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réparation Chassiron CF 12 décembre 2015 18:09, par Négofol

En fait, le problème est très simple : un bateau bois classique peut être assimilé à un treillis, composé des membrures (verticales) et des bordés (horizontaux) liés aux points de croisement (carvelles, vis ou même gournables). Comme tout treillis, cet ensemble, s’il est un peu lâche, se déforme facilement en parallélogramme lors d’efforts de cisaillement, notamment lorsque le bateau travaille dans la mer. Le seul moyen de rigidifier la structure est de serrer les virures pour que le frottement des bordés entre eux empêche tout mouvement. Ces mouvements relatifs ont d’ailleurs pour inconvénient, s’ils ne sont pas empêchés, de faire vieillir prématurément le bordé par usure des tranches lors des mouvements.
Ceci peut-être obtenu par le gonflement du bois (délicat à régler, car un gonflement trop important amène une déformation des bordés en « tuile » qui tend à affaiblir les liaisons) ou, méthode traditionnelle, par le calfatage, qui consiste à mettre la structure en précontrainte. Le rôle d’étanchéité n’est que secondaire, contrairement à ce que l’on pense habituellement (pour cela, il suffirait d’étancher avec un mastic l’extérieur de l’espace entre les bordés, sans introduire de mèche d’étoupe en force).
Par ailleurs, la mise en précontrainte permet de s’opposer (+ ou-) à l’ouverture des virures au niveau du mat par la pression exercée par le pied de mat du fait du haubanage, ce qui explique que beaucoup de bateaux traditionnels font de l’eau au près par bonne brise et sont parfaitement étanches le reste du temps (souvenir de mes débuts sur un Requin un peu fatigué : l’équipage à 3 était très bien prévu : un barreur, un régleur et un Shadock qui pompe...)...).
La remarque sur la variation du son de la coque m’avait été faite par un vieux charpentier de marine qui carénait les bateaux de pêche à l’époque (début des années 60) et la différence est spectaculaire !
Lorsque je parlais de petits bateaux, j’incluais tous les yachts. les « gros » étant des bateaux de pêche genre Dundee thonier, qui recourent à des techniques de construction un peu différentes...
La méthode des Turcs de défoncer le galbord me laisse pantois : sur le Requin cité plus haut, il y avait dans le bordé près du galbord une bonde semblable à une bonde de tonneau qu’il suffisait de chasser lorsque le bateau était hors de l’eau pour vider la sentine et pouvoir nettoyer tout l’intérieur au jet d’eau !