Pratiques et Techniques en Plaisance
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Concernant : « Pour avoir navigué en solitaire entre la Sicile et la Corse, tu peux passer 24h sans voir un bateau, idem entre les iles ioniennes et la Sicile. »
Ok, mais je ne dormirais pas tranquille pour autant, même une demi-heure, surtout depuis l’expérience des filets dérivants entre Bagur et les Baléares.
Concernant le mémo de l’équipier.
Je me rends compte que j’aurais dû le joindre à l’article, je vais le mettre en pdf dans une réponse à cet article..
Concernant les personnes embarquées qui ne souhaitent pas occuper une place d’équipier, ou que l’on invite sans vouloir leur proposer ou demander d’occuper une telle place.
Voilà ce que je dis à ce propos dans l’introduction du mémo de l’équipier :
« La vie sur un bateau qui navigue en mer nécessite un niveau d’organisation élevé. Il en résulte un style de rapports humains qui peut étonner et questionner les voyageurs, quand ils ne sont pas familiarisés avec l’aventure physique.
L’expérience de la croisière est vécue différemment selon le statut revendiqué et la place occupée. Le bateau est conduit et manœuvré par un équipage ; il peut transporter des passagers. Il s’agit de deux statuts absolument distincts, qui ne sont pas octroyés, mais endossés par chacun selon la posture qu’il adopte.
L’équipage permet au navire de déployer ses capacités. Il se compose de marins, et éventuellement d’un second. Les rôles sont répartis au sein de l’équipage par consensus, en fonction des compétences déjà acquises et des apprentissages en cours ou projetés.
Le rôle du capitaine, pour toutes les dimensions du voyage, est de superviser, accompagner, décider et commander. Le navire est sous son entière responsabilité. »
Et au début de chacun des chapitres, une ligne définit le rôle de chacun selon le statut qu’il s’octroie lui-même. Ainsi, concernant :
LA SECURITE : Les passagers obéissent scrupuleusement - Les marins adoptent une attitude préventive et dynamique.
L’ORGANISATION DE LA VIE A BORD : Les passagers respectent les règles - Les marins connaissent et appliquent les règles
LE MAINTIEN DU BATEAU EN BON ORDRE DE MARCHE : Les passagers respectent les dispositifs - Les marins connaissent et appliquent les dispositifs
LA DETERMINATION DU PERIPLE ET DES ETAPES : Les passagers expriment leurs souhaits - Les marins sont associés aux choix des options
LE FONCTIONNEMENT DU VOILIER ET DE SES APARAUX : Les passagers admirent et enrichissent leur culture - Les marins s’appliquent à comprendre et à nommer
LES MANOEUVRES : Les passagers évitent de gêner les manœuvres - Les marins participent de façon réactive et soucieuse de l’efficacité collective
LA NAVIGATION ET LA METEO : Les passagers considèrent comme prioritaires les informations liées à la navigation - Les marins favorisent et relaient la circulation des informations
LA MAINTENANCE ET L’ENTRETIEN DU BATEAU ET DE L’ARMEMENT : Les passagers respectent le matériel et contribuent à sa durabilité - Les marins participent à l’entretien quotidien, communiquent les dysfonctionnements et accroissent leurs savoirs faire.
De mon expérience, la place de passager ne peut exister que comme un point zéro. Sur Fulmar, personne ne souhaite rester cantonné dans un rôle de passager, même et surtout pas les petits enfants. La conversion commence avec la visite de l’intérieur du bateau. Il n’est pas concevable d’avoir à demander de l’aide à chaque fois que l’on va aux toilettes, qu’on tire de l’eau, qu’on veut recharger son appareil photo.
Bien entendu, tout est question de progression.
Concernant la responsabilité, y compris financière,
Toujours dans l’intro, le mémo de l’équipier précise : « L’organisation de la croisière exige des règles de sécurité des biens et des personnes. Ces règles ne sont pas négociables, à la différence des conseils et suggestions d’amélioration du confort des personnes et de la vie collective, qui ne deviennent des règles que si le collectif le décide. Elle sous-entend également le respect de la loi. Le statut d’un navire comporte des particularités. Le capitaine est responsable de son application. »
La responsabilité me semble plus facile à assumer avec des équipiers qu’avec des passagers. Le passager attend des égards pour son amour propre, l’équipier attend une validation de sa progression et accepte le contrôle.
Contrôle ne signifie pas vérifier derrière, mais vigilance continue dans les transmissions et organisée (voir dans l’article « puis les deux rendent compte du processus au chef de bord, qui veille à ce que la procédure ne soit pas altérée pendant la transmission, et rend attentifs l’actuel transmetteur ainsi que celui qui deviendra transmetteur à l’issue de son apprentissage, aux causes probables de telles altérations. La cause principale de telles altérations est la gêne que le transmetteur peut éprouver à émettre des critiques face à la technique mise en œuvre par l’apprenant. ».
C’est cette organisation de la transmission qui me permet de ne plus être l’emmerdeur autour de qui tout tourne sur le bateau.
De ce que j’en connais, les écoles de voiles ne fonctionnent pas comme cela, mais je pense que ce serait bien.
Roland