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Accueil du site > Grand Voyage > Organisation du voyage au long cours > Coup de tabac : Le catamaran en grand voyage

Rubrique : Organisation du voyage au long cours

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Coup de tabac : Le catamaran en grand voyageVersion imprimable de cet article Version imprimable

Publié Novembre 2012, (màj Novembre 2012) par : amuitz   

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Cela devait bien arriver un jour, « LE » coup de tabac, celui que l’on n’attendait pas et, disons le, que l’on pouvait craindre.

Le coup de tabac

Les Fidji :

Certes, Sergio nous avait averti voici quelques années, en nous indiquant que dans le secteur des Fidji il fallait surveiller comme le lait sur le feux, l’apparition des zones de convergence surtout si elles avaient la mauvaise idée de s’aligner avec un front froid. Cela dit, nous en avions subi un ou deux, vers Wallis, avec des vents de 30 à 35 noeuds mais rien de plus. En partant des Yasawas aux Fidji en juillet dernier, nous étions tranquilles, les quelques jours de mer qui séparaient l’archipel fidjien des Vanuatu allaient être de tout repos, selon la météo mainte fois observée et analysée. 15 noeuds mollissant et une mer belle à peu agitée, tout au plus.

Le grain, en fuite :

Départ tranquille et en début de nuit, tout d’un coup c’est un violent grain qui nous cueille et me surprend... La GV haute et le génois sorti.

Je roule vite fait et dans le grain naissant sous la pluie, décide d’aller affaler vu que nous avions déjà 35 noeuds. Le vent dans la GV nous a obligé à mettre les deux moteurs en route pour parvenir à sortir du lit du vent et se mettre bout au vent pour affaler la GV. Entre temps le vent montait. 40 puis 50 noeuds au compteur. Une fois tout en bas, la bôme bien saisie, on a mis en route vent arrière à sec de toile, moteurs coupés. Nous avions 400 milles d’eau à courir, le pied. A sec de toile, en fuite, sous pilote, nous avons navigué presque 36 heures en observant la mer se former et devenir grosse. Le coup de vent se stabilisait à 50 noeuds. Nous avons une alarme sur le GPS pour nous avertir des que l’on dépasse les 12 noeuds, elle à sonné très souvent. Nous avons navigué entre 10 et 12 noeuds à sec de toile, en fuite, sous pilote, tranquillement.

On reprend la route :

Ce n’est qu’après 36 heures, quand le temps est devenu praticable avec 40 puis 30 noeuds, que l’on a commencé à sortir du lit du vent et à faire du cap vers notre destination. Seul souci de l’opération, en pleine nuit le vent a réussi à renvoyer la GV sur près de 10 mètres en s’engouffrant dans le lazzy bag. J’ai du remonter sur le roof, affaler la toile et la saisir fortement avec un bout en la saucissonnant autour de la bôme. Certes la navigation n’a pas été de tout repos. La mer nous dépassait constamment et prenait le cata par en dessous en provoquant un bruit classique dans ces conditions. On a l’impression que c’est un train de marchandises qui passe... et ça continue, sans répit. A aucun moment nous nous sommes sentis en danger, le pilote, un Raymarine ST700 a travaillé à la perfection, ce qui n’est pas toujours le cas. Nous avons failli arracher l’éolienne, le support s’est désolidarisé, mais nous avons pu la encore, la saisir avec des cordages.

Nous n’étions pas les seuls :

Des copains qui étaient partis en même temps que nous sur des monocoques ont subi le même coup de tabac. Un 50 pieds a fait comme nous et mis en fuite 24 heures, un autre en acier à pris 3 ris et mis une trinquette et fait du cap d’entrée de jeu. Il est sorti le premier de la zone de mauvais temps mais s’est fait secouer comme il se doit, le troisième, un ketch en alu de 40 pieds fabriqué par Pouvreau a été malmené, couché, arrachant des parties de son gréement sur l’artimon. Lui aussi à dévié son cap et a fui.

Pour conclure

Sur notre vieux Lagoon 47 on s’en est bien tirés. Le seul bémol que je porterait à cette expérience, c’est en me demandant ce que j’aurai pu faire dans ces conditions de mer et de vent, si j’avais eu une côte sous le vent. C’est là qu’intervient la chance.

A lire également : http://www.plaisance-pratique.com/l...

José Arocena

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4 Messages de forum

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  • 13 novembre 2012 20:37, par Shrubb écrire     UP

    Très édifiant, bravo pour votre sang-froid !
    Une question souvent débattue est la prise de ris en cata, voire l’affalage comme vous l’avez fait devant la montée brusque du vent. Faut-il vraiment mettre bout au vent ? Par 40 nœuds de vent ça me paraît difficile, et au moins nécessiter de mettre du moteur. De ma petite expérience naissante du cata, j’ai fait des prises de ris en me contentant de déventer la GV : un peu de lof, écoute choquée jusqu’au fasseyement, et ça descend (ou remonte) sans problème. Evidemment je ne me suis pas frotté à F9 ou 10... J’ai aussi lu certains qui affalent en restant au portant : gros risque pour la voile, non ?
    Merci de votre éclairage.

    JPEG

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    • Bonjour,

      Normalement nous effectuons les prises de ris sans changer de cap... c’est un principe.
      Que ce soit au près ou au portant.

      C’est souvent la prise du second ris qui est la plus délicate car il reste pas mal de toile et le vent commence à bien envoyer de la pression sur les lattes.
      Au près c’est comme sur les monocoques en travaillant beaucoup sur la balancine.

      Au portant, je borde un peu la GV pour décoller les lattes des haubans.
      Ensuite tout en surveillant la GV depuis le pied de mât, je choque un peu de drisse et remonte la bôme puis je commence à reprendre de la bosse de ris.
      Le seul truc c’est de bien décomposer, tranquillement, tu en as pour 20 minutes si ça piaule bien.

      Tu choques un peu de drisse, du reprends un peu de bosse. Parfois quand tu choques de la drisse ça descend pas...

      J’ai installé pour ces occasions le long du guindan, un bout qui passe de l’œillet du ris N°3 vers le 2 et je tire dessus, en général ça descend.
      Une fois la toile bien descendue parallèle, je passe l’oreille de chien du ris N°2 dans son crochet, je remonte encore la balancine, pour bien reprendre de la bosse sans forcer, et ensuite j’étarque ma drisse à fond. Je détend la balancine puis je repars dans mon cockpit pour règler la GV, je largue un peu d’écoute et me voici comme au début, mais sous deux ris.
      Le tout c’est d’éviter que la GV descende d’un coup et fasse une grosse poche ou s’engouffre le vent, car là ça devient vite galère.

      Lors du coup de vent on a décidé très vite d’affaler tout, c’est pour cela que j’ai bout au vent en m’aidant des moteurs...

      Je ne suis pas un expert en catas, j’ai du faire ces 4 dernières années moins de 20.000 nautiques pas plus en toujours sur le même bateau, je n’ai donc que cette petite expérience à proposer. Certainement d’autres auront testé des solutions différentes, peut être plus efficaces, en tous les cas notre méthode nous convient. Il faut dire qu’elle m’a été soufflée voici des années par des copains qui avaient fait le Vendée Globe, et eux s’y connaissent pour de bon.

      José

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  • 14 novembre 2012 09:47, par Piou écrire     UP

    Bonjour,
    Merci pour ce beau retour d’expérience. J’ai navigué 10 ans ( mais que 2 mois par an ) aux Antilles en cata dans les années 80/90 mais sans rencontrer plus de 45kts entre les îles, et mon cata, assez peu toilé marchait très bien avec 2 ris sous GV seule. Mais pas de vraie grosse mer, et prises de ris au près... donc je n’ai jamais pris de ris au portant ! Merci donc pour la méthode qu’il va me falloir tester et mettre à ma main...
    Et ça me confirme ce que j’avais remarqué à l’époque : le cata par gros temps, c’est très rassurant ! À condition d’être en croisière et d’y aller prudemment. N’en déplaise aux fanas du monocoque...mais j’ai toujours du mal à leur faire comprendre qu’un mono ça reste sur le « toit » comme un cata, mais que très souvent ça coule comme ça en plus !!!. Je ne parle pas des 50èmes bien sûr, mais je ne pense pas y aller...
    Bons vents... et un peu moins forts !
    Cordialement, Piou

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