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Accueil du site > Littérature maritime > Les Beligoudins - aventures du capitaine Kerdubon > Le tour du Péloponnèse 5 b

Rubrique : Les Beligoudins - aventures du capitaine Kerdubon

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Le tour du Péloponnèse 5 bVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié 27 avril, (màj 13 mai) par : Collectif Salacia   

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Mots-clés secondaires: navigation_divers , Traditions_cultures

NDLR : merci à “Kerdubon” capitaine, marin, conteur et explorateur...

Vers la table des chapitres

Le tour du Péloponnèse

-  A) En fratrie

On repassa par Zante pour que mes passagers apprécient la beauté de cette île.

Katapolon et Olympe
Ensuite on revint en Achaie dans le Péloponèse avec une première escale à Katakolo au Nord de la baie d’Arcadie. La jetée de 700 mètres, haute de 6 à 8, était impressionnante, l’abri garanti. Une bagnole fut louée et la route longeant l’Alphée qui passe par la grande cité de Pirgos nous mena à Olympie.
C’était le premier site antique que je visitais en touriste. Je suis resté surpris et n’ai pu m’empêcher de penser… étant cependant non Béotien (La province de Béotie n’est pourtant pas loin), que toutes ces vieilles pierres étaient des plus décoiffantes... C’était comme une sorte d’entaille dans mon cortex profond qui venait de se produire

Kiparissia
La descente au Sud le long du vaste Péloponnèse passa par Kiparissia en Messenie. Evitant les interminables traversées, surtout pour les gosses, il fallait chaque soir un mouillage si possible abrité et peinard, à défaut d’être amarrés le long ou cul à un quai, pour pouvoir se rendre à la taverne proche et se reposer en paix, ceci après avoir dit la messe ouzoteuse ou retzineuse, et admiré le coucher du soleil, privilège des côtes Ouest en général.
Ce matin là… comme chaque jour, le petit déjeuner était interminable, on n’appareilla qu’à neuf heures et des broquilles. Le temps s’était gâté dès l’aube, on voyait bien qu’il empirait d’heure en heure. Il soufflait un très fort vent d’Est qui atteignit force 8 vers midi. Des grains de pluie torrentielle s’abattirent. Bien qu’abrités puisqu’on longeait la côte de très près dans des eaux saines, nous étions fortement gîtés bâbord amures, fonçant avec le maximum de toile, par ce vent diabolique de travers... mais mer cassée.

Pylos (ou Navarin)
La baie de Navarin, fut suffisamment grande pour que toute la flotte Turque (82 navires) ait pu s’y rassembler au mouillage, en lignes bien parallèles… comme le veut tout règlement militaire, lequel aime l’ordre et la discipline… et la flotte alliée défila entre les files Turques ! Dans des conditions identiques, notre brillante flotte napoléonienne fut anéantie à Aboukir… les Anglais passant entre les 2 lignes de vaisseaux Français, ils purent canonner des deux bords, tandis que nos marins d’un seul bord... se canardaient mutuellement s’ils loupaient l’Anglais au passage. En dehors des plats de mouton baptisés navarins, il n’y a plus trace de cette victoire de l’Occident sur le monde Turco Musulman, (1827) les eaux se sont refermées sur la flotte qui s’enlisa au fond de la baie et disparut purement et simplement, probablement dans les entrailles des enfers, ceux-ci ayant de nombreuses portes. Cette baie quasiment fermée est protégée des vents d’Ouest, par des îlots laissant de minuscules passages, ainsi que par Sphactérie (Sfaktiria), une longue île haute et escarpée, véritable jetée titanesque.

Le « Béligou » contourna l’îlot Pylos, extrême Sud Ouest de la baie, puis remonta au plus près, vers la jetée orientée du Sud au Nord et perpendiculaire à la côte, servant de port à la ville de Pylos. Evidemment, suite à la gîte, la chanson du moulin ne se fit pas entendre. Malgré promesses de cierges et jurons, il fallut accoster à la voile… à l’ancienne.


  • L’ancienne ville turco-byzantine est magnifique, malgré la nuée de touristes brandissant kodaks et autres caméras vrombissantes. Le point de vue sur la baie est sublime. Quand le soleil se couche derrière les cailloux, entre l’île de Sphactérie et le continent… C’est absolument incroyable et indescriptible.

- Mtehoni et l’île de Sapientza
Le Péloponnèse est un trident de Poséidon qui pique le dos des marsouins irrévérencieux de la Méditerranée, pour faire rigoler Aphrodite son épouse. La pointe Ouest du trident, presqu’île Messénienne, est défendue par des îles et îlots, ainsi que par des fortifications Vénitiennes à Méthoni et Koroni. Cette place forte, premier point de contrôle quasiment obligé, du passage entre Venise et Athènes (avant le percement du canal de Corinthe), avaient été baptisée : « l’une des deux prunelles de Venise ». Méthoni fut donc l’étape suivante. Evidemment l’ancienne cité Gréco Vénitienne enclose de hautes murailles bien conservées... n’est que ruines. Des fouilles plus ou moins officielles avaient laissé des tranchées un peu partout. Les deux gamins de mon frère étaient à un âge, où justement l’histoire ancienne faisait partie de leur programme scolaire, ils étaient donc passionnés et grattaient en vain… un peu partout, à la recherche de vestiges dignes de la Victoire de Samothrace. Madame Kerdubon éprouvant le besoin de s’isoler quelques instants, s’accroupit dans une tranchée de fouilles et machinalement gratta un tesson de poterie… semblait-il... qui dépassait devant son nez. Finalement, c’est une lampe à huile entière qu’elle extirpa de la terre, à la stupéfaction de tous… on a la victoire qu’on peut !

  • On va pas transformer le voilier en musée !... Les gosses furent ravis du don.
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Le fortin ottoman, avec Methoni en arrière plan, à droite depuis methoni et derrière, l’île de Sapientza

Mouillage pour une nuit sous le phare de l’île Sapientza, les gardiens peu habitués aux visiteurs de passage arrivèrent en deux coups d’aviron… ce fut alors une belle soirée avec pique-nique et grillade de poissons… quoique les enfants et le chien eussent préféré aller dîner dans une Pizzeria !


Koroni
Le petit port de pêche de Koroni à l’ouverture ouest du Golfe de Messénie est planqué aux pieds de la ville en pente, abritée derrière l’énorme forteresse. Il n’y avait pas de yachts de passage, pas de touristes dans le village, les ruelles en escaliers successifs ne pouvant accueillir les bagnoles, les pêcheurs pouvaient y étaler leurs filets à l’aise. Les chats abondants, attendaient qu’un reste de poisson séché par le soleil en tombe. Ils snobèrent notre chien jaune qui cherchait des amis canins et calins… pas de la poiscaille.

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Kalamata
Kalamata au fond du golfe de Messenie au sud du Péloponèse fut une belle étape. Une bagnole nous emporta voir Sparte et Mystra. On emprunta des gorges impressionnantes et un haut col pour couper la chaîne du Taygète.
Dans le port, il y avait avec nous un seul yacht... avec pavillon français. Contant une de mes histoires au cours de la messe apéritive du soir, Yolande admirative ne put s’empêcher de commenter en finissant par dire à mon sujet : « Là... il faut être drôlement intelligent ! »... ce qui fit éclater de rire la galerie, tandis que le chien et moi-même…partagions son avis !

Geroliménas
La pointe centrale du trident neptunien est la presqu’île du Mani. Elle pique la mer par le Cap Matapan. Un peu avant ce cap souvent redouté des nautes, on s’arrêta dans une anse encaissée et super abritée, mettant le cul du voilier au quai du petit port de Géroliménas qui n’était fréquenté que par des pêcheurs. Ils y étalaient leurs filets et tendaient des fils puis y pendaient leurs poulpes pour qu’ils sèchent au soleil dans une odeur… pittoresque très appréciée des mouches.

  • On se croirait au Farwest… Je veux dire dans notre Finisterre… dans l’un des minuscules ports de pêche fiers de leur unique quai… mais au XVIIème siècle !

Cap Matapan (ou Tenaron) et Porto Kaio
Les hautes tours magne des fermes fortifiées et des maisons forteresses groupées en des villages perchés sur des pitons, dominent du haut des falaises à la fois le golfe de Kalamata et celui de Laconie. Cette région de pirates et gangsters en tout genre fut longtemps indomptée par le pouvoir central Grec.
Le Cap Matapan, baptisé également Tainaron doublé sans problème, on mouilla dans un joli cadre en baie Kayo sur la côte Est du Mani, dans le golfe de Laconie.
C’était l’anniversaire du plus jeune des enfants. Par chance incroyable, il y avait dans l’une des 3 ou 4 maisons du fond de la baie… une pizzéria !
Les enfants trouvèrent donc que c’était le meilleur mouillage du monde. En tous cas, les eaux y étaient particulièrement chaudes, mais lorsqu’elle y plongea, madame Kerdubon se trouva cernée de petites méduses urticantes. Le lendemain, nous sommes allés en baie Skutari un peu plus Nord. Puis on leva l’ancre pour aller au fond du Golfe dans le Port de Gythion.

Gythion

Le mois de Juillet s’achevait, le voilier parut bien vide lorsque les passagers prirent un bus pour regagner leur camping car à Patras.

-  B) En solo (ndlr : mais avec son chien et sa femme)

L’île Elafonisos, le cap Malea et Neapoli
A nouveau seuls au monde, on reprit la direction du Sud Est pour descendre le long de la 3ème pointe du fameux trident, celle de l’Est qu’on toucha à Plithra. En doublant Elafonisi, le « Beligou » laissa Kithira (Cythère), à une poignée d’encablures dans le Sud, le meltem qui passait par dessus les montagnes de la presqu’île et s’engouffrait dans la vallée de l’Eurotas, nous poussait fortement à toute vitesse. On stoppa ensuite à Neapoli tout au Sud, tandis que le vent étésien abandonna provisoirement la partie pour quelque temps. J’y étais attendu à la capitainerie par un message de mon armateur. Ce message m’apprit que l’unique cargo de la Compagnie d’où j’avais débarqué… avait coulé !

Ouvrons une parenthèse « cargos »  :
J’avais signalé dans mes rapports qu’il y avait une entrée d’eau dans l’immense ballast bâbord et que je devais pomper sans arrêt pour le maintenir vide si le chargement était lourd… on s’était gentiment tapoté le menton… n’avais-je pas survécu 6 mois d’embarquement comme çà… sans problèmes pour les bureaucrates parfumeurs de tabourets ? Comme j’insistais, le navire passa en cale sèche à Casablanca… Aucun trou ne fut trouvé... J’avais demandé à remplir le ballast pour qu’on voie par ou l’eau s’échapperait, ce me fut refusé sous un prétexte futile... toutefois on ne reprocha pas la dépense... puisque l’assurance paierait... Certains durent alors penser que ce n’était pas la coque du navire, mais moi qui étais... fêlé ! J’ai donc débarqué pour mes congés.
Celui qui me remplaça, ne prit pas le soin de m’écouter. Tout jeune, il avait forcément tout vu, et bien entendu savait tout, c’était son premier commandement… On chargea lourdement le navire de sacs de ciment jusqu’à la nuit venue. Comme il fallait bien gagner sa pitance et que ce genre de fret ne rapporte pas grand-chose, peut-être qu’on mit quelques sacs de plus qu’il n’aurait fallu… surtout si le pacha et le second (chargé des opérations commerciales) étaient restés chez eux dire bye bye à leur famille, au lieu de surveiller les marques de franc bord… en se disant : « si on ne peut plus faire confiance au contremaître docker… un ami… où allons-nous ? » Et le cargo avait appareillé sur les coups de 23, 24 heures... Peut-être le fier commandant avait-il craint de paraître ridicule… en tous cas, c’est certain, malgré mes conseils, il ne pompa pas… comme un Shadock !
Lorsqu’il se pointa à la passerelle sur les coups de huit heures du matin, le pont principal était déjà sous l’eau qui affleurait le haut des hiloires des panneaux de cales. Le second Capitaine qui était de quart, également nouveau à bord, n’avait pas jugé bon de l’avertir plus tôt, craignant surtout de réveiller intempestivement son Maître après Dieu !... L’équipage au complet en costume du dimanche, avec un léger bagage, monta dans le bombard au large de Safi, il était en effet trop tard pour pomper… et sous leurs yeux, le navire sombra doucement. L’équipage fut récupéré 48 heures plus tard par un chalutier Espagnol…heureusement que j’avais fait embarquer cette survie gonflable à la place de l’embarcation pourrie lorsque j’avais pris pied sur ce navire !... l’histoire me fut racontée en détail par le chef mécanicien lorsque je revins au Maroc.

  • Tu savais bien que je te faisais pomper ?... pourquoi n’as-tu pas averti ton commandant ?
    • Nos familles sont ennemies depuis quelques générations !... j’ai préféré couler !
  • J’ai perdu mon patron !... Annonçais-je à Madame Kerdubon en regagnant le « Béligou ».
    • Ce brave homme était malade ?
  • Dame non !... mais son bateau… oui pour sûr !

Monemvassi
L’oiseau Beligou contourna le Cap Maleas s’engageant dans la mer Egée. Le Meltem dormait toujours. On fit escale à Monemvessia (Malvoisie) pour voir si le pinard du coin dans lequel avait été noyé le Duc de Clarence… en valait la peine.
On erra dans la cité fortifiée sur la presqu’île débordant la côte. Si le crassi de la taverna n’était pas…Byzance et ne valait pas qu’on s’y noie dedans, la cité Byzantine quant à elle, valait bien un bon coup d’cidre !

Hierakas
On s’engagea dans la ria encaissée entre des falaises menant à Hierakas pour un mouillage tranquille, puis plus Nord par temps brumeux à Kiparissia. La baie y est grandiose. Des falaises de plusieurs centaines de mètres cernent ce cirque lui-même entouré de très hautes montagnes dont les pentes douces sont couvertes d’oliviers au feuillage vert argenté. Sortant de ce cirque montagneux, nous sommes allés ensuite au fond du vaste vaste golfe de Nauplie (Golfe d’Argolide) dans le port de cette .ancienne capitale de la Morée, partie Sud de l’Argolide,

Nauplie

La ville avait gardé un superbe cachet Vénitien, et de nombreuses traces de ses divers occupants… sauf du port Grec de l’Argos antique. De puissantes fortifications avaient été hissées sur les pitons qui l’entourent la ville, notamment l’Acronauplie, la citadelle vénitienne qui culmine à 200 mètres au-dessus. Près de l’entrée de l’immense rade, sur l’îlot Bourzi, un autre fort de la même époque empêchait toute pénétration ennemie. Une fortification d’origine Franque protège aussi la ville dans son Sud et son Ouest… Il est évident que de tous temps, on avait craint les incursions Turco Barbaresques et autres.

La place ne manquait pas dans le vaste port où il était curieusement interdit de mouiller. Il fallait donc accoster. A part.une poignée de pêcheurs, j’étais le seul plaisancier à me présenter, la majorité des yachts préférait l’auto route de la mer, entre Le Pirée et Rhodes par les Cyclades à cette époque. J’ai ouï dire que de nos jours, les gens d’Athènes font de Nauplie le… « Deauville de la Grèce », qu’un port de plaisance y est rempli de navires et qu’un vaste quai pour accueillir les paquebots a été construit sur la mer… Poséidon doit apprécier !

La dernière amarre tournée, je m’apprêtais à saluer et célébrer avec mon épouse le couchant aux magnifiques couleurs, lorsqu’un officier de port et policier de surcroît, peut être aussi douanier, déboula de la Capitainerie proche… Non seulement il refusa de trinquer avec nous, ce qui est très rare dans ce pays où le savoir-vivre et l’aspiration à la joie paisible sont les choses les plus communes, mais il se mit à fouiller comme un douanier en chasse de drogue. Mon chien que je fixai du regard pour qu’il se tienne à carreau, avait du mal à se contenir en montrant les crocs. Peut-être trouvait-il que le costume du gars ressemblait à celui d’un facteur !… On sait la drôle d’aversion des clébards pour ces braves et si utiles personnages !

Lorsque l’encasquetté commença à ôter la moquette pour soulever les planchers, je l’arrêtai.

  • Que cherchez vous, je peux vous aider ?
    • Vos clients !… Un gros voilier avec un pavillon bizarre ne peut faire que du charter !
      Mon policier se rendant compte du ridicule de son geste remit la moquette en place et pour se donner une contenance, s’intéressa à un placard un peu plus grand que les autres, dans lequel cependant je n’aurais pu introduire quelqu’un, même un poupon.
  • Monsieur l’officier, ce placard recèle les croquettes de mon chien. Si vous y touchez, je ne pourrai plus le retenir et sa mâchoire est solide !… L’individu se calma et à nouveau pour se donner une contenance s’écria :
  • Transit log !… papiers… certificat de vaccinations de votre chien !
    Bien entendu, tout était en règle et les certificats authentiques. Les passeports montraient bien que nous étions mariés et que par conséquent madame Kerdubon n’était pas une passagère charter payante. Quant il partit, j’ai tendu mon verre en lui disant :
  • Ya sou Etienne !… (à la tienne Etienne) !
  • Efkaristo !… To onoma mou ine Yorgos !… (Merci, mon nom est Georges) !

    Les vieilles rues animées, typiquement de style italien, étaient fort sympathiques. Nous y avons traîné en attendant les dix coups de la cloche de la pendule d’une église, qui envoient les Grecs au restaurant pour leur dîner. Loin derrière la « Syntagma », la grande place aux réverbères magnifiques, nous sommes entrés sans le savoir dans une taverna bouzoukia. Evidemment il n’y avait que des Grecs présents dans l’établissement modeste, mais comprenant une quinzaine de tables. Une place nous fut offerte et quelques mikro boukalia de reztzina nous arrivèrent comme par miracle. Le menu était unique. Les clients ne venaient pas pour la gastronomie, mais pour ce qui était la raison principale de l’établissement : la musique et la retzina d’Argolide. L’ambiance était chaude sur les coups de minuit lorsque les musicos prirent place sur une petite estrade et que les bouzoukis commencèrent leur musique endiablée de sirtakis, rebetikos et autres airs, dont ceux de Theodorakis. Puis les amateurs se lancèrent sur la piste. Ils quittaient les tables et se tenant par les épaules, dansaient en contemplant les danseurs vedettes qui, les yeux dans le vague, étaient seuls… au monde… sur la piste, entre leur cercle et les musiciens déchaînés, aurait-on dit. Pour honorer ces danseurs, on commença à casser les assiettes à différentes tables. Un serveur en amena tout un cageot à la table d’à côté de nous. Hoooppppaaaa !… criaient en chœur les spectateurs à chaque assiette cassée. Il paraît que maintenant, à La Plaka au Pirée et ailleurs, les assiettes sont en plâtre… pour éviter coupures des godasses et accidents de pinglots !
    Une heure plus tard, les musiciens remballèrent leurs instruments. Danseurs et spectateurs quittèrent la salle. Nous nous sommes retrouvés seuls, madame Kerdubon et moi, perdus dans une longue conversation mi grecque, mi anglaise, avec un type passionnant et son épouse.

Les garçons débarrassaient les tables. L’un était à la porte de l’office et chopait les assiettes que lui lançait un autre du fond de la salle. Hooopppaaaaa  ! cria-t-on à chaque réussite. Puis arrivèrent dans les airs les soucoupes et les tasses. Plus petites, elles étaient plus dures à attraper pour le réceptionnaire et plus d’une soucoupe vola directement dans l’office dont la porte était ouverte, atterrissant dans un fracas caractéristique.

  • C’est drôle… dit Madame Kerdubon à notre interlocuteur… j’ai l’impression de vous avoir déjà vu !
  • Oui ce soir même, je suis Yorgos… Georges… le policier officier de port !
    Empruntant des bus, on alla traîner dans Mycènes, Argos et Epidaure.
    Cette fois, j’étais fut rassasié… de cailloux et ma soif de vieilles pierres fut calmée pour un moment !
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Pylos, ou Navarin

Kerdubon

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