Pratiques et Techniques en Plaisance
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Cet article vise à priori à être un guide sommaire et limité à l’entretien de mes batteries à plomb ouvert, en y intégrant les situations non strictement conventionnelles qui sont la règle dans la vraie vie.
L’auteur s’est constitué cette base en compilant, pour les batteries de son bateau, ce qu’il a lu sur Plaisance Pratique mais aussi sur le manuel d’utilisation des batteries Rolls et aussi l’excellent Energy beyond limit de Victron. Certains points ont pu être clarifiés par d’autres textes, cités en référence.
L’auteur en second s’est appliqué consciencieusement à préciser toutes les notions évoquées ... au risque de rendre le texte beaucoup trop long et indigeste.
Le soucis de rester sommaire est apparu contradictoire avec une bonne information et/ou compréhension et tenant compte des points de vue divers de la littérature. Une deuxième partie - qui reprend le plan de la première partie sommaire - a donc été crée et vient la compléter séparément.
Il n’est pas utile de lire cette deuxième partie pour commencer à utiliser ces batteries ... quoique ... mais plus tard, pour mieux appréhender la manipulation de nos « chères » batteries...
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Exemple : Soit 2 batteries à C20 = 130 Ah donc 260 Ah et 10 % de C20 = 26 Ah
T= 0,42 x 260/26 = 4,2 h
Cette durée est à reporter dans la programmation du chargeur ou à utiliser comme durée à surveiller par l’utilisateur.
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Elle réduira la sulfatation des plaques et de-stratifiera l’électrolyte.
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Si chargeur n’y arrive pas (par ex. au mouillage), utiliser un panneau solaire ou une source de courant continu suffisante.
Si t° des batteries dépasse 46 °C / 52 °C arrêter égalisation , laisser refroidir et reprendre.
Si le courant de charge augmente, le baisser.
si t° devient supérieure à 46 °C, laisser refroidir,
U = d + 0,84 par cellule. Par ex. à 30°C d = 1,28, U = 1,28 + 0,84 = 2,12 V x 6= 12,72 V
Idéalement < 30 °C maxi 52 °C. (et c’est trop souvent 40 °C)
Attention au cas du bateau désarmé équipé de panneaux solaires conséquents , les batteries étant de fait en float permanent pendant des mois. Il est judicieux de surveiller très attentivement les réglages de la tension du chargeur / régulateur de panneau solaire, surveillance facilitée dans le cadre de cet article avec la technologie plomb acide ouverte.
Si l’on doit remettre de l’eau tous les 2 mois c’est que le programme de charge est trop haut, donc diminuer tension d’absorption et /ou la durée d’absorption
Exemple : Batterie 12 V, absorption 14,7 V à 20° C préconisée par fournisseur. Si t° électrolyte = 40°C (30 °C ambiant plus 10 °C par la charge) tension absorption = 14,7 - (0,012 x 20) = 14,46 V
Cette seconde partie part des recommandations et préoccupations d’entretien et d’utilisation de la première partie et tente de les expliquer, les éclairer, les approfondir. Le plan suivi est identique.
Sa lecture peut paraitre ardue, mais elle est facultative.
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Remarque : les tensions (boost, absorption, float) diminuant avec la température en même temps que le processus de charge provoque une élévation de température de la batterie peut conduire à un phénomène dangereux d’emballement, phénomène qui se terminait par l’explosion du parc batteries des péniches d’antan. A défaut d’un chargeur équipé d’une sonde de température accolée à la batterie (pas au chargeur) il peut être prudent de surveiller la montée en température avec un thermomètre infrarouge, surtout lorsque la charge est énergique (batteries très déchargées, intensité de charge dépassant I10, longue charge, ...).
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Les utilisateur pro pourront aussi :
Exemple de calcul de la durée de la phase absorption : J’ai installé 2 batteries dont la capacité (à C20) est de 130 Ah chacune, donc un total de 260 Ah. J’ai aussi un chargeur que j’aurai du dimensionner pour débiter 10 % de la capacité de mes batteries (capacité mesurée à C20) soit 26 A (I10 = 26 A). En fait, j’ai choisi sur catalogue un chargeur de 25 A. L’intensité moyenne pendant la phase d’absorption décroit progressivement de 25 A à quelques A, elle peut être estimée/moyennée à 12,5 A (la moitié de 25), dont 5 % (0,625 A) sont perdus en chaleur et le reste (11,875 A) sert à recharger les 20 % de la capacité (de 260 A, donc 52 A) restant. La durée de cette phase sera donc de 4,28 heures (52 / 11,875).
Attention, Les recommandations de tensions du constructeur de la batterie peuvent différer légèrement des choix de tensions fait par le fabricant du chargeur, qui est souvent non programmable. L’utilisateur devra trouver un compromis raisonnable qui préserve la performance et la durée de vie de ses batteries.
Pour d’autres auteurs, le floating appliqué pendant des mois pour compenser l’auto-décharge doit être mené avec une tension de 13,2 à 13,7V (600 à 900 mV au dessus de la tension de repos) et un courant très faible d’environ 30 mA pour une 100 Ah
Les batteries OLA classiques (démarrage) ne devraient par être déchargées au delà de 50 % de leur capacité nominale (50 Ah pour une batterie annoncée pour 100 Ah), ce seuil peut être porté à 80 % de cetet capacité nominale pour les batteries à décharge profonde (traction, plaques épaisses à 6 % d’antimoine) et surtout il faut absolument éviter de rester à ce niveau de décharge de manière prolongée (1 heure convient, une journée n’est pas catastrophique, un mois, si). Le risque étant que, très déchargés, la polarité de certains éléments s’inverse (de 2,1 V ils passent à -2,0 V) phénomène dommageable pour les intercalaires entre plaques.
On recommande généralement pour les OLA de ne pas procéder à des recharges incomplètes, une batterie déchargée à 60 % de sa capacité (on a tiré 40 Ah d’une 100 Ah) devrait au choix être rechargée à 100% ou continuer à être déchargée jusqu’à 50 % (batterie de démarrage) ou 80% (traction, plaque épaisse) de sa capacité pour alors être rechargée à 100 %.
Avec nos chargeurs automatiques à 3 phases, la recharge à 100 % consiste en une phase (boost) rapide (courant I10 ou I20 jusqu’à atteindre 14,4V - 14,8V) suivie d’une phase laborieuse (absorption, à tension constante de 14,4V à 14,8V et courant décroissant jusque vers I50-I100) au cours de laquelle la recharge se fait au mieux en moyenne à la moitié du courant précédent. A titre d’exemple, avec un chargeur de 10A et une batterie de 100 Ah déchargée à 60 % de sa capacité (il lui manque 40 Ah, 42 avec les 5 % de pertes, qu’on va négliger) il faudra 2 heures de boost à 10A pour la porter de 60 % à 80 % et au moins 4 heures d’absorption pour la porter de 80 à 100 % (l’intensité décroissant entre 10A et presque 0A est prise en moyenne à 5A). Ces durées seraient portées à 6 heures et 4 heures pour la batterie déchargée à 80 % de sa capacité.
On appelle biberonnage la pratique consistant à enchaîner une recharge incomplète et une nouvelle utilisation.
Remarquons que c’est de floating ou d’entretien (la 4ème phase de certains chargeur) qu’on doit parler lorsque - batteries chargées à bloc (respect des 3 critères) et chargeur allumé - nous quittons le bord pendant des semaines, laissant les batteries soumises à une charge très peu énergique (autour de 13,3V, courant autour de 10 mA ou 2Ah par jour et par 100Ah) éventuellement modulée au cours de la semaine. Et bien sur, au retour, un bon vidage suivie d’une recharge/égalisation complète très académique sera parfait, voir ici http://www.plaisance-pratique.com/C...
Peser l’acide après refroidissement , au minimum 30 minutes après la fin de charge, donc 30 minutes - deux heures est mieux - après avoir coupé le chargeur en phase de float. la densité mesurée doit être conforme au tableau 3 ci-dessus (1,27 à 1,28 à 30 °C, 1,29 à 20 °C).
Trois critères de charge complète sont recommandés : 1- bouillonnement (pas de simples bulles) de l’électrolyte ; 2- stabilité de la densité ; 3- stabilité de la tension aux bornes. Selon les normes, ces critères doivent être observés pendant au moins 120 minutes.
Avec une batterie connue, la comptabilisation routinière des ampères déchargés et rechargés est le procédé de vérification le plus simple, quitte à égaliser tous les 6 mois pour rester/repartir sur des bases saines. C’est d’ailleurs ce que permettent nos moniteurs de batterie.
Il faut laisser au moins 2 heures de repos après la fin de la charge ou de la décharge avant de pouvoir estimer la charge d’une batterie par mesure de la tension à ses bornes. En effet, La tension aux bornes est liée à la charge en acide capturée dans les plaques, l’électrolyte servant de réserve d’acide (en décharge) ou de récepteur (en charge) et l’acide migrant - par diffusion - entre l’électrolyte et les plaques lors des charges/décharges. Ce processus de migration - ralenti par les séparateurs et les plaques - se poursuit jusqu’à stabilisation après la fin de la charge ou de la décharge (fin obtenue par ouverture du circuit, dans la figure 12 ci-contre). D’après cette figure, la tension (qui est liée à la densité de l’électrolyte) continue à augmenter pendant encore 2 heures après la fin de la décharge ou à diminuer pendant encore 2 heures - et même jusqu’à 24 à 96 heures - après la fin de la charge. Il est possible de mesurer la décharge (en % de la capacité) en mesurant la densité et en la comparant à la densité de pleine charge Des valeurs utilisables en fonction des courants de charge ou de décharge sont évoquées ici http://www.plaisance-pratique.com/C... et ici http://www.scubaengineer.com/docume... |
Le phénomène de l’auto-décharge est présent dans chaque batterie. Le pourcentage d’auto-décharge dépend de la température et du temps de stockage. La batterie traditionnelle au plomb, à température ambiante et avec une humidité ambiante normale, se décharge d’environ 1 % par jour. Plus la température augmente, plus l’effet de décharge croît, en revanche ce phénomène peut quasiment s’annuler à l’approche des températures de congélation de l’électrolyte. Les batteries à plaques épaisses (fort taux d’antimoine) se déchargent les plus rapidement.
En théorie, une batterie doit être rechargée toutes les 2 à 3 semaines, pour éviter que sa capacité résiduelle ne descende en dessous de 60 - 70 % de sa capacité nominale et que le maintien dans cette condition provoque un début de sulfatation.
Lorsqu’une batterie n’est pas utilisée pendant une longue période, elle doit nécessairement être maintenue chargée, afin de ne pas compromettre ses performances. Il est important de charger la batterie si elle n’est pas utilisée pendant plus de 24 heures.
Le document Energy beyond limit, paragraphe 2.5.10 p. 20, tempère ces valeurs pour des batteries au plomb et les ramènent à 12 % (plomb à plaque épaisse, 6 % d’antimoine) et 6 % (plomb classique, 1,6 % d’antimoine) de la capacité nominale, par mois à 20 °C. Ce n’est plus 2 à 3 semaines mais 3 à 4 mois qui devient la limite critique, et la valeur de 1 % de la capacité nominale par jour est l’apanage de batteries en fin de vie.
Le courant interne d’auto-décharge est de l’ordre de C/10000, soit 10 mA pour une 100 Ah ou aussi 2 Ah par jour et par 100 Ah. Le courant de floating conseillé qui est dix fois plus fort compense mal l’auto-décharge dont on vient à bout par des recharges (boost et absorption) périodiques.
Maintenir sa batterie chargée, bateau délaissé semble dans la ligne de la remarque précédente et suggère une méthode pratique à base de mini panneau solaire juste suffisant pour compenser l’auto-décharge sans assécher la batterie et ainsi contourner les risques associés à la technologie OLA et/ou traction.
Il est normal qu’au cours des décharges les plaques se recouvrent d’une pellicule blanche de sulfate de plomb, ces sulfates disparaissent normalement à la recharge complète suivante. Des recharges incomplètes ou des séjours prolongés à l’état déchargé rendent ces sulfates difficiles à résorber, c’est la sulfatation dure, qui par capillarité peut remonter dans des cas extrêmes de manière visible le long des bornes. De plus, à l’usage l’électrolyte tend à se stratifier par gravité, l’acide plus lourd coule au fond, la densité mesurée en surface apparaît - de manière erronée - plus faible, comme pour une batterie mal chargée. Enfin, la capacité de chaque élément (et donc sa tension et la densité de son électrolyte) tend à s’écarter légèrement de l’état de pleine charge, les éléments sont inégalement chargés (s’observe au pèse-acide). La phase d’égalisation (en anglais, equalization) est une sorte de surcharge contrôlée qui permet de corriger ces défauts, elle est à pratiquer environ tous les 6 mois ou lorsque des symptômes imputables à la stratification, la sulfatation ou les charges inégales apparaissent . Dans cette phase une faible intensité I20 ou I10 (5 à 10 % de la capacité C20) mais sous une forte tension (15,5 à 16 V) est appliquée pendant un temps limité (de l’ordre de 2 à 4 heures) sans laisser les batteries s’échauffer anormalement, leur température doit rester en dessous de 45 à 55 °C, à surveiller soigneusement. Se référer aux recommandations du constructeur de la batterie. |
Remarque : la température idéale d’utilisation (la température du compartiment batterie, donc) devrait être inférieure à 40 °C. La durée de vie des batteries, exprimée en année est donnée pour 20 °C, elle est divisée par 2 pour chaque 10 °C en plus. La température maximale admissible pour l’électrolyte est de 50 à 55 °C sous peine de dommages irréversibles (source NBA)
Au fur et à mesure des recharges, les densités - initialement identiques - vont varier d’une cellule à l’autre, les cellules deviennent diversement chargées. Une surcharge contrôlée (l’égalisation) devient nécessaire pour que toutes les cellule soit effectivement complètement chargées et donc que les densités soient identiques. Ceci va réduire stratification et sulfatation, lesquelles réduisent la durée de vie de la batterie. Cette égalisation doit être faite tous les 2 à 6 mois en chargeant les batteries jusqu’à atteindre la tension d’égalisation puis maintenant cette tension pendant 2 à 3 heures. Une densité qui ne varie plus (reste constante) pendant 45 à 60 minutes est l’indication que l’égalisation est terminée. La phase d’égalisation, par son brassage énergique, est le meilleur moment pour refaire préalablement les niveaux d’électrolyte.
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Quand faut-il égaliser ?
Remarque : Le pèse-acide est un juge arbitre fiable.
Remarque : Une batterie qui ne tient plus la charge est le symptôme typique d’une batterie sous-chargée de manière endémique, ce qui suggère de procéder à une égalisation. Cette sous-charge répétée se traduit par une perte de capacité, phénomène qui ne sera visible qu’au bout de plusieurs mois.
Remarque : Une batterie chargée sous une tension et une intensité suffisante permettra des cycles de décharge/charge plus nombreux.
Des égalisations périodiques permettent une homogénéisation des densités et une dé-sulfatation mais ne peuvent suffire à compenser des charges insuffisantes répétées ou a retrouver une capacité diminuée par la sulfatation accumulée dans le temps (faisable, mais c’est des jours/semaines plutot que des heures).
Des égalisations trop fréquentes vont dégrader les plaques et diminuer l’espérance de vie de la batterie mais peuvent être nécessaires pour restaurer la capacité d’une batterie sous-chargée de manière endémique.
Selon Rolls :
Si les plaques sont sévèrement sulfatées (le sulfate de plomb est devenu très dur) ce processus peut prendre plusieurs heures (semaines ou mois selon certains), peut-être à répéter sur plusieurs jours, mais ça peut sauver.
Remarque de Rolls : il est bon de mesurer et noter périodiquement la densité d’une cellule précise lorsqu’on pense que la batterie est complètement chargée, et de comparer cette mesure aux précédentes. Si la densité tend à décroitre, il faudrait rallonger la durée de la phase d’absorption ou utiliser une tension d’absorption plus élevée. Plus la durée est longue ou plus la tension d’absorption est élevée, plus la consommation d’eau distillée sera importante mais, en revanche, on aura besoin de moins d’égalisation
Remarque : l’électrolyse de l’eau devient significative et consommatrice d’eau dès que la tension de dégazage (gazing voltage) de 14,1V est atteinte, ce qui est le cas pour nos OLA avec une tension de boost/absorption autour de 14,4V, d’où la nécessité de périodiquement refaire les niveaux.
Remarque : Rolls propose le journal d’entretien ci-dessous
La capacité d’une batterie augmentera après 60 à 90 cycles, ce qui peut avoir un impact sur le réglage du chargeur ou du moniteur. Après 9 à 12 mois un entretien plus routinier aura sa place.
Les 6 premiers mois vous devez :
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Si l’on doit remettre de l’eau tous les 2 mois, le programme de charge est trop vigoureux
Les quatre plaies des batteries au plomb sont la corrosion (surtout par surcharge), la sulfatation dure (maintient prolongée à l’état déchargé, sous-charge endémique, égalisation trop rare), l’assèchement (mais l’appoint d’eau est possible avec les OLA) et enfin l’emballement thermique (concerne surtout les VRLA utilisées à température ambiante dépassant 30-35 °C, concerne peu les OLA)