Pratiques et Techniques en Plaisance
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Mal connue, peu traitée sous son angle maritime, la navigation pré-historique dans l’archipel des Cyclades a obligatoirement créé le lien commercial qui permettra l’essor de la civilisation pré cycladique 3200 à 2400 av JC

La civilisation pré cycladique
TABLE DES MATIERES
Les données environnementales
Les données humaines
Les axes de circulation
Conclusions
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L’économie pré-cycladique
Monde insulaire présentant des conditions naturelles inhospitalières, faites de montagnes arides et abruptes, de plaines étroites voire absentes, les massifs montagneux dominent partout dans les Cyclades, parfois à plus de 90 % de la superficie. Les très fortes dénivellations composent un paysage naturel grandiose avec des panoramas saisissants. A titre d’exemple la petite Sikinos avec 41 km² culmine à 553 m. Le climat est typiquement méditerranéen avec une nette tendance à l’aridité.
Des hivers doux succèdent à des étés chauds, ensoleillés et secs mais le net déficit pluviométrique n’empêche pas l’eau d’être présente. Les schistes en nombre, retiennent de belles nappes phréatiques qui alimentent des sources pérennes. Le Meltem rend aléatoire la présence des arbres. Toutefois de beaux massifs forestiers peuvent se développer dans les plaines intérieures des grandes îles comme Naxos (pins parasols, chênes verts, cyprès). Cependant, la formation naturelle la plus courante reste la garrigue et le maquis (astragale, agaves, cistes, lentisques, thym, romarin, palmiers nains).
Dans ce cadre, on comprend que ce développement se soit fait autour du centre économique des îles Naxos/Paros offrant le meilleur potentiel agricole, forestier, et minier de toutes les Cyclades. Syros et Milos offraient aussi du potentiel, mais leur situation géographique excentrée handicapait leur croissance. Il est probable que Thira, volcanique et plus proche de la Crète est, aussi, été un pôle économique important, mais, trop volcanique, elle explosera au XVIème siècle av J.C, et il ne nous en reste que les vestiges archéologiques prodigieux d’Akrotiri, minoens, donc post-cycladiques.
Route maritime - définition des ports
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Tout comme aujourd’hui un port antique correspondait à un besoin d’aide et d’assistance au marin, comme au bateau, facilités en particulier pour :
Concernant les routes maritimes et leur sécurité, on peut relire l’article PTP sur les routes pour la marine méditerranéenne antique où l’auteur cite Strabon :
Route maritime - définition des escales
En l’absence de port, les routes maritimes devaient pouvoir compter sur des lieux permettant soit de sécuriser le bateau, soit d’assurer le chargement ou déchargement du fret généré par les flux commerciaux. Ce pouvait être des plages répondant à des critères de sécurité maritime
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Météorologie
Depuis l’antiquité, on connait les risques de la navigation hivernale en Méditerranée orientale. Déjà, l’administration romaine, afin de limiter les dégâts et les naufrages, définissait trois périodes dans l’année :
La météorologie hivernale est caractérisé par l’activité de petites dépressions, pas très creuses, mais virulentes, au déplacement aléatoire. Elles lèvent une mer destructrice singularisée par des lames d’une période courte (espace entre deux vagues), .
On ne peut pas imaginer qu’à l’époque pré cycladique, même avec des périodes hivernales de calme relatif, avec des bateaux mal défendus, les marins aient pu entretenir des lignes régulières nécessitant plusieurs jours de navigation.
Ce qui implique une organisation du temps de navigation,uniquement pour les beaux jours, généralement de mi-mai à mi-octobre, sous l’influence du Meltem, ou vent étésien en grec, voir note : [3], ce qui aura des conséquences, parmi celles ci :
Conclusions sur les conditions météorologiques
Le savoir faire maritime
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Selon toute vraisemblance, ils étaient aussi bons marins que nous si ce n’est meilleurs. sans aide à la navigation, ils devaient compenser par l’observation, l’apprentissage et sa transmission.
Leurs moyens techniques :
L’entretien des bateaux
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Sans savoir à quoi ressemblaient leurs carènes, on se contentera de déductions de bon sens
Conception et construction des bateaux.
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Absolument aucune trace iconographique fiable et bien décrite des bateaux de cette époque, à l’opposé de ce que nous ont laissés les égyptiens y compris pour la période précédent le pré-cycladique, ou les minoens. Et pourtant, les découvertes archéologiques récentes de Keros/Daskhalio nous prouvent que les pèlerins de passage se déplaçaient... Et cela ne pouvait se faire qu’en bateau.
Documents fiables à ce jour (juillet 2020)
Historique de l’architecture navale
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Evolution de l’architecture navale cycladique
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Nature des carènes et des moyens de propulsion
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Nature des cordages et des moyens de mouillage
Les câbles des ancres étaient réalisés en matières dégradables. Selon le lieu et l’époque, ils étaient soit en textile, en papyrus, en jonc dont les fibres étaient tressées ou commises, soit éventuellement en peaux d’animaux.
Il est tout à fait possible par contre qu’ils se soient rendu compte de leur effet stabilisateur en fuite en les utilisant sous forme d’ancre flottante.
Routes maritimes pré-cycladiques
Situation : Large baie de plus de 1300 m de longueur, composée de deux anses en eaux profondes, protégée tout temps : Korisia et Vourkari. L’île, montagneuse, est découpée en deux vallées verdoyantes plantées d’oliviers, de vignes, de chênes, d’amandiers, d’arbres fruitiers et de cyprès. La plus haute montagne, Profitis Elias, culmine à 570 mètres. Nombreuses plages propices à la mise au sec des bateaux
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques Dans l’Antiquité, elle était connue sous le nom de Céos (Κέως / Kéôs). Kéa est habitée depuis le Néolithique :
Situation : sur la face NE de l’île, au SE de la très grande baie d’Ormos Loutron, on trouve deux anses bien protégées, bordées de plages commodes : O. Ag Irini et 0. Arkoudi. L’île est montagneuse et aride. Pour un littoral d’environ 100 km, elle compte plus de 70 plages , dont beaucoup sont encore inaccessibles par la route. Pourtant, Loutra est réputé pour ses sources thermales. L’île était aussi productrice de minerai de fer, aujourd’hui épuisé.
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques
Situation : au sud de l’île, relativement mal protégée des coups de vents de sud, qui imposaient probablement très vite de monter les bateaux sur les plages. Sérifos tirerait son nom du grec ancien sterifos signifiant « stérile ». Point culminant de la petite île, 78 km² , le mont Troullos atteint 585 m. Sérifos est connue depuis l’Antiquité pour ses mines de fer, extrait jusqu’en 1960.
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques
Situation : au SW de l’île, complètement protégé « tout temps », certainement le meilleur mouillage des Cyclades, aussi bien en eaux profondes qu’en potentiel à terre, avec de nombreuses plages pratiques pour tirer les bateaux au sec. l’île était très riche grâce à ses mines d’or et d’argent, datés de la période Grotta-Pelos (première moitié du IIIe millénaire)
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques
Situation : situé au SE de l’île, Finikas est les seul port naturel de Syros qui comporte peu d’abris, et pourtant Chalandriani dans la région montagneuse de NE Syros est, archéologiquement riche en marbre, métaux et poteries, remontant au bonze ancien. C’est le plus grand cimetière cycladique connu, avec de riches tombes confirmant l’évaluation de son origine culturelle Keros-Syros ( 2500 et 2200 av. J.-C ).
Le meilleur abri en eau profonde se trouve au SW de l’île dans la baie de Finikas, plus exactement au sud de la baie, sur les restes engloutis de l’ancienne Phoinika. Contrairement à nos habitudes de quillards obsédés par leur tirant d’eau. Les marins pré cycladiques recherchaient des presqu’îles procurant deux abris de chaque côté de l’isthme, ici de part et d’autres la presqu’île du cap Dhiakoftis.
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques

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Situation : l’île de Milos (ou Milo, ou Melo) situé à l’extrême sud-ouest de l’archipel des Cyclades, à 60 milles de la côte de Laconie. De W en E, elle mesure 23 km, contre 12 km du N au S, pour une superficie globale de 151 km2. La plus grande partie de l’île est couverte de collines dont la plus haute, le mont Profitis Ilias, culmine à 774 mètres. Pauvre en eau, elle n’est plus auto suffisante aujourd’hui. Excentrée par rapport aux routes pré-cycladiques, c’est un cul de sac tirant sa richesse et son intérêt de ses richesses minières : soufre, manganèse, bentonite, etc et l’obsidienne en particulier.
À l’instar de Santorin, c’est une île d’origine volcanique. L’île est peuplée dès le IIIe millénaire av. J.-C. À l’Helladique Ancien (2300-2100 BC), elle vend de l’obsidienne à une grande partie de la Grèce continentale, et même à Chypre, la Crète et l’Égypte. Le site de Phylakopi est l’un des plus importants du monde égéen pour la période du Bronze ancien en trois phases : d’abord pré-cycladique puis minoenne et mycénienne, les deux dernières correspondant à son épanouissement. On peut donc considérer qu’à l’époque du bronze ancien (3200 2400 BC), le développement commercial de l’île ne se faisait que par les moyens de communication du monde pré cycladique sur l’axe Keros/Ag Irini, et, ce n’est que sous l’influence minoenne puis mycénienne que les marins de l’île pourront s’aventurer en haute mer, grâce aux progrès de l’architecture maritime et à ceux ce la technologie tenon/mortaise, garantissant la solidité des bateaux.
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques
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Situation : l’île de Ios située au sud de l’archipel des Cyclades, offre l’avantage d’une halte sécurisée entre Thera et le groupe Paros/Naxos. L’île est principalement constituée de rochers composés de schiste, quartz et marbre. Le point culminant, Pyrgos, est situé à 713 m d’altitude. Aride, elle offre peu de ressources. De longues périodes de l’histoire de l’île ne sont pas documentées et il est possible qu’elle ait été périodiquement inhabitée en raison de sécheresses. Cependant, des tombes trouvées dans la région de Manganari au sud de l’île montrent que Ios était occupée dès le IIIe millénaire av. J.-C. On note aussi que Manganari se trouve sur la route de Thira.
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques
A part quelques vestiges trouvés sur Manganari, rien actuellement de l’époque pré-cycladique sur Ios. Pourtant l’île a fatalement été une halte commode entre Thira et Naxos/Paros, c’est toujours le cas aujourd’hui avec nos yachts modernes !!!
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Situation : immense paradoxe, nous ne pouvons savoir à quoi ressemblait Thera (ou Thira, ou Santorin) avant que n’explose le volcan au XVème siècle av J.C.
Aujourd’hui très inhospitalière, ce ne devait pas être très différent avant l’explosion. Il est tout à fait possible que le port artificiel dont il reste des vestiges submergés au cap A. Exomytis au sud de l’îles ait existé à l’époque pré-cycladique, en même temps que l’essor de la civilisation minoenne. Nous sommes à 60 milles de la Crète, et les minoens, au contact de l’Egypte et des phéniciens, maîtrisaient mieux l’architecture maritime que les grecs des Cyclades. Ils savaient déjà utiliser la technologie tenon/mortaise, et le maniement des voiles.
Les peintures retrouvées miraculeusement enfouies à Akrotiri nous montrent de grands bateaux paradant en eaux calmes. Sans plages, il fallait un port artificiel. Elles nous montrent aussi des scènes d’une nature luxuriante et généreuse : rivières, animaux, scènes de chasse. Comme tous les volcans, Thera devait être un phénoménal château d’eau, point d’intérêt majeur pour les marins pré cycladiques, mais aussi pour les envahisseurs minoens qui en firent une colonie, marche et camp de base de leur attitude hégémonique... Le monde thalassocratique minoen était en marche
Ports en eau profonde les plus proches :
Sites préhistoriques
Fouillées de 1967 à 1974, les peintures murales offrent une fenêtre cruciale sur l’histoire de Santorin, dépeignant le monde égéen au début comme une société hautement développée. De toutes les découvertes découvertes à Akrotiri, ces fresques constituent la contribution la plus significative à la connaissance actuelle de l’art et de la culture égéenne. Dans leur technique, leur style et leur contenu thématique, les peintures sont des objets d’étude inestimables pour les archéologues, les historiens de l’art, les zoologues, les botanistes et les chimistes. Ces peintures représentent des personnages anciens, des coutumes et des événements historiques.
Les anciens artistes de Thera utilisaient pleinement leurs couleurs : le jaune était utilisé pour la fourrure dorée des lions ou la peau des jeunes, et comme substitut du vert clair pour les plantes peintes comme le myrte. Le bleu était utilisé comme gris foncé pour indiquer les oiseaux, les peaux d’animaux, les écailles de poisson et les têtes rasées des jeunes personnages. Le bleu profond était également utilisé pour suggérer le vert profond du lierre, du papyrus, du lys, des roseaux et des palmiers.
Bien que postérieure à la culture pré-cycladique (17ème siècle av J.C), le degré de technique montre bien son origine minoenne et une parenté évidente avec l’art développé à Cnossos, renvoyant les maigres parutions purement cycladiques au panthéon d’un moyen âge obscure. Ici, détail de la grande fresque : le départ de la flottille, montrant un paysage de végétation subtropical, centré autour d’un fleuve, aux berges couvertes d’arbustes et de palmiers, avec au loin le désert. La végétation devient méditerranéenne à l’une des extrémités (on y voit des chênes, des pins et un lion poursuivant un troupeau de cerfs). Sans que l’on sache d’où ils partaient ni où ils arrivaient... Thera, Crète, Egypte ???
Cette grande fresque était très visible dans la salle de séjour de la maison ouest d’Akrotiri. Le propriétaire des lieux tenait donc à ce qu’on la voit, sans doute parce qu’elle représente, telle une bande dessinée, ses exploits. Note, [10]
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Situation : Amorgos, la plus orientale des Cyclades, s’étend sur 121 km², comptant 112 km de côtes. C’est une épine montagneuse de 6 km de large et 30 km de long, orientée SW/NE elle barre la route au Meltem. Le mont Krikellos, situé au nord, culmine à 821 m. Cette barrière montagneuse a pour conséquence de rendre périlleux la navigation à l’Est de ’île, sous le vent dominant (Meltem), en été. L’hiver, exposée au tempêtes de SE, c’est pire... Ajouté à cela, un vortex de courants entre Dhonoussa et la pointe nord d’Amorgos s’oppose au meltem levant une me dure
Seule solution de navigation : vers l’ouest et les petites Cyclades, toutes proches. l’île comporte deux ports : Aigiali et Katapola et un abri au sud : Kalotaritissa. Seul Katapola peut être considéré comme port en eau profonde. On y trouve d’ailleurs un site archéologique « Ancient Minoa » dominant le port, mais d’origine post cycladique.
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques
Amorgos est habitée dès le Néolithique (pointes de flèches en obsidienne remontant à 4500 avant notre ère). La période proto-cycladique, entre 3000 et 2000 avant notre ère, est l’âge d’or de l’île. Une douzaine d’acropoles avec palais et nécropoles ont été identifiées. Surtout, Amorgos produit alors de très nombreuses idoles cycladiques, donnant leurs noms à deux variétés de statues du type « canonique », celles de Kapsala et de Dokathismata. Le type le plus caractéristique est la statue debout, la tête un peu inclinée en arrière et les bras croisés. Différentes variétés de ce type « aux bras croisés » peuvent être distinguées (nommées d’après les cimetières d’Amorgos, Naxos et Syros dans lesquels les statues ont été découvertes en premier) :
Entouré au nord, à l’Est et au sud par une mer hostile, Amorgos ne pourra se développe que vers l’ouest, mais, quelle route !!! elle se trouve à 10 milles de Keros, le centre technocratique du nouveau monde pré-Cycladique. Elle restera néanmoins une impasse jusqu’à l’arrivée des minoens ... mais, 1000 ans plus tard
Question : pourquoi Keros ???
Probablement par la conjonction d’éléments constitutifs positifs :
C’est le schéma de développement de Keros : la liturgie religieuse sur Kavos à l’ouest de l’île et juste en face, relié par une chaussée aujourd’hui submergée : l’îlot Dhaskalio, où bénéficiant de très bonnes conditions climatique (vent et orientation de ce vent, degré d’humidité, température, exposition au soleil, etc...) permettront de passer de la technologie du four du potier à celui des fondeurs... La métallurgie du bronze était inventée, ici pour les Cyclades voir note : [11] Invention tardive et limitée comparée à celle du plateau anatolien.
Question : quelles annexes ???
Même avec l’isthme reliant Keros à l’îlot Dhaskalio émergeant, avant la montée des eaux (4 à 6 m ici), Keros, ne comportait pas de port, ni de plage satisfaisants. Les nombreux bateaux assurant le transport des pèlerins, l’approvisionnement du minerai, du bois et des nourritures devaient pouvoir s’abriter ailleurs. C’est la proximité des Koufonisia qui le permettra, parfaite halte, entre le centre technologique et religieux et Naxos, pourvoyant aux besoins en matières premières.
Mais, annexes également les plages sud et nord de Naxos et les mouillages sécurisés de Paros et Anti Paros. Les autres petites Cyclades (Schinoussa et Iraklia) participeront aussi à l’efficacité de cette base maritime
Les erreurs d’analyses faussant le jugement : [12]
ndlr : Or... pour l’époque pré cycladique, les bateaux ne pouvaient pas affronter la haute mer, ils ne devaient impérativement naviguer en sécurité que dans l’archipel, dans une mer moins rude. Ce qui n’empêchait pas les échanges : îles par île sur des trajets courts et sécurisés par le potentiel offert par de très nombreuses plages. De Santorin à Kea et de Milos à Amorgos., mais certainement pas en haute mer.
La communication et les échanges pouvaient s’établir sur un axe Nord/Sud (et inversement), pour de courtes étapes entre des îles proches, véritables stations d’attente.
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Chronologie de la création du bronze :
Le transfert de technologie a bien été importé, pratiquement un millénaire après son utilisation usuelle en Anatolie, trouvant à Keros les conditions matérielles idéales de développement : un cadre religieux garantissant la stabilité politique et policière, de bonnes conditions d’approvisionnement du minerai, un environnement agricole prospère (Naxos/Paros) et de bonnes plages en toute proximité pour garer les bateaux...
Leurs échanges prospéreront tant qu’ils pourront assurer le contrôle de leur empire commercial : celui de l’archipel Cycladique sur l’axe Keros Kea, et ses exportation continentales par l’Attique. Le jour où les minoens, puis les mycéniens prendront le contrôle de ces routes, grâce à des moyens maritimes supérieurs (technologie tenon/mortaise et utilisation de voiles), s’en sera fini de la puissance cycladique.
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Situation : Avec 15,2 km², Kéros (en grec Κέρος) est la plus grande île des petites Cyclades (Mikres Kyklades). Aride et inhabitée aujourd’hui la plus grande des petites Cyclades culmine à 432 m. Les petites Cyclades forment un archipel de petites îles grecques au sud de Naxos entre les îles d’Ios et d’Amorgos, constitué de six îles principales : Iraklia, Schinoussa, Donoussa, Kato et Epano Koufonissia, et enfin Kéros.
Toutes ces îles étaient habitées durant l’Antiquité comme en témoignent les ruines et tombes retrouvées. Elles furent désertées par la suite, servant de lieux de pâturage. Elles furent progressivement colonisées par des habitants d’Amorgos à partir du XVIIIème siècle, l’habitat finissant par devenir permanent au XIXème siècle, surtout suite à l’expropriation d’une partie des terres du monastère après la guerre d’indépendance. Elles acquirent successivement leur autonomie administrative à partir des années 1920.
Aujourd’hui seules Iraklia, Schinoussa, Donoussa et Epano Koufonissi sont habitées. Administrativement, les petites Cyclades dépendent à présent de Naxos.
Aujourd’hui déserte, Keros joua un grand rôle dans la civilisation cycladique.
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques
On comprend mieux l’implantation de Dhaskalio et de Keros, quand on les situe par rapport à Naxos pour l’approvisionnement du minerai, du marbre, du bois et de la nourriture, et à Kato Koufonisia pour ses nombreuses plages et ses facilités de stockage des bateaux.
Une fois finalisé, le site se présentait ainsi
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Situation : Au sud en toute proximité de Naxos 4 îles déjà décrites sur PTP
Une seule fait exception : Keros, mais c’est sans gravité, les autres îles des petites Cyclades sont là pour servir de trait d’union avec Naxos... Ce sont les premières annexes de la route pré cycladique : Keros-Kea
A titre d’exemple, la construction des terrasses en marbre de l’îlot sacré Dhaskalio, ont exigé l’apport de 7 à 10.000 tonnes de marbre de Naxos. Au plus court, il existe deux plages d’embarquement du marbre sur le sud de Naxos : Kalantos et Panormos, situés à 6 et 7 milles de Dhaskaliio, avec à mi route la possibilité de faire des transfert sur Kato Koufonisia. Ils ne disposaient à l’époque que de radeaux armés d’une vingtaine de pagayeurs, et pouvant charger (estimation) deux tonnes de marbres. Il aurait donc fallu de 3500 à 5000 voyages AR pour un seul bateau, soit pour une hypothèse de 120 jours/navigation par an : de 60 à 80 ans de travaux. Avec 10 bateaux, 10 fois moins, mais 200 marins à nourrir et à loger. Avec 50 bateaux 2 ans, mais 1000 marins à entretenir, sans parler de la maintenance des bateaux... D’où l’intérêt de bénéficier de bonnes plages. CQFD...
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Situation : La plus grande et la plus haute île des Cyclades, située pratiquement au cœur de l’archipel, à approximativement 100 milles du Péloponnèse, de la Crète et de la Turquie continentale, ce qui l’isole par des mers difficiles à naviguer. Seul au nord Kea et l’Attique restent facilement accessibles grâce au chapelet des îles cycladiques. L’île est riche : pourvue d’une mer poissonneuse, bordée de hauts fonds, riche de marbre et d’émeri extraits depuis l’antiquité, fertile par ses forêts et ses grandes plaines à l’ouest de l’épine montagneuse établie du nord au sud et proposant à l’Est des versants accidentés faciles à défendre. Sur ce versant, on trouvera, au SE une série de belles plages permettant l’accès à Keros située à moins de 7 milles au large.
Ports en eau profonde les plus proches :
On ne trouve pas aujourd’hui de port en eau profonde naturel sur Naxos. Le seul port artificiel, se situe face à Paros, sur les lieux du site antique de Grotto. Selon la revue sur Risques littoraux en Méditerranée voir note : [14] la montée des eaux sur cette région serait de 4 m pour l’an 2000 BC, confirmé par Colin Renfrew pour Dhaskalio. De ce fait, l’îlot Apollonas aujourd’hui relié à Naxos par un digue artificielle, était une presqu’île à l’époque pré cycladique, protégeant du Meltem une belle fosse maritime, encore signalée par la bathymétrie actuelle.
Plages annexes permettant une mise au sec
De nombreuses plages, sur la côte Est, face à Paros, qui devaient permettre d’entretenir un lien resserré ente les deux îles. Le chenal, long de 10 milles, n’en mesure que 3 de large au plus étroit. La région de Naxos/port, aujourd’hui marécageuse et aménagée, devait aussi offrir du potentiel... Mais, le plus intéressant concerne la côte SE, faisant face aux Koufonisia et... à Keros. Entre autres :
Sites préhistoriques

Naxos doit une partie de sa célébrité à la mythologie : selon la légende, Thésée y abandonna Ariane, qui fut recueillie par Dionysos, divinité tutélaire de l’île. ndlr : c’est la légende, et quand la légende est plus belle que l’histoire, on oublie l’histoire. C’est ce qui est arrivé à Naxos où l’histoire était bien plus ancienne que ce que l’Olympe nous a révélé.
C’est le professeur Chrístos Tsoúntas qui révéla définitivement la culture cycladique avec ses fouilles systématiques à Syros, Sifnos, Paros, Amorgos, Antiparos et Despotikó au Sud d’Antiparos. Son successeur Klon Stephanos mit au jour des dizaines de tombes sur Naxos au début du XXème siècle. Ce qui a permis de faire une première distinction Cycladique Ancien I et Cycladique Ancien II. Cependant, lorsque le British Museum publia en 1928 Catalogue of Sculpture in the British Museum, les statuettes cycladiques sont considérées comme des « idoles primitives » avec un intérêt plus « anthropologique qu’artistique ». Les grandes fouilles à Naxos (Grotta), Paros-Antiparos (ilot de Saliagos entre les deux iles) et Kephala sur Kéa, après la Seconde Guerre mondiale, ont permis d’affiner notre connaissance de la culture cycladique. On reconnait aujourd’hui, trois périodes :
Situation : Le groupe d’îles de l’archipel Paros/Andiparos/Dhespotiko/Strongilo est de formation récente, apparu avec une montée des eaux de 5 m depuis l’époque du bronze ancien (4000 BC). Les plus anciennes traces d’habitat dans les Cyclades, vieilles de près de 7 000 ans, ont été découvertes sur l’îlot de Saliagos, entre Paros et Antiparos. Île fertile (voir note [15] ) et propice aux marins, Paros fut une des cibles prioritaires de la Thalassocratie minoenne.
Paros (en grec ancien et en grec moderne Πάρος) se trouve à l’ouest de Naxos dans l’archipel des Cyclades dont elle est la troisième plus grande île par sa superficie ainsi que principal carrefour maritime. Parikiá est la plus grande ville et le port principal de l’île. Trois sites maritimes en font sa particularité
Liens vers PTP : Les passes étroites d’Antiparos
Si l’on recherche aujourd’hui les grandes routes maritimes desservant les Cyclades Paros apparaît comme la plateforme essentielle de communication. Et, si l’on trace le potentiel d’escales et de routes pré-cycladiques, Paros reste encore le passage recommandé entre Milos, Thera, Keros vers l’axe nord/sud du commerce vers l’Attique.
Les atouts maritimes de Paros :
Ports en eau profonde les plus proches :
Plages annexes permettant une mise au sec
Sites préhistoriques
Les fouilles menées en 1964-1965 sur l’îlot de Saliagos (aux abords d’Antiparos) ont montré que Paros était habitée dès l’époque néolithique (5000-4500 av. J.-C.) : dans ce très modeste habitat ont été retrouvés plus de trois tonnes de tessons, beaucoup à décor peint géométrique, et environ deux mille cinq cents objets en obsidienne importée de l’île de Mélos, distante de 60 km. À l’origine, Saliagos n’était pas un îlot isolé, mais faisait partie du « grand Paros ». Saliagos était alors une petite butte au milieu d’un isthme entre les deux futures îles Paros et Antiparos, et c’est sur cette butte que se situait l’habitat dont une partie a disparu, recouverte par la montée de la mer Risques littoraux en Méditerranée voir note : [16] . La poterie plutôt sombre est caractérisée par des vases dits « calice » qui ne se trouvent que sur Saliagos.
Durant la période du bronze ancien I (3200-2700), les débuts de la civilisation dite cycladique sont représentés à Paros par diverses nécropoles : les sites de Plastiras (baie de Naoussa) et Cambos (côte sud) ont livré un matériel en marbre caractéristique de la phase dite de Grotta-Pélos. Lors des phases ultérieures, Paros semble très en retrait par rapport à Naxos. réf : Paros/Unersalis.
Il reste une solution : celle de voyages morcelés, d’îles en îles, et de plage en plage, vers le Nord, depuis Santorin jusqu’à Kea, où là ils pourront atteindre l’Attique et le continent pour faire fructifier leur commerce.

[1] informations : Conférence du 22 janvier 2018 à la Société de Géographie de Bordeaux par Eric Thomas
[2] par PASCAL ARNAUD
© Editions Errance, Paris, 2005
7, rue Jean-du-Bellay 75004 Paris
Tél. : 01 43 26 85 82
Fax : 01 43 29 34 88
ISBN : 2 87772 314 3
[3] Meltem est un mot d’origine turque, étésien, signifiant en grec ancien : qui revient régulièrement
[4] curieusement cela reste encore d’actualité aujourd’hui, où l’on considère que le « calendrier » reste le principal danger pour le plaisancier !!!
[5] ordinaires : tenant comptes des précautions à observer pour pouvoir soit se dérouter, soit faire demi tour
[6] ndlr : j’ai connu en Turquie à Kekova un excellent capitaine de « Gulet » navigant sans carte, sans boussole, sans GPS. Comme je interrogeais sur cette particularité, il me répondit : pourquoi ??? sur les 400 milles entre Antalya et Bodrum, je connais tous les cailloux, j’ai plongé sur tous... C’est mon père qui me l’a appris, et je navigue toujours de jour et par beau temps... Il naviguait avec sa femme et son fils, lui même apprenti...
[7] ndlr : tous ceux qui ont propulsé leur annexe avec un équipage nombreux, et bien équipé de pagaies, savent bien combien peut être efficace ce genre de propulsion
[8] ce fut un des problèmes majeurs qu’a connu Tim Severin dans sa reconstitution du voyage de Jason
[9] Contrairement aux « Eoliens » et aux « Doriens », les « Ioniens » apparaissent dans les langues de différentes civilisations autour de la Méditerranée orientale et aussi loin à l’est que le sous-continent indien . Ils ne sont pas les premiers Grecs à apparaître dans les annales ; cette distinction appartient aux Danaans et aux Achéens . La piste des Ioniens commence dans les archives grecques mycéniennes de Crète.
Les Ioniens ( / aɪ oʊ n i ə n z / ; grec : Ἴωνες , Iones ) étaient l’ une des quatre grandes tribus que les Grecs considéraient s’être divisé au cours de la période antique ; les trois autres étant les Doriens , les Éoliens et les Achéens .
Lorsque les Doriens ont envahi le Péloponnèse, ils ont expulsé les Achéens de l’ Argolide et de la Lacédémonie . Les Achéens déplacés se sont installés dans Aigialeia (connue par la suite sous le nom d’ Achaïe ), expulsant à leur tour les Ioniens d’Aigialeia. Les Ioniens ont déménagé en Attique et se sont mêlés à la population locale de l’Attique et beaucoup plus tard ont émigré vers la côte de l’Asie Mineure fondant la région historique de Ionia .
Contrairement aux Doriens austères et militaristes, les Ioniens sont réputés pour leur amour de la philosophie , de l’ art , de la démocratie et du plaisir - des traits ioniens qui ont été les plus célèbres exprimés par les Athéniens .
[10] Source multiple, Wikipedia entre autres, mais surtout le remarquable site : http://www.marine-antique.net/La-gr...
[11] La métallurgie se définit comme un traitement thermique permettant l’extraction de métaux à partir de minerai. Elle nécessite un savoir-faire parfait de l’art du feu, acquis avec la cuisson de la céramique. Il existe d’ailleurs une parenté certaine entre le four du potier et le four du bronzier. Pour extraire un métal d’un minerai, il faut la maîtrise de fours à haute température (le cuivre fond à 1 084 °, son addition avec l’étain abaisse considérablement le point de fusion).
[12] Par Cyprian Broodbank
Résumé :
L’importance de la préhistoire cycladique précoce
L’âge du bronze primitif des îles cycladiques occupe une place remarquable dans la préhistoire égéenne, hors de toute proportion avec le nombre modeste de personnes qui les habitaient. Pourquoi cette trentaine d’îles ont-elles retenu autant d’attention ? Ces îles n’offraient pas non plus, dans les conditions de l’âge du bronze ancien, des opportunités de peuplement manifestement attrayantes. Malgré leur popularité aujourd’hui en tant que paradis touristique, les massifs rocheux accidentés qui composent les Cyclades sont (sauf dans quelques vallées fertiles et plaines côtières) à peine recouverts de sol et à court d’eau ; ils occupent l’extrémité la plus pauvre du spectre des environnements viables pour les communautés agricoles. Ces caractéristiques ont joué un rôle crucial dans la formation des sociétés à petite échelle qui habitaient ces îles au début de l’âge du bronze, mais peuvent difficilement expliquer l’importance de la préhistoire cycladique précoce dans la littérature archéologique et l’imagination populaire.
[13] Preliminary Report of 2006 and 2007 seasons
Colin Renfrew (McDonald Institute for Archaeological Research, Downing Street, Cambridge),
Olga Philaniotou (Director of Antiquities, Mytiline, Greece),
Neil Brodie (Archaeology Center, Stanford University, California, USA),
Giorgos Gavalas (Archaeologist, Athens),
Evi Margaritis (Wiener Laboratory, American School of Classical Studies in Athens),
Charles French (McDonald Institute for Archaeological Research, Downing Street, Cambridge)
Panagiota Sotirakopoulou (Archaeologist, Athens)
https://www.cambridge.org/core/jour...
[14] auteurs : Rémi Dalongeville, Stéphane Desruelles, Éric Fouache, Claire Hasenohr and Kosmas Pavlopoulos, réf Hausse relative du niveau marin à Délos (Cyclades, Grèce) : rythme et effets sur les paysages littoraux de la ville hellénistique
[15] La mythologie grecque l’avait placé sous la protection de Demeter, la déesse de l’agriculture et des moissons
[16] auteurs : Rémi Dalongeville, Stéphane Desruelles, Éric Fouache, Claire Hasenohr and Kosmas Pavlopoulos, réf Hausse relative du niveau marin à Délos (Cyclades, Grèce) : rythme et effets sur les paysages littoraux de la ville hellénistique
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