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Sicile/Marina di Licata - les larmes de Licata 7 janvier 2016 22:20, par yoruk

Port de Licata

Un port glorieux, pendant des années sans navires, et maintenant dirigée par une entreprise privée

L’article du journal local date de nov 2013. voir ce lien : La vedettaonline nov 2013

Je l’ai traduit parce que je travaille sur le dossier du port de Licata, ici sur PTP (à venir bientôt). Sans attendre cette mise à jour, je vous offre une traduction traitant d’une partie du dossier : la mort d’un port. Traduction qui me tord les tripes, tant le cri de désespoir qu’on y retrouve m’interpelle sur notre incapacité à produire...

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Les larmes de Licata

  • L’arrivée à Licata début Octobre du « Deutschland », un navire de croisière allemand, forcé d’accoster au quai est du port de peur de s’échouer dans les eaux peu profondes, a nécessairement attiré l’attention l’administration de la ville sur la nécessité de reprendre les dragages.
    • Le capitaine du navire, considérant les souhaits des passagers pour visiter ce coin magique de la Sicile, a été contraint, comme quand il arrive à Taormina, de transférer les passagers au sol avec des navettes.
    • Le quai de Licata autres fois, pouvait accueillir les navires à passagers plus petits, comme le luxueux yacht « Variété Voyager », battant pavillon maltais, de 68 mètres de long et disposant de 36 cabines.
  • Malheureusement, l’absence de profondeurs suffisantes est un gros handicap pour le port de Licata, autrefois l’un des plus grand et le plus actifs de Sicile. Il combinait jusqu’au début des années 1920 un système de liaisons par chemin de fer efficace, vers la gare centrale à proximité du port. Les plus âgés se souviennent que, depuis le quai commercial était toujours soumis à des phénomènes d’ensablement en raison des débris de la rivière Salso et l’érosion côtière. Stationnés en permanence à Licata, deux dragues puissantes, travaillant dans une boucle continue, et transfèrent avec d’énormes barges vers le large.
    • C’était un port plein de vie, avec activité portuaire importante, travaillant parfois en 3/8, souvent contraint de recruter de la main d’oeuvre à l’intérieur des terres. Le port générait des activités connexes : transporteurs, camionneurs, expéditeurs, magasiniers, etc ..
      • Il était actif depuis le Moyen Age pour le commerce du grain, de l’huile d’olive et du vin entre autres produits agricoles.
      • Puis dès la deuxième moitié XIXe siècle, il a été largement utilisé pour l’exportation du soufre extrait en Sicile centre-sud, toute proche, et raffiné directement dans cinq raffineries construites à proximité du port et le long de la rivière Salso.
      • Pour l’agro alimentaire, les échanges se faisaient depuis des navires, souvent de grand tonnage, qui devaient avant de charger les produits agricoles locaux, dépoter les produits importés : le bois, l’asphalte et le marbre. Il y avait des périodes où le quai Est surbooké, devait faire attendre des dizaines d’autres navires à l’ancre dans le port et attendant leur tour pour accoster.
    • Dans le port,on pouvait entendre les langues du monde entier.
      • Dans les neuf premiers mois de 1934, il a été importé 46,519 tonnes de fret et il a été exporté 78.300 et enregistré la présence de pas moins de 482 navires.
      • De 1924 à 1934, la moyenne annuelle a été de 175.000 tonnes,
      • puis, de 1943 à 1963 elle a chuté à 146 000, enfin, en 1964-1974 environ 50 000,
      • jusqu’à presque à zéro au cours des dernières années,
    • si bien que nous avons aujourd’hui un port désert, sans navires, avec un riche parc de grosses machines pour le traitement et la manutention des marchandises, maintenant rouillées et entassées dans un coin, tandis que il n’y a plus la maison des pilotes du port, ni la glorieuse compagnie portuaire « Eknomo » aujourd’hui fusionnée avec celle de Porto Empedocle, et son port actif et périodiquement dragué, pouvant accueillir des navires de croisière. Il n’y a plus la gare Licata Porto, supprimée à la fin des années 80, ni de lien ferroviaire Porto - Porto Licata - Licata centrale.
  • Ce port a été incapable de surmonter la crise de la période d’après-guerre, même pour la gestion d’un produit devenu mineur sur le marché : le soufre. Une fière histoire effacée d’un coup d’éponge. On n’a pas eu une classe politique capable de regarder en avant et de voler assez haut pour penser à sa reconversion en port de croisière et ouvert au monde.
    • Les administrations précédentes ont laissé échapper la relation avec Malte qui portant avait l’absolue nécessité d’un lien avec la Sicile, On a choisi Pozzallo, apportant un peu de bien-être dans cette ville.
    • Pourtant, depuis des siècles, Licata a été le lieu d’atterrissage naturel pour Malte. Depuis Licata des navires ont navigué vers Malte et les Maltais avait établis à Licata un consulat permanent. Il faut ajouter à cela un lien émotionnel avec Licata. Notre ville avait aidé à plusieurs reprises l’île des Chevaliers contre les Turcs, jusqu’à ce qu’il ait également accueilli une foule de réfugiés qui ont fui les Turcs de malte, et se sont vu attribuer un quartier où ils purent construire leurs nouvelles maisons : le quartier de Saint-Paul , dit « des Maltais ».
    • Tout cela a été gâché. Un port que les habitants de Licata ont voulu et construit en 1872, sans l’aide de personne, grâce aux bonnes pratiques de Gaetano De Pasquali et grâce à un prêt du gouvernement cautionné par les habitants.
  • C’était hier, il y avait une classe moyenne intelligente, instruite et éclairée, et une classe politique, zélée et patriotique, ouverte aux besoins de la communauté. Aujourd’hui, tout cela a échoué et une classe politique médiocre et incapable de réflexion et de planification a produit l’effondrement du port, puis l’effondrement de la ville qui a prospéré lorsque le port était riche.
  • Licata, alors était le phare et le lieu où l’arrière-pays venait regarder le bien-être et la bonne fortune, et où s’étaient installés de riches exportateurs siciliens, où l’on trouvait des bâtiments consulaires ouverts dans notre ville, les drapeaux de la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France, la Russie et d’autres pays européens.
    • Licata, maintenant le dernier port de la province d’Agrigente, en est devenu la périphérie politique et son port et la marina qui ont donné de l’éclat à l’ensemble du vieux quartier et des pulsation de vie, aux petites entreprises, à l’artisanat, est devenu un bassin d’eau peu profonde n’intéressant que peu de personnes, mais pour lequel nous continuons à dépenser de l’argent, à jeter des pierres dans la mer, a élargir des quais qui restent toujours sans navires. Un port utilisé seulement pour chargement et le déchargement de ciment, gestion privée qui a mis à sa disposition l’ensemble du quai Est sur ce qui, implantant un silo géant dont l’impact environnemental, inconvenant au-delà de toute logique, reste à mesurer.
    • Une autre partie du port en eau est occupée par des exploitations piscicoles. En contradiction avec les activités de pêche d’une flottille équitable des bateaux de taille petite et moyenne.

Michel à Licata jan 2016