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Rubrique : Météorologie

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La GalerneVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Juin 2011, (màj Juin 2011) par : Négofol   

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Galerna / Embata / Brouillarta

Ces noms désignent le même phénomène météorologique, appelé Galerna sur la côte cantabrique, Embata au Pays Basque espagnol et Brouillarta au Pays Basque français (en gros...).
Les services météo français et espagnols se sont entendus sur le nom de galerne pour caractériser les phénomènes de la cote cantabrique.

A ne pas confondre avec le vent de galerne qui est un vent de nord-ouest (noroît) froid et humide qui souffle en rafale sur l’ouest de la France, notamment en Touraine, dans le Berry, les Deux-Sèvres, le Béarn, le Quercy et la Bretagne (où il porte le nom de gwalarn)

La galerne est similaire aux alongshore surges et aux coastal trapped disturbances observés ailleurs dans le monde (notamment côte ouest des USA, de l’Oregon à la Californie). Certains coups de pampero sur la côte est de l’Argentine présentent également des similitudes avec la galerne.

La zone concernée s’étend sur une bande de 60 km le long de la cote du Cap Pañas à Capbreton, exceptionnellement jusqu’à la Pointe de Grave.

Typiquement, le phénomène apparait à l’Ouest de la zone (Gijon) et se propage vers l’Est à environ 30 Kts.

Caractéristiques :

La galerne se caractérise par :

  • Une rotation brutale du vent, au secteur ouest sur les côtes françaises, plutôt nord-ouest sur les côtes espagnoles et un renforcement brutal pouvant excéder 25 m/s, voire 30 dans les rafales.
  • Une arrivée rapide de stratus et de brume, parfois de brouillard. La galerne typique est rarement accompagnée de précipitations.
  • Une chute brutale de la température de l’air, pouvant dépasser 12 °C, voire 14°C en quelques minutes, d’autant plus remarquable qu’il n’y a pas de refroidissement par évaporation de précipitations. Cette chute vient souvent après des températures très élevées.
  • Une hausse brutale de l’humidité relative, pouvant dépasser 50 % et en général accompagnée d’une hausse de la température du point de rosée.
  • Une augmentation soudaine de la pression, après une lente baisse.

Les mauvaises conditions durent en général peu de temps (2 à 6 heures). La mer peut devenir très grosse.

La galerne typique ne peut être associée, ni à un passage de front sur les cartes synoptiques, ni à l’occurrence d’un orage ou d’une ligne de grains. Selon ce modèle le plus probable, la galerne est un courant de densité (également dénommé courant de gravité) engendré par l’interaction de conditions synoptiques particulières avec le relief et les contrastes thermiques du sol. Ce courant de densité est une masse d’air frais, donc relativement dense, qui déferle le long du relief vers les basses pressions et les masses d’air plus chaudes situées à l’est. Ce phénomène se voit bien sur les photos ci-dessous :

L’arrivée sur les crêtes
Le brouillard en mer

 
Période et fréquence :
Le phénomène peut être observé entre avril et septembre, avec une forte prépondérance en juin et juillet. La fréquence de fortes galernes est de 1 à 2 par an (sur 40 ans), mais certaines peuvent être catastrophiques !

Danger pour les embarcations :
La galerne interrompt soudainement une période de temps calme, en général ensoleillé et chaud. Difficile à prévoir, pratiquement dépourvue de signe annonciateur et d’une exceptionnelle soudaineté, la galerne représente un danger certain pour les embarcations. Sa prédiction est difficile, malgré un programme d’étude franco-espagnol sur le sujet (voir rapport sur l’URL indiquée pour ceux qui veulent approfondir).
Dans les Annales : 141 pêcheurs morts ou disparus dans un coup de galerna à Bermeo le 12 août 1912.... et la pire : la Galerna du 20 avril 1878 : 322 pêcheurs noyés ou disparus, dont le poète a fait le sinistre décompte :
 

Coplas de la Galerna del Sábado de Gloria (Pedro Guttiérez)

Detenga su curso el sol – y la luna su carrera,
estremézcanse los montes – tiemblen sin cesar las sierras.

Que el año setenta y ocho- Sábado Santo encomienza
a referir los estragos – de toda la costa entera.

En los puertos referidos- señores, voy a empezar
a contar grandes estragos – que a todos harán temblar.

En puerto de Santander – cincuenta y dos marineros
peleaban con las olas – sepulturas de sus cuerpos.

En Colindres, los veintiocho – que salieron a pescar
Se quedaron sepultados – entre las olas del mar.

En Laredo, treinta y seis – quedaron entre las olas
memoria les ha quedado – del Sábado Santo de Gloria.

En Algorta, padre e hijo – que salieron a la mar,
quedaron entre las olas – ¡ Qué desgracia tan fatal ¡

En Bermeo, ochenta y cinco, – cuarenta y nueve, Echanove,
en Mundaca, quince, perdieron – las vidas allí los pobres ( … )

Méfiance, et pas seulement en juin-juillet !

Un exemple de zone affectée étendue :
Archives météo-France :
« Le 13 mai 2002, sur les côtes du Sud-Ouest, en fin de journée, un front actif s’est déplacé très rapidement pendant une trentaine de minutes, avec un brutal renforcement des vents d’Ouest sur son passage.
Les rafales ont dépassé les 110 km/h sur l’ensemble de la côte Aquitaine, atteignant 133 km/h à Biscarosse, 126 km/h au Cap Ferret, 118 km/h à Socoa et 111 km/h à Cazaux et Mérignac. Cette augmentation brutale de l’activité d’un front à son arrivée sur les côtes françaises se cantonne le plus souvent à la zone côtière du pays basque et du Sud des Landes, où le phénomène est connu sous le nom de »galerne« .
Une extension du phénomène plus au Nord, telle qu’elle s’est produite le 13 mai 2002 en fin d’après-midi, est extrêmement rare. »

Voir en ligne : Etude Météo France :

UP


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4 Messages de forum

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  • 7 décembre 2011 15:26, par yvesD écrire     UP Animateur

    L’article - excellent mais de lecture un peu difficile - que tu cites contient, entre les lignes, un avertissement (page 39, en particulier le 3ème §) bien utile pour ceux qui naviguent en méditerranée, à savoir, se méfier comme de la peste de toutes les situations générales (synoptiques) qui bloquent Gaspard (Gaspard, c’est Coriolis et c’est presque toujours de sa faute) :

    • se méfier comme de la peste de toutes les situations où les isobares sont perpendiculaires à un important relief côtier (la chaine Cantabrique, l’Algérie entre Oran et Alger, autres ...) surtout si le relief et/ou d’autres deviennent capables d’empêcher le vent de l’escalader (c.a.d de s’écouler parallèlement aux isobares, ce qui satisferait Gaspard).
    • dit autrement, un vent de grande échelle (synoptique) qui devrait souffler vers une côte escarpée est un danger potentiel si d’autres causes viennent empêcher/contrarier cette contrainte (de traverser la côte)

    En atmosphère libre (en altitude ou à la surface des océans) la force (== le gradient de pression, force perpendiculaire aux isobares) qui déplace les particules d’air des hautes pressions vers les basses pressions prend le temps (qq heures) et l’espace (qq centaines de km) nécessaire pour que la force de Coriolis puisse entrer en action et dévier le mouvement vers la droite (hémisphère nord) forçant le vent réel à devenir parallèle aux isobares (wind is veering)

     Dans le cas de la galerne (et d’autres situation pas rares en med sur lesquelles j’attire votre attention) la haute pression sur La Corogne et la basse pression thermique sur Biaritz se traduit dans un premier temps par un vent de HP vers BP et donc d’W en E qui rapidement devrait évoluer (Gaspard) en vent de N -> S. Cette évolution est interdite par le relief et la présence de masse d’air au dessus de la chaine Cantrabrique qui à la fois creuse la dépression de Biaritz (+- foen) et renforce le courant de densité de W vers E tout en bloquant son orientation vers le sud
     Mayençon cite (au moins) une situation analogue de vents extraordinaires et parallèles à la côte entre Oran et Alger, bloqués qu’ils sont par le relief de l’Atlas qui empêche la rotation (veering) du vent vers le sud.

    La méfiance devant de telle situations isobariques est de mise en med car - mer d’effondrement oblige - les littoraux sont escarpés et - ensoleillement oblige - de large zone surchauffées et stagnantes peuvent exister..

    Je soupçonne que si cette interdiction de s’élever pour traverser le relief n’existe pas ou n’est pas assez forte le vent se contentera de contourner l’obstacle (disons, la Corse) au prix d’une rotation et d’un renforcement encore acceptable (la « ceinture de vents forts » entourant la Corse des guides nautiques des années 60) accompagnés de quelques venturi (Giraglia, Bonifaccio).
    C’est pas toujours la cata mais il est bon d’y penser.

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    • 7 décembre 2011 16:54, par Négofol écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      Après avoir écrit l’article, un exemple cet été, pas trop méchant, le 27/06/2011 : mesures au sémaphore de SOCOA (Saint Jean de Luz)

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    • 22 février 2012 12:58, par yvesD écrire     UP     Ce message répond à ... Animateur

      Je viens de trouver une belle explication à

      se méfier comme de la peste de toutes les situations où les isobares sont perpendiculaires à un important relief côtier (la chaine Cantabrique, l’Algérie entre Oran et Alger, autres ...) surtout si le relief et/ou d’autres deviennent capables d’empêcher le vent de l’escalader (c.a.d de s’écouler parallèlement aux isobares, ce qui satisferait Gaspard).

      dans le bouquin de Mayençon et Delorme (météo du plaisancier en méditerranée, Paris 2004).
      Dans un scénario de fin de mistral (p. 62 et suivantes) ils constatent que le mistral qui à disparu à l’est de Marseille s’est accéléré violement sur le delta du Rhone avec une différence de pression de 5 hPa entre Lyon et Marseille (HP sur Lyon).
      Le vent qui s’écoule normalement des HP (Lyon) vers les BP (Marseille) est normalement rapidement dévié vers sa droite par l’accélération de Coriolis jusqu’à ce que l’accélération de Coriolis en arrive à équilibrer la force liée au gradient de pression. A ce moment le vent a viré de 90° vers la droite et n’est plus soumis à aucune force, il n’accélère donc plus (remember Newton). Cet équilibre est réalisé systématiquement en atmosphère libre (== sans reliefs contraignant, océan par ex.).

      Dans le cas du vent dévalant la vallée du Rhone de Lyon à la Camargue, Coriolis devrait dévier ce mistral rhodanien vers la droite (donc l’ardèche) jusqu’à ce que ce vent devienne est-ouest (parallèle aux isobares) et que les 2 forces s’équilibrant la résultante soit nulle et que le vent n’accélère plus.
      C’est compter sans le massif central qui empêche d’atteindre cet équilibre, le vent est contraint de garder la direction N-S en restant soumis - pendant toute sa descente du sillon rhodanien - à la force du gradient de pression et donc en accélérant.

      ... alors qu’un violent vent du nord persiste dans la basse vallée du Rhône, dévalant sans répit en Méditerranée entre le cap Couronne et les Saintes-Maries-de-la-mer. Il s’agit là de mistral localisé au couloir rhodanien et qui, par inertie, s’étend au large du delta. Ce vent se trouve accéléré par le phénomène de canalisation, jusqu’à la force 8 ou plus quand - et uniquement quand - la pression réduite au niveau de la mer à Lyon est supérieure de 5 hPa au moins à celle qui règne simultanément en Camargue
      ...
      La force de pression dirigée du nord vers le sud (pression plus forte à Lyon qu’à Avignon) continue à s’exercer sur les particules d’air dans le sens de leur mouvement et donc à leur fournir de l’énergie, sous forme d’énergie cinétique. C’est pourquoi elles finissent par atteindre en basse vallée du Rhöne une vitesse bien supérieure à ce qui correspondrait au gradient de pression en l’absence de relief

      Il faut se méfier de cette situation d’isobares perpendiculaires à un fort relief sur leur droite (des HP vers BP), situation qui n’est pas rare en med (ardèche, cote oranaise, heureusement pas turquie et meltem ..) ou le long de la cote cantabrique dans le cas précis de la galerne

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      • Une Brouillarta s’est produite hier soir à Biarritz, vers 19h00, à l’heure des pintxos...

        Arrivée rapide d’une couche de nuages bas, le vent passe de 5 nœuds du 180 à plus de 50 nœuds du 280 en quelques secondes, la température tombe de 28°C à 16 °C.
        Une particularité cette fois : sous le front des nuages, un tourbillon (en fait trois, car deux autres étaient visibles à l’horizon), visible sur la première photo. La seconde montre l’aspect caractéristique de la couche de nuages.

        En fait, je me demande s’il s’agit d’une brouillarta « pure » ou d’un arcus très marqué au passage d’une supercellule... Attendons les gurus de MeteoFrance.

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