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Pratiques et Techniques de la Plaisance

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Accueil du site > Articles > Entretenir le bateau > La corrosion des métaux en mer > La corrosion galvanique : 2- le bateau dans son environnement

Rubrique : La corrosion des métaux en mer

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La corrosion galvanique : 2- le bateau dans son environnementVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Juillet 2011, (màj Décembre 2014) par : Négofol   

Copyright : Les articles sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent pas être reproduits en partie ou totalité sans leur accord
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Rappels :

Dans l’article 1 sur le bateau lui-même, nous avons vu que la corrosion galvanique existe spontanément dès que quatre conditions sont réunies :

  • Un électrolyte : c’est-à-dire une solution liquide, légèrement conductrice de l’électricité. Pour nous c’est l’eau de mer (conductivité environ 50,000 μS/cm).
  • Un métal « noble ».
  • Un métal différent du premier, moins « noble ».
  • Et un contact électrique entre les deux métaux.

Le bateau dans son élément :

Si nous considérons que le bateau n’est plus isolé sur la mer, les matériaux environnants extérieurs vont intervenir également dans le phénomène.

C’est en particulier le cas dans les ports où la plupart des bateaux stationnent la majorité du temps.

Un cas fréquent est celui schématisé ci-contre, où le quai est formé de palplanches en acier, d’une surface en contact avec l’eau beaucoup plus grande que le bateau..

  • Tant qu’il n’y a pas de liaison conductrice entre le quai et le bateau, il ne va pas y avoir de problème pour un bateau en verre-résine ou en bois. En effet, les amarres textiles et les pare-battages sont isolants électriquement.
  • Par contre, pour un bateau métallique, même dans ce cas, il peut y avoir un problème si les palplanches sont protégées par un système de protection cathodique à courants imposés : dans ce cas, le courant de protection va passer de préférence par la coque avant de ressortir par la zone proche du quai, qui peut se dégrader très vite (le bateau est devenu l’anode qui protège le quai…). Un NGV en alliage léger a été endommagé ainsi à Cherbourg il y a quelques années.
Le danger :

Si le bateau est relié au réseau électrique du quai sans précautions, on va créer une énorme pile, englobant les bateaux voisins reliés au même réseau et le port, ce qui peut entraîner de graves dégâts très rapidement.

Souvent, on s’imagine être protégé de ce cas de figure car l’installation en alternatif du bord n’est pas reliée à la masse du bateau.(Rappel : l’alternatif du bord doit toujours être protégée par un disjoncteur différentiel 30 mA, même si la borne de quai en contient normalement un) .

C’est souvent une illusion car cette connexion à la masse du quai peut-être involontaire : un cas fréquent est celui du chargeur de batterie (en particulier les modèles bon marché non véritablement « Marine »), où le pôle – est relié à la masse du boitier et donc à la terre du quai, qui va être reliée au moteur par le câble de démarrage et donc à l’arbre d’hélice ou l’embase du sail-drive. Ceci est la cause de beaucoup d’embases « en dentelle »….

Une autre cause insidieuse sur les bateaux métalliques est par exemple le planchon métallique, fréquent en Méditerranée : si les roulettes ou patins d’appui sur le quai ne sont pas isolants, la passerelle peut relier la masse du bateau à la terre via la lyre …

La protection :

Bien qu’il n’y ait pas de protection absolue dans des cas extrêmes, il est nettement préférable d’éviter la mise en continuité de la masse du bateau avec la Terre du réseau.

Deux solutions sont possibles :

  • L’isolateur galvanique, boitier intercalé sur la ligne de terre aussi près que possible de l’entrée du réseau dans le bateau. Cet équipement est constitué de deux groupes de deux diodes en série montés tête-bêche. La chute de tension d’une diode silicium étant de l’ordre de 700 mV, ce montage assure le blocage des tensions continues inférieures à 1 400 mV dans les deux sens. Nous avons vu dans le premier article que les tensions générées par des couples de métaux différents étaient de l’ordre de 1 V (1 000 mV) au maximum : la protection contre la corrosion galvanique de source externe devrait donc être assurée.
     
    Un risque potentiel qui demeure cependant : si une composante alternative de courant de fuite est présente, ce qui est fréquent dans les marinas, ce courant alternatif peut rendre les diodes passantes pendant la durée de l’alternance supérieure à 1 400 mV et donc diminuer, voire annuler la protection.
     
    Pour éviter ce risque, on pourra installer un condensateur permettant le passage de la composante alternative, mais, si l’on veut respecter les normes (ABYC A28, seuls les américains ont normalisé ce type d’équipement ) il devrait être de l’ordre de 25 000 microfarads non polarisé, composant quasi-introuvable et très cher, même pour une tension de 2,5 V max…. Le prix de l’isolateur tend alors à se rapprocher de celui d’un transformateur d’isolement. Il est à noter que le rédacteur de la norme américaine ne prend pas beaucoup de risques en écrivant dans son préambule que cet équipement peut réduire les effets (may reduce the effects) de la corrosion galvanique.

  • Le transformateur d’isolement, transformateur permettant de maintenir le bateau « flottant » par rapport à la Terre du réseau. C’est la protection absolue contre les effets des courants de fuite sur le conducteur de Terre. Par contre, cet équipement est plus coûteux et encombrant que l’isolateur galvanique. Néanmoins, le meilleur niveau de protection devrait amener à l’installer sur tous les bateaux métalliques et même sur les autres…
     
    L’installation correcte d’un transformateur d’isolement est schématisée ci-contre. Le branchement correct des fils de terre quai et bord est critique pour la sécurité. Un avantage supplémentaire est lié au fait que la présence en général de deux bobinages au primaire permet de disposer de 230 V dans les marinas en 115 V.

Conclusions :

Le risque de corrosion galvanique est omniprésent dans le milieu marin et peut être accentué dans les ports, du fait de l’environnement et de la durée du séjour. Il nécessite une surveillance attentive, les conséquences pouvant être très graves, jusqu’à faire couler le bateau.

Outre les solutions indiquées ci-dessus, une bonne précaution sera de débrancher la prise de quai dès qu’elle n’est pas nécessaire et de vérifier régulièrement l’isolation correcte des circuits.


En complément à cet article, on pourra lire sur le site :

La corrosion galvanique : 1- le bateau isolé
La corrosion galvanique : 2- le bateau dans son environnement
La corrosion électrolytique par courant de fuite continu
La corrosion électrolytique par courant de fuite alternatif
Mesures de contrôle en protection galvanique

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