement aux rivages euboïques de Cumes. [59]
On retourne les proues vers la mer ; alors, de leur croc puissant,
les ancres immobilisent les navires, les poupes recourbées bordent le rivage.
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
Enéide livre 5 (777-871)
Enée repart vers son destin, cap sur l’Italie
Ses compagnons, à l’envie, frappent et balayent les flots.
Un vent de poupe se lève et accompagne leur départ.
Se remémorant les prophéties d’Hélénus, confortées par l’apparition d’Anchise, Énée devra faire étape à Cumes, où la Sibylle, dûment vénérée, lui fera des révélations et l’aidera de ses conseils et de sa protection, pour venir à bout de toutes ses épreuves. Malheureusement, le voyage se passera mal avec la disparition en mer du pilote Palinure
Interventions divines (5, 779-826)
Vénus confie à Neptune son inquiétude, lui rappelant l’acharnement persistant de Junon à l’égard de Troie et de ce qui reste des Troyens. Habilement, elle le supplie d’accorder à ces derniers une traversée calme et une heureuse arrivée en Italie, en conformité du reste avec les arrêts des destins (5, 779-798).
Mais Vénus entre-temps, rongée d’inquiétude, s’adresse
Neptune et de son coeur laisse échapper ces plaintes :
« Le pesant courroux de Junon, son coeur toujours inassouvi,
me contraignent, Neptune, à en venir à toutes les prières possibles [...]
[...]Pour l’avenir, je t’en prie, accorde-leur une traversée sûre
sur les ondes, permets-leur d’atteindre le Thybris des Laurentes, [60]
si je demande des choses arrêtées, si ces remparts sont un don les Parques ». [61]
Neptune promet d’exaucer cette prière, mais exige toutefois en échange du salut des Troyens, une vie humaine. Puis s’élançant avec toute sa suite sur son char, il fait régner le calme sur les flots (5, 799-826).
Alors, le fils de Saturne, souverain des mers profondes, dit ceci :
« C’est absolument ton droit, Cythérée, de te fier à mon royaume,
car tu en tires ta naissance. J’ai moi aussi mérité ta confiance : souvent,
j’ai réprimé les fureurs et la rage sans borne du ciel et de la mer.
[...]je prends tout autant soin de ton Énée.
[...]rejette toute crainte.[...]
[...]Énée accédera sain et sauf aux ports de l’Averne, que tu souhaites pour lui.
Un homme seulement, que tu chercheras dans l’abîme, sera perdu ; [62]
« Mortelle solitude du pilote »
quand le Sommeil glissa sans bruit du haut de l’éther étoilé,
« Palinure, descendant de Iasius, l’onde porte la flotte d’elle-même,
des brises régulières soufflent ; l’heure est au repos.
Laisse reposer ta tête et dérobe à la peine tes yeux fatigués.
[...]attaché à la barre, s’y cramponnant,
il ne la lâchait jamais et tenait les yeux fixés sur les astres.
Et voici que le dieu agite autour du front de Palinure un rameau
humide de la rosée du Léthé et somnifère par la vertu du Styx ,
et tandis que le pilote résiste, il fait chavirer ses yeux vacillants.
À peine ce repos inattendu avait-il détendu ses membres,
que le dieu se pencha sur lui et avec une partie de la poupe arrachée
et le gouvernail, le précipita tête en avant dans les flots limpides,
Les options de route, contemporaines
Sans difficulté, de nos jours, grâce aux aides électroniques : cartographie, gribs météo et l’AIS. Il faudra veiller à la présence de zones protégées, ou de fermes marines
Port
Options de mouillage
Peu de possibilités en proximité de Pozzuoli, mieux sur la côte ouest de la baie, entre Baia di castello et Miseno, mais mouillages très encombrés dans le journée et sujets à la houle artificielle de puissants bateaux à moteur.
Clearance
Approvisionnement, services
Entretien Réparation
Cumes (en italien : Cuma ; en grec : Κύμη ou Κύμαι) est une ancienne cité de la Grande-Grèce, située au bord du golfe de Gaeta (mer Tyrrhénienne), à 12 km à l’ouest de Naples, en Campanie. C’est aujourd’hui une zone archéologique de première importance, qui présente des vestiges nombreux et variés, dont le plus illustre est l’antre de la Sibylle.
Fondée au VIIe siècle BC. par les Grecs de la colonie de Pithécusses (actuelle île d’Ischia, habitée par des Chalcidiens de l’île d’Eubée). Elle est la deuxième colonie grecque de la Magna Græcia.
Virgile, 70-19 BC, connaissant parfaitement l’histoire grecque de Cuma et la mythologie de la Sibylle, fait s’y arrêter Enée, un millénaire plus tôt. Ce faisant, il met en place le scénario de l’origine divine (fils de Venus) d’Octave le futur « Imperator Caesar Divi Filius Augustus »
C’est à Cuma que Virgile condense sa trame sacrée. Cuma possède deux accès maritimes : sur le golfe de Gaeta et le golfe de Pozzuoli. A cet endroit l’isthme est d’une largeur de 3 km... peu de chose en fait, si bien que le mouillage de Pozzuoli semble meilleur, offrant de multiples options de protections. Ils leurs a quand même fallu corriger et reprendre les erreurs de navigation consécutives à la dérive sur les îles Galli. selon Virgile :
La flotte n’en poursuit pas moins sa course tranquille,
et vogue sans crainte, selon les promesses du dieu Neptune.
Déjà elle avait progressé, s’approchant des rochers des Sirènes,[...]
[...]alors montait au loin le son rauque des rocs battus par les vagues incessantes ;
Énée remarqua alors que la flotte voguait à l’aveugle, sans son pilote,
et il prit lui-même la direction du navire sur la mer sombre,[...]
[...]Ainsi parle Énée, en versant des larmes ; puis il lâche la bride
à la flotte et aborde finalement aux rivages euboïques de Cumes.
On retourne les proues vers la mer ; alors, de leur croc puissant,
les ancres immobilisent les navires, les poupes recourbées bordent le rivage.[...]
À Cumes, devant le temple d’Apollon (6, 1-41)
Énée aborde à Cumes. Tandis que ses compagnons vaquent à l’installation sur le rivage, le héros se dirige immédiatement vers le temple d’Apollon, pour y rencontrer la Sibylle (6, 1-13).
En attendant la prêtresse qu’Achate est allé quérir, Énée et ses compagnons contemplent sur les portes du temple des scènes évoquant des légendes liées à la Crète et à Dédale, le fondateur du temple. La prêtresse les tire de leur contemplation, leur recommande d’accomplir des sacrifices, ce qu’ils font aussitôt, puis les appelle dans le temple (6, 14-41).
Premiers contacts avec la Sibylle (6, 42-155)
Les menant à son antre, la Sibylle en transe ordonne à Énée d’honorer Apollon pour pouvoir accéder aux Enfers. Énée demande au dieu de conserver aux Troyens ses faveurs en l’aidant à atteindre l’Italie. Sans négliger les divinités hostiles à Troie, il promet à Apollon un temple, une fête, et un sanctuaire pour sa prêtresse (6, 42-76).
La Sibylle, sous l’emprise du dieu, annonce à Énée qu’il parviendra au but, mais au prix de guerres sanglantes, et elle l’encourage à ne pas se laisser abattre (6, 77-101).
Énée prie la Sibylle de le conduire vers son père Anchise, revendiquant cette faveur au nom de son devoir filial et de son origine divine, au même titre qu’Orphée, Pollux, Thésée, Hercule (6,102-123).
La prêtresse détaille les difficultés et le caractère exceptionnel de cette visite aux Enfers, et avertit Énée des conditions préalables à remplir : se procurer le rameau d’or et se purifier suite à la mort d’un de ses compagnons (6, 124-155).
Conditions d’accès remplies (6, 156-263)
Aussitôt Énée, Achate et d’autres compagnons partent à la recherche du cadavre inconnu ; ils découvrent bientôt sur le rivage le cadavre abandonné de Misène, fils d’Éole, talentueux trompette d’Énée, mort victime de la jalousie de Triton. Sur le champ, tous s’activent à la préparation d’un tombeau (6, 156-189).
Entre-temps, deux colombes guident Énée vers le rameau d’or, qu’il cueille et porte directement à la Sibylle, tandis que s’accomplissent dans les lamentations les cérémonies et offrandes rituelles pour les funérailles de Misène, dont un tombeau et un nom de lieu perpétueront le souvenir (6, 190-235).
Conformément aux ordres de la Sibylle et avec son aide, Énée et ses compagnons procèdent devant l’entrée de l’Averne à divers sacrifices rituels aux divinités infernales. Au lever du jour, dans un grondement de la nature, la prophétesse écarte tout le monde et invite le seul Énée à la suivre dans l’antre qui s’ouvre devant eux (6, 236-263).
Invocation - Vestibule lugubre (6, 264-294)
Le poète demande aux dieux des Enfers la permission de raconter ce voyage souterrain ; puis, Énée et la Sibylle s’avancent seuls dans l’obscurité (6, 264-272).
À l’entrée, ils aperçoivent, dans une atmosphère inquiétante, des personnifications évoquant les durs aspects de la condition humaine ; puis au centre d’une cour, ils voient l’arbre des Songes mensongers et divers monstres de la mythologie, ombres inconsistantes, qu’Énée chercherait à combattre si la Sibylle ne l’en dissuadait (6, 273-294).
Au bord de l’Achéron - Palinure (6, 264-425)
Régnant sur les fleuves des Enfers, le passeur Charon choisit parmi la foule pressée ceux qu’il admettra dans sa barque, écartant les autres de la rive (6, 295-316).
La prêtresse explique à Énée intrigué que les « refoulés » sont les morts restés sans sépulture, condamnés à errer pendant cent années avant d’être admis à la traversée. Énée, ému par un sort si injuste, distingue alors, dans la foule, d’anciens compagnons disparus en mer, et notamment son pilote Palinure (6, 317-339).
Après avoir raconté à Énée les circonstances de sa mort, due à la tempête et à l’hostilité des habitants du rivage d’Italie, Palinure supplie qu’on l’inhume, ou du moins qu’on l’admette avec Énée dans l’autre monde, même sans avoir reçu de sépulture. La prêtresse rejette cette requête impossible et console le malheureux en lui apprenant que le « cap Palinure » servira à honorer sa mémoire (6, 340-383).
Passage du Styx : Charon et Cerbère (6, 384-425)
Avant qu’ils ne parviennent au Styx, Charon, fort de son expérience antérieure avec Hercule, Thésée et Pirithoüs, refuse de laisser passer des vivants (6, 384-397).
La Sibylle rassure Charon sur les intentions d’Énée ; en voyant le rameau d’or, le passeur se calme et, plein de prévenance, leur fait traverser le Styx. La prêtresse endort alors Cerbère et les voyageurs franchissent ainsi le dernier obstacle à leur entrée au pays des morts (6, 398-425).
Premiers groupes - Rencontre avec Didon (6, 426-476)
Énée et la Sibylle parviennent en un lieu où se tiennent différents groupes de victimes de mort prématurée : les nouveau-nés, les condamnés à mort injustement, les suicidés ; et dans les Champs des Pleurs, ils rencontrent diverses héroïnes, victimes d’amours malheureuses (6, 426-449).
Parmi elles, Énée est très ému en reconnaissant Didon, devant qui il tente de justifier son départ de Carthage, mais elle s’enfuit pleine d’animosité et sans même lui jeter un regard (6, 450-476).
Les guerriers - Rencontre avec Déiphobe (6, 477-547)
Poursuivant sa route, Énée aboutit dans la zone où séjournent les guerriers, Grecs et Troyens confondus. Les Troyens cependant s’empressent auprès d’Énée, tandis que les Grecs qui ont vécu la guerre de Troie prennent peur à sa vue (6, 477-493).
Parmi les guerriers, Énée reconnaît Déiphobe affreusement mutilé ; en l’assurant de lui avoir élevé un cénotaphe sans avoir pu l’inhumer, il l’interroge sur les circonstances de sa mort. Déiphobe lui raconte la trahison, lors de la dernière nuit de Troie, de son épouse Hélène, qui introduisit dans sa chambre ses deux bourreaux, Ménélas et Ulysse (6, 494-530).
Déiphobe à son tour interroge Énée, mais la Sibylle les interrompt et presse Énée de continuer sa route. Déiphobe alors se retire, résigné, en faisant des voeux pour l’avenir d’Énée (6, 531-547).
Le Tartare, ses occupants et leurs châtiments (6, 548-627)
Énée aperçoit alors une sorte de bastion puissamment fortifié, gardé par Tisiphone, d’où l’on entend gémir des suppliciés ; le héros intrigué interroge la prêtresse sur la nature des crimes commis et sur leurs châtiments (6, 548-561).
La Sibylle, en tant que prêtresse d’Hécate, connaît bien le Tartare et le lui décrit, car le lieu est inaccessible à Énée. Les coupables, jugés par Rhadamanthe, y sont châtiés par Tisiphone, qui garde les portes ouvrant sur les profondeurs du Tartare qui s’enfonce sous la terre (6, 562-579).
La Sibylle énumère ensuite une série de grands coupables de la mythologie, en décrivant leurs crimes et leurs supplices : les Titans, les Aloïdes, Salmonée, Tityos, les Lapithes avec Ixion et Pirithoüs (6, 580-607).
Vient ensuite la description des damnés anonymes, illustrant les vices courants des humains, à Rome en particulier, et subissant les mêmes supplices que les damnés mythologiques (6, 608-627).
Les bienheureux (6, 628-678)
La prêtresse pousse Énée à poursuivre sa route, lui montrant l’endroit où il doit déposer le rameau d’or, à l’entrée de l’Élysée (6, 628-636).
Ils parviennent dans un lieu très agréable, où les bienheureux s’adonnent dans la paix, à des jeux, à des danses et à des chants, tels le poète Orphée et les fondateurs de la race troyenne. Ils rencontrent ensuite des anonymes, récompensés pour leurs mérites et leurs vertus : soldats, prêtres, poètes et artistes (6, 637-665).
À la Sibylle qui demande où se trouve Anchise, le poète Musée donne quelques détails sur la vie en ces lieux, puis leur indique la voie à suivre (666-678).
Retrouvailles - Au bord du Léthé (6, 679-751)
Énée aperçoit alors Anchise, occupé à recenser les âmes de ses descendants destinées à gagner un jour la terre des vivants ; père et fils se retrouvent avec beaucoup d’émotion, se parlent, sans toutefois pouvoir s’étreindre (6, 679-702).
Anchise renseigne brièvement Énée sur les âmes innombrables qui cherchent l’oubli en buvant l’eau du Léthé, dans l’attente d’une réincarnation, mais il se montre surtout désireux de faire connaître à son fils la future lignée de leurs descendants (6, 703-718).
Au préalable cependant, il satisfera la curiosité d’Énée à propos du sort des âmes après la mort. Il expliquera que les choses proviennent d’une masse matérielle originelle, animée par un esprit. En particulier, les vivants sont constitués d’un élément spirituel, gravement alourdi par la matière, qui leur fait oublier le ciel. Après la mort, les âmes doivent expier leurs fautes, en subissant divers supplices, après quoi certaines seraient dans l’Élysée, tandis que les autres attendraient une réincarnation (6, 719-751).
Revue des héros romains (6, 752-854)
Anchise va maintenant désigner dans la foule en attente de renaissance toute une série de futures gloires romaines. Viennent d’abord les rois d’Albe (dont le premier, Silvius, et les derniers, Procas et Numitor), les fondateurs de petites villes voisines de Rome, et enfin Romulus, qui fera de Rome le centre du monde (6, 752-787).
Anchise présente ensuite l’empereur Auguste au milieu des Iulii, insistant avec emphase sur son rôle pacificateur et sur l’étendue de son empire, ce qui ne peut que stimuler Énée (6, 788-807).
Seront évoqués ensuite les rois de Rome successeurs de Romulus (Numa, Tullus, Ancus, et les deux Tarquins, Servius Tullius étant oublié), ainsi que Brutus, « tombeur » des rois et instaurateur de la République (6, 808-823).
Anchise présente encore quelques figures marquantes de l’époque républicaine, notamment César et Pompée, les vainqueurs de la Grèce, les vainqueurs de Carthage, avant de terminer en insistant sur la mission spécifique de Rome, qui sera de faire régner la paix dans le monde soumis à ses lois (6, 824-854).
Fin de la revue (Marcellus) et retour sur terre (6, 854-901)
La dernière « apparition » sera celle d’un jeune homme escortant l’éminent héros Marcellus. Énée, intrigué par son air triste, apprend bientôt de la bouche d’Anchise très ému qu’il s’agit du jeune Marcellus, neveu et gendre d’Auguste, paré de toutes les qualités mais destiné à mourir dans la fleur de l’âge. C’est la fin du parcours (6, 854-887).
Énée est dès lors prêt pour poursuivre sa mission glorieuse, non exempte pourtant des difficultés que lui dévoile Anchise. Pour quitter le monde souterrain, Énée emprunte la Porte d’ivoire, celle des songes trompeurs ; il rejoint aussitôt sa flotte, et part immédiatement pour le Latium (6, 888-901).
[...]une fois apaisées
la plaine de la mer, il part voiles tendues et quitte le port.
Les brises soufflent dans la nuit, et la clarté de la lune
favorise la course et la mer scintille sous sa tremblante lumière.[...]
[...]La flotte rase les côtes toutes proches de la terre de Circé [...]
[...]Pour éviter aux pieux Troyens d’être entraînés vers ces ports,
d’approcher ces côtes sinistres et de subir de telles atrocités,
Neptune fit souffler dans leurs voiles des vents favorables
et favorisa leur fuite, les emportant au-delà de ces fonds bouillonnants.[...]
Distance parcourue (ligne directe)
Analyse de la route d’Enée
La dernière étape des errances d’Énée (7, 1-36)
Au sortir des Enfers, Énée quitte la Campanie et va mouiller dans un port du sud du Latium, auquel il donne le nom de Caiète, en l’honneur de sa nourrice Caieta, qui vient de mourir. Après lui avoir assuré des funérailles selon les rites, les Troyens s’en vont, pleins de confiance et d’espoir (7, 1-9)
Les éléments leur sont favorables, et Neptune lui-même leur évite les pièges de l’île de Circé, décrite comme une dangereuse magicienne. (7, 10-24)
La flotte rase les côtes toutes proches de la terre de Circé ;
là où la riche fille du Soleil emplit de son chant incessant
les bois inaccessibles et, dans sa fière demeure,
brûle du cèdre odorant pour éclairer la nuit,
et fait courir un peigne sonore sur des toiles fines. [...]
[...]De ce lieu montaient les gémissements furieux de lions
refusant leurs chaînes et rugissant dans la nuit ;
des sangliers velus et des ours se démenaient rageusement
dans leurs enclos et des loups, aux silhouettes énormes, hurlaient [...]
[...]Neptune fit souffler dans leurs voiles des vents favorables
et favorisa leur fuite, les emportant au-delà de ces fonds bouillonnants.[...]
Cette évocation effrayante contraste avec le passage suivant, qui décrit le bonheur des Troyens découvrant l’embouchure du Tibre, où ils décident de s’arrêter. (7, 25-36)
Et déjà la mer s’empourprait sous les rayons et, depuis l’éther,
l’Aurore safranée brillait sur son char couleur de rose,
quand soudain les vents tombèrent sans le moindre souffle :
les rames luttaient sur le marbre d’une mer immobile.
Alors du large, Énée aperçoit un bois immense.
Au milieu de ce bois, le charmant dieu du fleuve Tibérinus,
aux tourbillons rapides et aux flots jaunis par le sable,
se déverse dans la mer. Tout autour et par-dessus,
des oiseaux de toutes sortes, familiers de ses rives,
charment le ciel de leurs chants et survolent le bois.
Énée ordonne à ses compagnons de tourner les proues
vers la terre, et pénètre heureux dans l’estuaire ombragé.
Les options, de route, contemporaines
Entre Civitavecchia au NW et l’embouchure du Tibre : 25 milles
Entre l’embouchure du Tibre et Terracina au SE : 55 milles
Soit sur 80 milles donnant accès à la visite de Rome. Sur ces 80 milles une concentration de 24 ports et marinas, probablement la plus forte concentration de bateaux de plaisance en Méditerranée...
Peu de possibilités de mouillage forains, si vous respectez la règle d’interdiction de mouiller à moins de 300 m de la côte, les limites des zones marines protégées (ici : Area marina protetta “Secche di Tor Paterno”). Vous aurez aussi à gérer les nombreuses lignes de bouées protégeant les zones de baignades.
Si vous souhaitez visiter Rome, deux possibilités décrites plus bas
Ports du Tibre
Dans la tradition antérieure à Virgile, les Troyens débarquaient plus au sud, dans le territoire laurentin, c’est-à-dire la région des Laurentes [65]. Pour des raisons qui ne nous sont pas claires, Virgile a modifié cette vision des choses, en choisissant l’embouchure du Tibre comme lieu de débarquement. Ce faisant, il privilégiait Ostie et le fleuve qui la reliait à Rome. Le contraste est frappant entre le tableau idyllique brossé par Virgile et ce que devait être à l’époque du poète l’animation d’un grand port commercial.
Pour d’autres sources (Wikipedia), Selon Virgile, les Troyens guidés par Énée s’y établirent après avoir débarqué sur les côtes du Latium en 1182 av. J.-C. comme hôtes du roi Latinus.
Latinus voulut donner pour épouse à Énée sa fille Lavinia, déjà promise à Turnus, roi des Rutules. Pendant la guerre qui s’ensuivit entre les Rutules et les Troyens, Laurentum aurait été abandonnée ou complètement détruite et ses habitants seraient partis, fondant à proximité la ville de Lavinium.
De nos jours :
Fiumara Grande - WP 41 ° 44 ’, 40 N 12 ° 14’, 00 E voir : https://www.pagineazzurre.com/porti...Anzio Marina Nettuno
Nettuno est situé 25 milles au sud de Roma.
Mais Rome est à seulement 1h15 de train. avec un train toutes les heures.
Environ un millier de places.
Aucune difficulté d’accès
De plus Nettuno est une charmante ville avec un joli bourg médiéval tout près du port.
Options de mouillage
Rien, ou si peu et de toutes façons très exposé. Voir
Tout ce que vous voudrez, vous êtes en banlieue de Rome... si vous pouvez accoster. Voir les liens ci dessus
Manifestement, Virgile en choisissant de faire atterrir Enée à l’embouchure du Tibre, poursuit son œuvre politique : servir Octave, en faire Auguste l’empereur d’un nouveau monde, latin celui-là, enterrant le vieux monde grec. Enée débarquera, séduira une princesse, pourtant promise un roi latin. S’en suivra une guerre meurtrière fondant un nouvel empire sur les ruines d’un monde ancien :
Et maintenant, Érato, [66] je vais évoquer les rois, les événements,
l’état de l’antique Latium, lorsque pour la première fois
une armée étrangère poussa sa flotte vers les rivages ausoniens, Les rivages ausoniens (7, 39). [67]
et je raconterai les débuts du tout premier combat.
Toi, déesse, oui toi, inspire ton poète. Je dirai les guerres affreuses,
je dirai les batailles et les rois que leur ardeur poussa vers la mort,
et la troupe tyrrhénienne, et l’Hespérie tout entière,
rassemblée sous les armes. Plus grand est l’ordre qui naît ,
plus grande est l’œuvre que j’entreprends.
L’ordre qui naît ... (7, 44-45). Ces vers dénotent l’importance du sujet abordé ici, qui est l’objet essentiel de l’Énéide : Énée est maintenant dans le Latium, la « terre promise », et il s’agit de la naissance du monde romain. Un ordre nouveau va s’installer en Italie après un déchaînement de violence. Ce texte devait ramener à l’esprit des contemporains de Virgile les récents événements des guerres civiles et l’ordre nouveau qu’Auguste avait réussi à établir.
NDLR : Paradoxe inversé de la tromperie d’Hélène et du sac de Troie par les grecs… C’est un peu désespérant…
[1] Homère, Iliade Chant XIV, 307
[2] Homère, Iliade Chant XIV, 283
[3] Epave d’Ulunburu Source : Boats of world - From the stone âge to médieval times. Sean McGrail https://www.persee.fr/doc/antiq_077...
[4] l’auster est théoriquement un vent du sud qui souffle à la fin de l’été pluvieux, ce qui est contradictoire avec ce qu’écrit Virgile, mais ce n’est pas la seule fois
[5] Il y a une indication sur l’itinéraire « Nous quittons le port d’Ortigie ; nous volons sur la mer ; nous voyons Naxos et ses sommets foulés par les Bacchantes, la verte Donyse, Oléaros, la blanche Paros, les Cyclades semées çà et là sur les flots, et nous côtoyons mille terres au milieu des eaux resserrées. »
Ortigie est un autre nom de Délos, Donyse, c’est ambigue ça serait un autre nom pour Paros, Olearos c’est Antiparos. Pas très cohérent
[6] Troublé par cette vision, Énée se conforme aux rites d’usage, avant de s’en remettre à Anchise qui, avouant sa méprise et se souvenant des deux ancêtres de Troie (Teucer et Dardanos) et des prédictions toujours négligées de Cassandre à propos de l’avenir des Troyens en Italie, pousse la troupe à reprendre la mer (3, 172-191).
[7] (Enéide Livre 3-195)
inuoluere diem nimbi, et nox umida caelum abstulit ; ingeminant abruptis nubibus ignes.
les nuages ont enveloppé la clarté et le ciel disparaît dans la nuit humide ; les éclairs redoublent, déchirent les nuages
[8] Hélénus avait, en particulier, prédit que le voyage de son frère Pâris en Grèce serait néfaste, et qu’enlevant Hélène de Sparte, il déclencherait la guerre de Troie Après la mort de Pâris, il aspire à la main d’Hélène et quand Priam la donne à son autre frère Déiphobe, il se retire, furieux, sur le mont Ida de Troade. Là, il est fait prisonnier par Ulysse, sur les indications du devin grec Calchas. Hélénos avoue alors les conditions nécessaires à la prise de Troie, notamment la possession de l’arc et des flèches d’Héraclès . En gagnant la confiance de Néoptolème, fils d’Achille, il obtiendra Andromaque en mariage, et sera institué héritier de son trône d’Épire
[9] Zacynthe, c’est Zante Dulichium = l’actuelle Makrí (dans les Drakoneres), Samé = Sami en Céphalonie, Nerite = pour Homère, le Nérite est une montagne d’Ithaque (Odyssée, 9, 22 ; Iliade, 2, 632), royaume de Laërte = père d’Ulysse
[10] selon nos sources contre tout espoir (3, 278). Manifestement ils avaient eu très peur au cours de leur voyage, notamment en naviguant dans la région d’Ithaque et des autres îles. Ils n’osaient plus espérer toucher terre sains et saufs.
[11] Abas serait un des Grecs, dont les armes avaient été prises par les Troyens dans les combats qu’ils livrèrent lors du sac de Troie
[12] « Danaens » ou d’« Argiens ». Dans cette acception ancienne, « Danaens » signifie donc simplement « Grecs ». vainqueurs
[13] je fixe (3, 286-288). La dédicace d’un trophée ennemi sur les portes du temple pourrait renvoyer aux trophées élevés par Auguste après sa victoire à Actium (cfr (3, 276 note). Le piquant en l’occurrence est que les vaincus dressent un trophée avec les dépouilles d’un vainqueur : les Troyens, c’est-à-dire les Romains, ont finalement triomphé des Grecs.
[14] Phaeciens : de Phaecie = Corfou
[15] « port des Chaoniens » il pourrait s’agir de Buthrote, ville d’Epire possédant un port.
[16] Pyrrhus, fils d’Achille, c’est lui qui tua Priam
[17] Aquilon :
vent du nord
[18] de Messapie nom préhistorique de la région
[19] En juillet 2015, un groupe d’archéologues dirigé par Amedeo Galati a trouvé une grande statue féminine mutilée à Castro. L’œuvre est vraisemblablement datable du 4ème siècle avant JC et pourrait représenter la déesse Minerve, confirmant ainsi les hypothèses des découvreurs
[20] Les grecs ont su analyser le problème Charybde et Scylla Dans l’Odyssée, Circé décrit à Ulysse la route qu’il doit suivre en ces termes : « La route vous mène entre les Deux Écueils. L’un dresse jusqu’au vaste ciel sa cime pointue . Au milieu de cette roche, une sombre caverne donnant au nord-ouest vers l’Érèbe. Droit sur elle vous mettrez le cap de votre creux navire, ô noble Ulysse !
Thucydide a lui, rationalisé la menace « la passe redoutable, étant donné son étroitesse et ses courants »
[21] Partis de Castrum Minervae, les Troyens laissent sur leur droite le golfe de Tarente, qu’ils traversent plein sud en direction du promontoire de Lacinium, un peu au sud de Crotone. S’y dressait un temple fameux en l’honneur de Junon, dont les restes expliquent la dénomination actuelle de Capo Colonne. Dans la version de Denys d’Halicarnasse, c’est là qu’Énée aurait honoré la déesse ; Virgile n’y a pas prévu d’escale, plaçant le sacrifice à Junon à Castrum Minervae.
[22] Scylacium, sur la côte du Bruttium (aujourd’hui Squillace). Probablement colonie de Crotone fondée au 6e siècle avant Jésus-Christ, elle continue à exister durant l’empire romain (c’était la patrie de Cassiodore). L’actuel Golfo di Squillace porte toujours son nom. Toujors dangereuse pour les navigateurs. voir : https://www.plaisance-pratique.com/...
[23] Etna trinacrien (3, 554). Le mont Etna, à l’est de la Sicile (la Trinacrie), s’apercevait de loin. Une description, épique, du volcan en action est donnée en 3, 571-582.
[24] Zones marines protégées : votre attention doit être en veille à ce sujet. Les ordonnances peuvent être nationales, régionales ou locales. Elles peuvent être promulguées ou en gestation. L’application de ces ordonnances peut être tatillone...
[25] Pour Grand-mère : caractéristique très significative, la Sicile, en effet, est considérée comme un lieu « religieusement » au féminin, caractérisé au début par l’existence d’une « Grande Mère » locale, et ensuite par le culte, presque exclusif, de Déméter et Korè.
[26] Nom officiel du royaume de Naples
[27] Virgile (Bucoliques, dixième églogue2) mentionne Aréthuse, la Sicile et Doris : « Permets, ô Aréthuse, ce dernier effort à ma muse champêtre. Que mon cher Gallus ait de moi peu de vers, mais des vers qui soient lus de Lycoris elle-même : qui refuserait des vers à Gallus ? Ainsi puisse ton onde, coulant sous les flots de Sicile, ne se mêler jamais avec l’onde amère de Doris ! Commençons, et chantons les malheureuses amours de Gallus, tandis que mes chèvres camuses brouteront les tendres arbrisseaux. Ici rien n’est sourd à nos chants, j’entends déjà les forêts me répondre ».
[28] Graham Shoal :Hauts fonds d’origine volcanique présentant la particularité d’avoir créé une île maintenant entièrement submergé, mais ce n’a pas toujours été le cas. Découverte par le capitaine Humphrey Fleming Senhouse elle a été revendiquée par le Royaume-Uni, puis par l’Italie qui la nomma Isola Ferdinandea, puis les français qui l’appelèrent Ile Julia ). Elle a depuis disparue, mais le volcan sous marin Empedocle est toujours présent, pratiquement affleurant avec des fonds inférieurs à 10 m.
[29] Pelore : détroit de Messine
[30] Le Pantagias : c’est le Cassibile fleuve de Sicile, situé dans la province de Syracuse. Il prend sa source au Mont Porcari dans les monts Hybléens près de Palazzolo Acreide. Son embouchure se situe à Bianche près de Syracuse.Fontane
[31] Le Golfe de Mégare (aujourd’hui Golfo di Augusto), un peu au nord de Syracuse, baignait la ville de Mégare d’Hybla, dont il ne reste que quelques ruines.
[32] Thapsus est une petite presqu’île qui fermait au sud le golfe de Mégare, c’est l’actuelle Augusta Terravechia
[33] golfe sicanien. Il s’agit de la baie de Syracuse.
[34] Plémyre (aujourd’hui Punta di Gigante) est le promontoire fermant la baie au sud.
[35] Ortygie (3, 692) est l’île sur laquelle fut fondée à l’origine la ville de Syracuse
[36] Alphée d’Élide... Aréthuse (3, 694-696). L’Alphée (aujourd’hui Roufia) était un fleuve important de l’Élide (Péloponnèse) ; il traversait Olympie et allait se jeter dans la mer Ionienne. Quant à Aréthuse, c’était une source qui jaillissait à Syracuse dans l’île d’Ortygie, « si proche de la mer qu’il avait fallu l’entourer d’une sorte de digue (Cicéron, Verrines, 4, 118). Déjà du temps de Pindare, on y voyait une résurgence de l’Alphée ; les Syracusains aimaient ainsi à se rattacher à leurs métropoles péloponnésiennes. » (J. Perret, Virgile. Énéide, I, 1981, p. 102, n. 2). On raconte qu’Alphée était un chasseur de l’Élide et Aréthuse une nymphe attachée au service de Diane. Plusieurs récits différents les mettent en rapport. Selon l’un d’eux, le chasseur Alphée aurait poursuivi la nymphe Aréthuse jusqu’à l’île d’Ortygie, où Diane la transforma en fontaine. Alphée fut métamorphosé en fleuve ; ses eaux purent traverser la mer sans s’y mélanger, et aller ainsi se mêler à la source d’Aréthuse. « Virgile, se plaisait à cette légende qui établissait un lien entre l’Arcadie, terre des bergers, et la Sicile de Théocrite. »
[37] Hélore : était une ancienne ville grecque de Sicile , située près de la côte est, à environ 40 km au sud de Syracuse et sur les rives de la rivière du même nom. Il s’agit actuellement d’un site archéologique dans la commune moderne de Noto - https://fr.qaz.wiki/wiki/Helorus
[38] Le Pachynus (ou Pachynum) est le cap situé au sud-est de la Sicile (aujourd’hui Capo di Passaro).
[39] Camarina. Colonie de Syracuse, sur la côte sud de la Sicile, à une soixantaine de km à l’ouest du cap Pachynum ainsi que les plaines du Géla
[40] Géla : cité grecque fondée en 688 BC par les Crétois et les Rhodiens. Au 6e siècle, sous les tyrans Cléandre et Hippocrate, elle fut la cité la plus puissante de l’île.Elle fut installée sur le fleuve Gélas, aux eaux torrentueuses, d’où le qualificatif « sauvage » qui lui est appliqué.
[41] Agrigente (3, 703-704). Anciennement Acragas, bâtie sur plusieurs collines, Agrigente était l’une des plus riches et des plus célèbres cités grecques de Sicile. Elle fut fondée vers 580 par une colonie venue de la cité voisine de Géla. Elle est aujourd’hui encore renommée notamment pour un ensemble de temples grecs doriques des 6e et 5e siècles. Virgile insiste sur ses murailles.
[42] Sélinonte (Selinus dans l’antiquité) était une grande ville de la côte sud de Sicile, à l’ouest d’Agrigente. Elle est connue aujourd’hui pour ses temples grecs en ruines. L’adjectif latin palmosa est généralement interprété comme se référant à des palmiers, mais il se fait que la plante qui figure sur les monnaies de la ville (le selinon = ache, persil) était utilisée pour des couronnes remises aux vainqueurs des jeux isthmiques et néméens. Dans ces conditions, l’adjectif palmosa pourrait peut-être renvoyer aux palmes de la victoire (R.D. Williams).
[43] Lilybée : aujourd’hui Marsala, à l’extrémité ouest de la côte sud de la Sicile.
[44] Drépane : ujourd’haui Trapani, au nord ouest de la Sicile, non loin du mont Éryx ; son rivage est qualifié de « sans joie » (inlaetabilis) à cause de la tristesse que cause à Énée la mort d’Anchise, évoquée dans les vers qui suivent.
[45] Trapani Boat Service est le plus grand chantier naval de Trapani. Il est situé tout à fait à l’Est du port, 50 à 60 places à quai ou sur le ponton . Longueur maximale 30 mètres. L’eau et l’électricité sont aux postes d’amarrage, pompe à carburant au quai. Bien qu’il s’agisse d’un chantier en activité, c’est un endroit relativement calme et bien abrité. Réf : http://www.cruiserswiki.org/wiki/Trapani
[46] L’Eurus (cfr 1, 383) est un vent du sud, le Notus (ou Auster), un vent du sud-est (cfr 2, 111), et l’Africus un vent du sud-ouest. Leur apparition simultanée ne peut que provoquer tourbillons, rafales et tempêtes.Source : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V01-...
[47] aquilon : Aquilon (1, 102). Autre vent, soufflant cette fois du nord-est
[48] Autels (1, 109). Il semble impossible de localiser avec précision ces écueils ; les Anciens s’y sont bien essayés parfois (par exemple Pline, Histoire naturelle, 5, 42), mais ces récifs pourraient fort bien n’avoir d’autre existence que littéraire et mythographique. Disons simplement ici que Servius, dans son commentaire à ce passage, évoque « une île située entre Sicile, Sardaigne, Afrique et Italie, où jadis Carthaginois et Romains auraient convenu de fixer solennellement la limite de leurs empires ; puis l’île aurait été engloutie, ne laissant plus émerger que les autels du sacrifice arae Neptuniae, où l’on venait encore, quelquefois, de Carthage, offrir des victimes » (J. Perret, Virgile. Énéide, I, 1981, p. 142). Personne n’est obligé d’accepter cette explication de Servius. Il est plus probable, comme le croit J. Perret, que « la légende des arae Neptuniae transpose en pleine mer la légende plus ancienne des arae Philaenorum élevées sur le rivage des Syrtes pour déterminer les empires de Carthage et de Cyrène (Salluste, Jugurtha, 79) ». Il ne faut pas vouloir ici serrer de trop près la géographie.Source : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V01-...
[49] Eurus et le Notus, l’Africus : nom des vents pour cette zone. le Notus (ou Auster), un vent de SE,
Eurus un vent de sud et Africus un vent de SW.
“SE=>S=>SW”, c’est l’enchainement classique de la rotation des vents, quand une dépression passe au nord de l’observateur.
[50] Gregale , également appelé euroclydon , ou euraquilo , vent fort et froid qui souffle du nord-est dans la région méditerranéenne occidentale et centrale, principalement en hiver. Le plus prononcé sur l’île deMalte , le gregale s’approche parfois de la force des ouragans et met en danger la navigation là-bas ; en 1555, il aurait provoqué des vagues qui ont noyé 600 personnes dans la ville de La Valette. Une grégale qui dure quatre ou cinq jours est généralement le résultat d’un flux d’air du centre ou du sud de l’Europe vers la Libye. Celui qui ne dure qu’un ou deux jours est causé par le passage d’un centre dépressionnaire sur le sud de la Méditerranée
[51] Image de Didon très controversée : amante passionnée pour Virgile, ou chaste selon des auteurss chrétiens
La légende de Didon et Hiarbas, son premier mari, roi de Tyr, a alimenté toute une littérature chrétienne qui valorise « la chaste Didon », cette héroïne qui se suicide plutôt que de s’unir au roi des Libyens, et de trahir son devoir de fidélité conjugale. Didon est l’épouse exemplaire sous la plume d’auteurs chrétiens
Par la suite, d’autres auteurs continuent à privilégier la légende de Didon et Hiarbas, en excluant le personnage d’Énée ; c’est le cas de Boccace dans son ouvrage sur les Femmes illustres (xive siècle), où Didon s’adressant à la foule, déclare : « comme vous le voulez, citoyens, je vais rejoindre mon époux » puis, à la surprise générale, se poignarde (« l’époux » qu’elle rejoint étant Sychée, et non pas Hiarbas). C’est le cas également de Pétrarque (xive siècle), qui accuse Virgile « de mentir au détriment de cette veuve exemplaire », et de Boisrobert dans sa tragédie La Vraie Didon ou la Didon chaste (xviie siècle) source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Didon...)%2C,fonde%20la%20cit%C3%A9%20de%20Carthage.
On peut aussi noter, que chef de clan sans scrupule, lors de son exil vers Carthage, elle s’arrête à Chypre où l’escadre embarque des jeunes filles destinées à épouser les membres masculins de l’expédition.
[52] Mercure (lat. : Mercurius) est le dieu du commerce dans la mythologie romaine. Assimilé à l’Hermès grec, il devient également le dieu des voleurs, des voyages et le messager des autres dieux.
[53] Sicanie : la Sicile
[54] Motyé ou Motya (grec : Μοτύη (ionien) ou Μοτύα (attique) ; italien : Mozia (err. Mothia) ; sicilien : Mozzia), une ancienne et puissante cité phénico-punique de la côte occidentale de la Sicile, entre Drépane (l’actuelle Trapani) et Lilybée (l’actuelle MarsaAu début, Motyé ne fut probablement qu’une simple étape commerciale (ou emporion), qui s’est peu à peu agrandie, jusqu’à devenir une cité importante et prospère, fortifiée au VIe siècle par 2,8 kilomètres de tours sur les restes d’une muraille antérieure et agrémentée d’un port intérieur, relié à la mer par un canal)
[55] ndlr : implorons les vents... Nous avons tous déjà, imploré le ciel pour que le vent se calme
[56] Énéades (5, 108). Le terme désigne ici les compagnons d’Énée, mais il s’applique parfois en poésie aux Romains en général, qui sont les lointains descendants d’Énée
[57] Le Chêne vert ou Yeuse (Quercus ilex L., 1753) est une espèce d’arbres à feuillage persistant de la famille des Fagacées, présent sous forme de bois clairs et garrigues. Il est parfois appelé Chêne faux houx, allusion au fait que ses feuilles ressemblent à celles du houx
[58] Teucères : troyens
[59] rivages euboïques : Cumes était une cité grecque, colonie fondée par des marins de Chalkis en Eubée, d’où le qualificatif « euboïque ») source :http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V06-...
[60] Thybris des Laurentes (5, 797). C’est le Tibre, généralement désigné ainsi dans l’Énéide
[61] Les Parques sont les divinités romaines du Destin
[62] cet homme perdu, ce sera Palinure le pilote
[63] Caiète (7, 1). Caiète est une ville et un port du sud du Latium (aujourd’hui Gaeta en italien). La légende de la nourrice d’Énée, probablement inspirée par celle de la nourrice d’Ulysse (Odyssée, 1, 429), est une étiologie imaginée par Virgile pour expliquer l’origine du nom de la ville nourrice d’Énée, par ta mort
[64] Hespérie (7, 4). Appellation courante pour l’Italie, chez Virgile.
[65] Laurente est une ville de l’Italie antique. Selon Jérôme Carcopino, il n’y eut pas de ville ainsi nommée et ceux qui parlaient de Laurente parlaient, sans le savoir, de Lavinium. En particulier, les passages de l’Énéide qu’on croyait se rapporter à Laurente étaient des périphrases pour Lavinium chez qui Énée fondera plus tard la ville de Lavinium
[66] Erato : nouvelle invocation à la Muse. C’est une manière pour Virgile de souligner un moment important du récit. Le chant sept compte deux invocations aux Muses, celle-ci et celle de 7, 641. Dans le groupe des neuf Muses, Érato patronne spécifiquement la poésie érotique, mais elle intervient ici simplement en tant que Muse.
[67] L’Ausonie est le nom d’une partie de l’Italie, au sud du Latium (cfr aussi 8, 328), dont l’éponyme était Auson (un fils d’Ulysse), mais Virgile l’utilise, comme il le fait du mot Hespérie (cfr 7, 3), pour désigner toute l’Italie. En recourant à l’expression « l’Hespérie tout entière », le poète ne craint pas l’hyperbole. En effet, comme le montrera la suite du récit, toute l’Italie ne sera pas engagée dans la guerre.